{"id":11733,"date":"2020-04-16T08:04:54","date_gmt":"2020-04-16T07:04:54","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=11733"},"modified":"2020-04-16T19:32:17","modified_gmt":"2020-04-16T18:32:17","slug":"vernon-subutex","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2020\/04\/16\/vernon-subutex\/","title":{"rendered":"Vernon Subutex \u2605\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img2.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/19\/03\/14\/12\/40\/4548396.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Vernon Subutex (Romain Duris) porte un nom de laxatif. D&rsquo;ailleurs il est dans la merde.<br \/>\nMa critique commence mal ? Il est encore temps, cher lecteur, d&rsquo;en abandonner la lecture.<br \/>\nReprenons.<br \/>\nVernon Subutex, disais-je, porte un pr\u00e9nom de priv\u00e9 hollywoodien et traverse une passe difficile. Les huissiers viennent de l&rsquo;expulser de l&rsquo;appartement qu&rsquo;il occupait, juste au dessus de la boutique de disques o\u00f9 il a travaill\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 sa fermeture. Il retrouve le soir m\u00eame une star de la sc\u00e8ne underground qui meurt dans la nuit apr\u00e8s avoir enregistr\u00e9 son testament sur trois mini-cassettes.<\/p>\n<p>Virginie Despentes est \u00e0 la mode. Ses prises de position violemment hostiles \u00e0 Roman Polanski ont fait d&rsquo;elle une \u00e9g\u00e9rie du mouvement #MeToo. Son essai <em>King Kong Th\u00e9orie<\/em> est un classique f\u00e9ministe qu&rsquo;on retrouve en t\u00eate des ventes plus de quinze ans apr\u00e8s sa publication. Vernon Subutex d\u00e9bit\u00e9 en trois tomes chez Grasset entre 2015 et 2017 a \u00e9t\u00e9 un \u00e9norme succ\u00e8s de librairie. La punkette est devenue mainstream. Pour le meilleur et pour le pire.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es quatre-vingt ne sont plus qu&rsquo;un lointain souvenir. Bienvenue dans le vingt-et-uni\u00e8me si\u00e8cle. <em>Vernon Subutex<\/em> est une sorte de <em>Recherche du temps perdu<\/em>, carburant \u00e0 la nostalgie de notre jeunesse disparue et de la musique qui en faisait le sel. Ramones, Daniel Darc, Kim Wilde, Janis Joplin, la musique a la place belle, qui accompagne Romain Duris dans de longs travellings, un brin r\u00e9p\u00e9titifs, film\u00e9s dans le nord-est de Paris.<\/p>\n<p>Vernon Subutex est sur la pente de la clochardisation. En 1991, au temps du RMI, G\u00e9rard Jugnot campait un personnage similaire, symbole du descenseur social, dans <em>Une \u00e9poque formidable<\/em>. J&rsquo;avais ador\u00e9 ce film qui a sans doute tr\u00e8s mal vieilli.<br \/>\nLe d\u00e9classement de notre h\u00e9ros est moins touchant. On le suit, \u00e0 travers Paris, \u00e0 la recherche d&rsquo;un toit aupr\u00e8s d&rsquo;amis perdus de vue qui ne l&rsquo;accueillent pas toujours \u00e0 bras ouverts : un ex-r\u00e9alisateur de porno castr\u00e9 par son \u00e9pouse (Philippe Rebot), une bourgeoise hyst\u00e9rique (Florence Thomassin), une star du porno exil\u00e9e \u00e0 Barcelone (Juana Acosta). Pendant ce temps, un producteur influent (Laurent Lucas) tente de remettre la main sur les pr\u00e9cieuses mini-cassettes avec le concours d&rsquo;une hackeuse aux m\u00e9thodes h\u00e9t\u00e9rodoxes (C\u00e9line Sallette).<\/p>\n<p>La s\u00e9rie comme le livre est plaisante. Les mini-cassettes et les myst\u00e9rieuse r\u00e9v\u00e9lations qu&rsquo;elles contiennent entretiennent le suspense. La galerie de personnages est distrayante, dont certains volent la vedette \u00e0 Romain Duris : Celine Sallette dans le r\u00f4le d&rsquo;une lesbienne tatou\u00e9e, anarchiste et justici\u00e8re, \u00e0 laquelle l&rsquo;auteure a visiblement voulu de toutes ses forces s&rsquo;identifier, Flora Fischbach qu&rsquo;on avait entendue sur sc\u00e8ne et dont c&rsquo;est la premi\u00e8re apparition devant une cam\u00e9ra et Florence Thomassin absolument bluffante.<\/p>\n<p>Mais au bout de neuf \u00e9pisodes de trente-cinq minutes chacun, on finit par trouver la sauce un peu claire. La trilogie souffrait du m\u00eame d\u00e9faut, qui s&rsquo;\u00e9tendait sur plus de mille pages et dont le troisi\u00e8me tome, inutile, a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9 dans l&rsquo;adaptation TV.<\/p>\n<p>Et on touche l\u00e0 peut-\u00eatre la principale contradiction de Virginie Despentes. Autant la jeune \u00e9crivaine inconnue \u00e9bouriffait quand elle d\u00e9boulait sur la sc\u00e8ne litt\u00e9raire, la vingtaine punk, chez un \u00e9diteur inconnu, avec <em>Baise-moi<\/em>, autant elle n&rsquo;est plus cr\u00e9dible en r\u00e9p\u00e9tant vingt ans plus tard les m\u00eames rengaines faussement libertaires et en en c\u00e9dant les droits \u00e0 Canal Plus.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19583382&amp;cserie=20413.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vernon Subutex (Romain Duris) porte un nom de laxatif. D&rsquo;ailleurs il est dans la merde. Ma critique commence mal ? Il est encore temps, cher lecteur, d&rsquo;en abandonner la lecture. Reprenons. Vernon Subutex, disais-je, porte un pr\u00e9nom de priv\u00e9 hollywoodien et traverse une passe difficile. 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