{"id":13235,"date":"2020-11-25T09:26:04","date_gmt":"2020-11-25T08:26:04","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=13235"},"modified":"2020-11-29T17:39:39","modified_gmt":"2020-11-29T16:39:39","slug":"alias-caracalla","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2020\/11\/25\/alias-caracalla\/","title":{"rendered":"Alias Caracalla (2013) \u2605\u2605\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img5.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/210\/076\/21007619_20130522163259873.jpg\" width=\"317\" height=\"430\">Daniel Cordier fut le secr\u00e9taire de Jean Moulin pendant onze mois avant son arrestation \u00e0 Calluire en juin 1943. <em>Alias Caracalla<\/em> raconte ses trois ann\u00e9es de R\u00e9sistance depuis son d\u00e9part de France en juin 1940 jusqu&rsquo;\u00e0 ce funeste \u00e9pilogue. Il raconte surtout la mue d&rsquo;un homme, \u00e2g\u00e9 de vingt ans \u00e0 peine en 1940, farouchement patriote, \u00e9lev\u00e9 dans la haine de la R\u00e9publique et du Juif, qui saura d\u00e9passer ses pr\u00e9jug\u00e9s en s&rsquo;engageant dans la France libre.<\/p>\n<p>Daniel Cordier est mort vendredi dernier. France T\u00e9l\u00e9vision a imm\u00e9diatement reprogramm\u00e9 l&rsquo;adaptation, d\u00e9j\u00e0 diffus\u00e9e en 2013, de ses M\u00e9moires. L&rsquo;homme est mort couvert de d\u00e9corations et d&rsquo;\u00e9loges. Il lava l&rsquo;honneur de Jean Moulin face aux diffamations qui faillirent fl\u00e9trir sa m\u00e9moire (c&rsquo;est apr\u00e8s qu&rsquo;Henri Fr\u00e9nay pr\u00e9tendit que Moulin avait \u00e9t\u00e9 un agent communiste que Cordier, au cr\u00e9puscule de sa vie, entreprit le patient travail historique qui aboutit \u00e0 la publication en 1989-1993 de <em>L&rsquo;Inconnu du Panth\u00e9on<\/em>). Il symbolise, aux yeux de g\u00e9n\u00e9rations qui ne l&rsquo;ont pas v\u00e9cue, le courage face \u00e0 l&rsquo;Occupation, un courage quasiment suicidaire que nombre de ses camarades ont pay\u00e9 de leur vie. Il symbolise aussi la capacit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;\u00e9lever au-del\u00e0 de ses pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n<p>Bien audacieux sera celui qui trouvera \u00e0 redire au t\u00e9moignage de son engagement. C&rsquo;est pourtant ce que j&rsquo;aurai l&rsquo;impudence de faire, le rouge au front. Mes r\u00e9serves sont de deux ordres. Les premi\u00e8res visent autant le livre lui-m\u00eame que son adaptation t\u00e9l\u00e9visuelle. Les secondes concentrent leurs fl\u00e8ches sur cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00c0 la lecture de <em>Alias Caracalla<\/em>, au visionnage du t\u00e9l\u00e9film qui en a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9, j&rsquo;ai eu la m\u00eame sensation : celle de rencontrer un jeune homme tout d&rsquo;un bloc, fig\u00e9 dans une posture, inatteignable au doute ou au d\u00e9sespoir, presque surhumain. On me r\u00e9torquera qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien, qu&rsquo;au contraire, ses m\u00e9moires racontent comment il s&rsquo;est d\u00e9barrass\u00e9 de l&rsquo;antis\u00e9mitisme provincial dans lequel il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9, que le t\u00e9l\u00e9film le montre souffrant et malade.<\/p>\n<p>Pourtant, l&rsquo;impression d&rsquo;artificialit\u00e9 demeure. Je vois un gamin de vingt ans qui jamais ne desserre son n\u0153ud de cravate sinon pour passer l&rsquo;uniforme de soldat de la France libre. Il a dans ses rapports humains un formalisme qui \u00e9tait peut-\u00eatre de rigueur \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque mais qui aujourd&rsquo;hui sonne terriblement faux. Surtout, m\u00eame si on sait les&nbsp; dangers qui l&rsquo;entourent, m\u00eame si on n&rsquo;ignore pas que nombre de ses camarades furent arr\u00eat\u00e9s, tortur\u00e9s, ex\u00e9cut\u00e9s, on ne ressent jamais la peur.<\/p>\n<p>Tout est trop propre, trop lisse dans la sage adaptation de Alain Tasma, film\u00e9e dans des d\u00e9cors qui sentent la naphtaline. Il s&rsquo;est entour\u00e9 pourtant de la fine fleur du cin\u00e9ma fran\u00e7ais, tous ses seconds r\u00f4les dont on reconna\u00eet le visage sans toujours se souvenir du nom : \u00c9ric Caravaca, parfait dans le r\u00f4le de Jean Moulin, Julie Gayet que sa liaison avec Fran\u00e7ois Hollande n&rsquo;avait pas encore plac\u00e9e sous les feux de la rampe, Gregory Gadebois, Laurent Stocker, Fran\u00e7ois Civil dont la carri\u00e8re allait prendre l&rsquo;envol qu&rsquo;on sait, la ravissante Lou de La\u00e2ge, etc.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le de Daniel Cordier est jou\u00e9 par un inconnu. Jules Sadoughi a un m\u00e9rite : il a le m\u00eame \u00e2ge que le personnage qu&rsquo;il incarne. mais c&rsquo;est bien le seul. Le r\u00f4le est trop grand pour lui et il n&rsquo;en prend jamais la mesure. D&rsquo;ailleurs depuis sept ans, il n&rsquo;a quasiment rien fait d&rsquo;autre.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.msn.com\/fr-fr\/video\/divertissement\/alias-caracalla-au-coeur-de-la-re%CC%81sistance-25-juillet\/vi-BB1bemId\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Daniel Cordier fut le secr\u00e9taire de Jean Moulin pendant onze mois avant son arrestation \u00e0 Calluire en juin 1943. Alias Caracalla raconte ses trois ann\u00e9es de R\u00e9sistance depuis son d\u00e9part de France en juin 1940 jusqu&rsquo;\u00e0 ce funeste \u00e9pilogue. Il raconte surtout la mue d&rsquo;un homme, \u00e2g\u00e9 de vingt ans \u00e0 peine en 1940, farouchement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[66],"tags":[],"class_list":["post-13235","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-series"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13235","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13235"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13235\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13266,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13235\/revisions\/13266"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13235"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13235"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13235"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}