{"id":10284,"date":"2019-10-14T07:15:00","date_gmt":"2019-10-14T06:15:00","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=10284"},"modified":"2019-10-14T08:01:37","modified_gmt":"2019-10-14T07:01:37","slug":"joker","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2019\/10\/14\/joker\/","title":{"rendered":"Joker \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img6.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/19\/09\/03\/12\/02\/4765874.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Gotham City. Fin des ann\u00e9es 70. Arthur Fleck (Joaquin Phoenix) vit seul avec sa vieille m\u00e8re impotente dans un appartement sordide. Quand il est sous le coup d&rsquo;une vive \u00e9motion, il est pris d&rsquo;un fou rire inextinguible.<br \/>Arthur r\u00eave de faire du spectacle et de passer \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. En attendant, il occupe un emploi mis\u00e9rable de clown.<\/p>\n<p>Aur\u00e9ol\u00e9 du Lion d&rsquo;or de Venise et de l&rsquo;Oscar du meilleur acteur unanimement promis \u00e0 Joaquin Phoenix, <em>Joker<\/em> arrive sur les \u00e9crans pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d&rsquo;une impressionnante aura. La presse et les spectateurs n&rsquo;ont qu&rsquo;un seul mot \u00e0 la bouche : \u00ab\u00a0waouh\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et il faut reconna\u00eetre que c&rsquo;est celui qui vient \u00e0 l&rsquo;esprit au bout de deux heures de film. Waouh ! Car <em>Joker<\/em> est, sans nul conteste, un film marquant port\u00e9 par un acteur exceptionnel.<\/p>\n<p>L&rsquo;acteur exceptionnel, on voit mal ce qu&rsquo;on peut en dire de plus que le tombereau d&rsquo;\u00e9loges m\u00e9rit\u00e9s qui se d\u00e9verse depuis Venise sur lui telle la pluie d&rsquo;or sur Dana\u00e9. Amaigri de vingt kilos, Joaquin Phoenix est stup\u00e9fiant. <em>Joker<\/em> le hisse d\u00e9finitivement sur l&rsquo;Olympe des plus grands. Il est d&rsquo;ailleurs embl\u00e9matique qu&rsquo;il y croise Robert de Niro (qui jouait au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingts dans <em>La Valse des pantins<\/em> de Martin Scorsese le r\u00f4le similaire d&rsquo;un fan psychotique obs\u00e9d\u00e9 par un animateur de t\u00e9l\u00e9vision interpr\u00e9t\u00e9 par Jerry Lewis), m\u00e9connaissable, au jeu d&rsquo;une rare \u00e9conomie, pour un passage de relais symbolique d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre, par dessus la t\u00eate de Brad Pitt et de Leonardo di Caprio.<\/p>\n<p>Le film marquant est l&rsquo;oeuvre de l&rsquo;inattendu Todd Phillips, golden boy de la com\u00e9die am\u00e9ricaine lourdingue (<em>Very Bad Trip<\/em> et ses dispensables succ\u00e9dan\u00e9s) duquel on n&rsquo;escomptait pas autant de finesse. <em>Joker<\/em> est un film sur la folie \u00e0 ranger sans barguigner aux c\u00f4t\u00e9s de <em>Taxi Driver<\/em> (Robert De Niro d\u00e9cid\u00e9ment), <em>Vol au-dessus d&rsquo;un nid de coucou<\/em> (Jack Nicholson qui fut en son temps un Joker d&rsquo;anthologie) et <em>Shutter Island<\/em> (Scorsese encore lui). On y suit la chute in\u00e9luctable d&rsquo;un homme broy\u00e9 par une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9shumanis\u00e9e qui refuse de lui tendre la main.<br \/>Car <em>Joker<\/em> n&rsquo;est pas seulement un film psychologique sur un m\u00e9chant de bande dessin\u00e9e. C&rsquo;est aussi un film politique. Les crimes nihilistes de Arthur Fleck sont le catalyseur d&rsquo;un chaos social, d&rsquo;une vague de violence protestataire fa\u00e7on <em>Occupy Wall Street <\/em>ou <em>Extinction Rebellion<\/em>.<\/p>\n<p>Ces \u00e9loges objectifs ne doivent pas occulter un ressenti plus mitig\u00e9. <em>Joker<\/em> est un film malaisant. On passe deux heures \u00e0 se tortiller sur son fauteuil, partag\u00e9 entre la fascination et le d\u00e9go\u00fbt. Mais qui a dit que le bon cin\u00e9ma devait \u00eatre n\u00e9cessairement feel good ?<br \/>Plus grave, \u00e0 y bien r\u00e9fl\u00e9chir, le sc\u00e9nario, platement chronologique, ne brille pas par sa finesse. De quoi s&rsquo;agit-il en effet ? D&rsquo;un homme qui plonge. lentement mais s\u00fbrement. Dans une ville en plein chaos. C&rsquo;est simple. Si l&rsquo;on chipote, on pourrait dire que c&rsquo;est simpliste.<br \/>Et <em>Joker<\/em> se termine &#8211; aucun spoiler dans cette r\u00e9v\u00e9lation pr\u00e9visible &#8211; dans un sabbat anarchique que le vieux balladurien que je suis ne peut que r\u00e9prouver.<\/p>\n<p>Si j&rsquo;\u00e9tais moins perm\u00e9able \u00e0 l&rsquo;avis des autres, si j&rsquo;avais plus confiance en mon jugement, si je ne craignais pas de passer pour une vieille baderne n\u00e9ocon, j&rsquo;aurais peut-\u00eatre mis une ou deux \u00e9toiles de moins \u00e0 <em>Joker<\/em> &#8211; comme Louis Guichard dans <em>T\u00e9l\u00e9rama<\/em> qui tire dessus \u00e0 boulets rouges avec un argumentaire qui se tient. Mais force m&rsquo;est de reconna\u00eetre, malgr\u00e9 le d\u00e9plaisir que j&rsquo;y ai pris, les qualit\u00e9s objectives ind\u00e9niables de ce film qui, comme annonc\u00e9, restera comme l&rsquo;un des plus marquants de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19585375&amp;cfilm=258374.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gotham City. Fin des ann\u00e9es 70. Arthur Fleck (Joaquin Phoenix) vit seul avec sa vieille m\u00e8re impotente dans un appartement sordide. Quand il est sous le coup d&rsquo;une vive \u00e9motion, il est pris d&rsquo;un fou rire inextinguible.Arthur r\u00eave de faire du spectacle et de passer \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. En attendant, il occupe un emploi mis\u00e9rable [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[47,59],"tags":[],"class_list":["post-10284","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-films-sortis-en-2019","category-films-sortis-en-octobre-2019"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10284","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10284"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10284\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10350,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10284\/revisions\/10350"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10284"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10284"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10284"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}