{"id":10633,"date":"2019-11-24T10:02:01","date_gmt":"2019-11-24T09:02:01","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=10633"},"modified":"2019-11-25T12:41:10","modified_gmt":"2019-11-25T11:41:10","slug":"akhnaten","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2019\/11\/24\/akhnaten\/","title":{"rendered":"Akhnaten"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img4.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/19\/04\/17\/17\/35\/4315024.jpg?coixp=51&amp;coiyp=41\" width=\"317\" height=\"430\">Les cin\u00e9mas Path\u00e9 Gaumont retransmettaient hier soir en direct la premi\u00e8re de <em>Akhnaten<\/em> au <em>Metropolitan Opera<\/em> de New York. Cet op\u00e9ra est l&rsquo;oeuvre du compositeur am\u00e9ricain de musique minimaliste Philip Glass. Il raconte en trois actes la vie du pharaon \u00e9gyptien de la XVIII\u00e8me dynastie qui d\u00e9cida de cr\u00e9er une nouvelle religion monoth\u00e9iste et de fonder \u00e0 Amarna une nouvelle capitale.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas rare d\u00e9sormais de voir des op\u00e9ras ou des ballets au cin\u00e9ma. L&rsquo;immarcescible Alain Duault a lanc\u00e9 pour les salles UGC le programme <em>Viva l&rsquo;op\u00e9ra<\/em> qui propose chaque ann\u00e9e une quinzaine de repr\u00e9sentations en direct. La haute technologie des salles garantit une qualit\u00e9 technique irr\u00e9prochable, m\u00eame si manque le frisson procur\u00e9 par la proximit\u00e9 de la sc\u00e8ne&#8230; et si, au moment du rideau, on se trouve un peu nigaud d&rsquo;adresser \u00e0 un \u00e9cran inerte des applaudissements qu&rsquo;il n&rsquo;entendra pas. Les tarifs sont plus \u00e9lev\u00e9s qu&rsquo;une place de cin\u00e9ma (36\u20ac pour <em>Akhnaten<\/em> hier soir) mais plus abordables que des places d&rsquo;op\u00e9ra qui ont, depuis longtemps, cess\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre. Pour les op\u00e9ras, le b\u00e9n\u00e9fice est \u00e9vident : toucher, au-del\u00e0 du millier de spectateurs que peut accueillir leur salle, des dizaines, des centaines de milliers de spectateurs \u00e0 travers le monde (<em>Akhnaten<\/em> \u00e9tait diffus\u00e9 dans soixante-dix pays ce qui explique peut-\u00eatre l&rsquo;horaire inhabituel de sa programmation \u00e0 New York (13h)). Les cin\u00e9mas quant \u00e0 eux diversifient leur offre et attirent un auditoire peu vers\u00e9 dans les blockbusters. Le public, en tous cas, r\u00e9pond pr\u00e9sent : la salle hier soir \u00e9tait quasi-pleine.<\/p>\n<p>Je ne suis pas critique musical et ne pr\u00e9tends pas l&rsquo;\u00eatre.<br \/>\n<em>Akhnaten<\/em> n&rsquo;est pas un film, \u00e0 classer dans la m\u00eame cat\u00e9gorie que <em>The Joker <\/em>ou <em>Hors normes<\/em>.<br \/>\nAussi cette critique aura-t-elle un statut un peu \u00e0 part. Je ne lui mettrai pas d&rsquo;\u00e9toiles. L&rsquo;aurais-je fait je lui en aurais mis quatre tant j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 enthousiasm\u00e9.<\/p>\n<p>Je l&rsquo;avoue le rouge au front. Je me suis si souvent endormi \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra que j&rsquo;appr\u00e9hendais les 3h56 qu&rsquo;allait durer le spectacle. Mais je ne me suis pas ennuy\u00e9 une seconde. Mieux, j&rsquo;en aurais volontiers redemand\u00e9 au moment du baisser de rideau.<\/p>\n<p>Tout dans <em>Akhnaten<\/em> m&rsquo;a enthousiasm\u00e9. La musique s\u00e9rielle de Philip Glass exerce une fascination hypnotique &#8211; m\u00eame si on sent que l&rsquo;ensemble du Met conduit par la chef (cheffe ?) Karen Kamensek est loin de ses classiques. La voix des solistes est incroyable \u00e0 commencer par celle du contre-t\u00e9nor Anthony Roth Costanzo dans le r\u00f4le-titre. Mais c&rsquo;est surtout la mise en sc\u00e8ne de Phelim McDermott qui touche au sublime. Le metteur en sc\u00e8ne a eu l&rsquo;id\u00e9e de g\u00e9nie d&rsquo;inviter une troupe de jongleurs. Leur ballet millim\u00e9tr\u00e9 se marie \u00e0 la perfection \u00e0 la musique de Glass. Les personnages, dans des costumes d&rsquo;une magnificence inou\u00efe qui empruntent tout \u00e0 la fois aux styles \u00e9lisab\u00e9thain et chinois (la robe jaune d&rsquo;Akhenaton m&rsquo;a fait penser \u00e0 celle de l&#8217;empereur Qianlong), se d\u00e9placent au ralenti dans des d\u00e9cors vertigineux. Le duo d&rsquo;Akhenaton et de Nefertiti, rev\u00eatus d&rsquo;un drap de lin rouge, la lente mont\u00e9e au ciel du pharaon sont des sc\u00e8nes qu&rsquo;on n&rsquo;oubliera pas.<\/p>\n<p>Seul b\u00e9mol peut-\u00eatre : les entractes. Si, dans une salle d&rsquo;op\u00e9ra, c&rsquo;est un temps mort oblig\u00e9, rien n&rsquo;obligeait \u00e0 ce que ce soit le cas au cin\u00e9ma. On aurait pu les utiliser intelligemment, par exemple avec de courtes s\u00e9quences sur Philip Glass, son oeuvre, sa musique, les deux autres op\u00e9ras de la trilogie que vient clore <em>Akhnaten <\/em>(<em>Einstein on the Beach<\/em>, <em>Satyagraha<\/em>). Au lieu de cela, la soprano Joyce Didonato \u00e2nonne des annonces publicitaires entre deux interviews sans int\u00e9r\u00eat des solistes.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19586658&amp;cfilm=273562.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les cin\u00e9mas Path\u00e9 Gaumont retransmettaient hier soir en direct la premi\u00e8re de Akhnaten au Metropolitan Opera de New York. Cet op\u00e9ra est l&rsquo;oeuvre du compositeur am\u00e9ricain de musique minimaliste Philip Glass. 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