{"id":13318,"date":"2020-12-14T09:10:55","date_gmt":"2020-12-14T08:10:55","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=13318"},"modified":"2021-01-01T12:57:16","modified_gmt":"2021-01-01T11:57:16","slug":"le-jeu-de-la-dame","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2020\/12\/14\/le-jeu-de-la-dame\/","title":{"rendered":"Le Jeu de la dame \u2605\u2605\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img4.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/20\/09\/25\/09\/06\/0492330.jpg\" width=\"317\" height=\"430\">\u00c0 la mort de sa m\u00e8re, la jeune Beth, neuf ans \u00e0 peine, est plac\u00e9e dans un orphelinat. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;elle apprendra \u00e0 jouer aux \u00e9checs avec un vieux concierge taiseux. C&rsquo;est l\u00e0 aussi qu&rsquo;elle d\u00e9veloppera une accoutumance aux m\u00e9dicaments dont elle ne se sevrera jamais.<br \/>\n\u00c0 quinze ans, Beth est adopt\u00e9e. Elle peut d\u00e9sormais participer \u00e0 des tournois d&rsquo;\u00e9checs qu&rsquo;elle remporte avec une insolente facilit\u00e9. Elle a t\u00f4t fait de surpasser les meilleurs joueurs am\u00e9ricains avant de se lancer \u00e0 l&rsquo;assaut des champions incontest\u00e9s du jeu : les grands ma\u00eetres sovi\u00e9tiques. Rien ne semble l&rsquo;arr\u00eater sinon peut-\u00eatre ses d\u00e9mons int\u00e9rieurs.<\/p>\n<p><em>Le Jeu de la dame<\/em> (bien boiteuse traduction de <em>The Queen&rsquo;s Gambit<\/em>) est diffus\u00e9 depuis le 23 octobre sur Netflix. Sa sortie a co\u00efncid\u00e9 avec le second confinement en France et a bien vite suscit\u00e9 l&rsquo;unanimit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;instar de <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2020\/04\/06\/unorthodox\/\"><em>Unorthodox<\/em> <\/a>au d\u00e9but du premier. M\u00eame si j&rsquo;en ai binge-watch\u00e9 les sept \u00e9pisodes d&rsquo;une petite heure chacun pendant un long dimanche pluvieux, j&rsquo;avoue ne pas y avoir pris le plaisir que j&rsquo;y attendais.<\/p>\n<p><em>Le Jeu de la dame<\/em> est l&rsquo;adaptation du roman \u00e9ponyme \u00e9crit en 1983 par un auteur am\u00e9ricain &#8211; et traduit en France en 1990. Que cette s\u00e9rie ait mis pr\u00e8s de quarante ans \u00e0 se faire devrait nous mettre la puce \u00e0 l&rsquo;oreille : si le roman &#8211; que je n&rsquo;ai pas lu &#8211;&nbsp; avait \u00e9t\u00e9 un chef d&rsquo;\u0153uvre, on n&rsquo;aurait certainement pas attendu si longtemps son adaptation.<\/p>\n<p><em>Le Jeu de la dame<\/em> suit un sch\u00e9ma tr\u00e8s classique. Trop peut-\u00eatre. Premi\u00e8rement, l&rsquo;ascension d&rsquo;un g\u00e9nie en herbe avec la r\u00e9v\u00e9lation presque providentielle de ses talents inn\u00e9s et l&rsquo;accumulation inattendue et enivrante des premi\u00e8res victoires. Deuxi\u00e8mement, la chute in\u00e9vitable pour pimenter une action qui aurait \u00e9t\u00e9, sans elle, trop lin\u00e9aire. Troisi\u00e8mement, la r\u00e9demption dans un \u00e9pilogue certes euphorisant mais \u00f4 combien pr\u00e9visible.<\/p>\n<p>\u00c0 la diff\u00e9rence des s\u00e9ries traditionnelles dont le mode d&#8217;emploi est le tissage de plusieurs histoires entre elles, <em>Le Jeu de la dame<\/em> est construit selon un principe plus simple. Tout s&rsquo;organise autour de son h\u00e9ro\u00efne, interpr\u00e9t\u00e9e par la jeune Anya Taylor-Joy, une quasi-inconnue d\u00e9sormais promise \u00e0 un brillant avenir. Les personnages qui l&rsquo;entourent &#8211; sa meilleure amie au pensionnat, sa m\u00e8re adoptive, son premier rival aux \u00e9checs, le grand ma\u00eetre sovi\u00e9tique dont elle convoite la place &#8211; ne sont que des faire-valoir destin\u00e9s \u00e0 la mettre en valeur. On notera d&rsquo;ailleurs l&rsquo;absence d&rsquo;un vrai \u00ab\u00a0m\u00e9chant\u00a0\u00bb, les hommes se montrant tous unanimement, dans ce r\u00e9cit f\u00e9ministe, d&rsquo;une douce et surprenante d\u00e9licatesse.<\/p>\n<p><em>Le Jeu de la dame<\/em> lit-on partout a une vertu : il peut \u00eatre aussi bien vu par les passionn\u00e9s d&rsquo;\u00e9checs que par ceux qui n&rsquo;en connaissent pas les r\u00e8gles. L\u00e0 encore, je ne partagerais pas cet avis. Les parties &#8211; ou du moins ce que j&rsquo;en ai saisi tant les plans sont trop rapides pour en appr\u00e9cier chaque coup &#8211; m&rsquo;ont sembl\u00e9 bien tarabiscot\u00e9es. Un peu comme si on avait r\u00e9duit un match de football \u00e0 une s\u00e9rie de coups francs dans la lucarne ou de retourn\u00e9s acrobatiques. La r\u00e9alit\u00e9 en est autrement moins spectaculaire.<\/p>\n<p><em>Le Jeu de la dame<\/em> a certes une qualit\u00e9 \u00e0 laquelle je suis tout particuli\u00e8rement sensible : nous ramener fa\u00e7on <em>Mad Men<\/em> dans ces ann\u00e9es soixante si photog\u00e9niques, si \u00e9l\u00e9gantes. La gracieuse Anya Taylor-Joy, qui a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 dix-sept ans dans le mannequinat, est habill\u00e9e, maquill\u00e9e, coiff\u00e9e, comme un top mod\u00e8le. Chacune de ses toilettes, \u00e0 partir du troisi\u00e8me \u00e9pisode, est un enchantement pour l&rsquo;\u0153il. Qui aurait l&rsquo;ingratitude de relever qu&rsquo;elle est cens\u00e9e jouer une p\u00e9quenaude du Kentucky ?<\/p>\n<p>J&rsquo;ai certes la dent dure. <em>Le Jeu de la dame<\/em> est un excellent moment de t\u00e9l\u00e9vision. Mais ce n&rsquo;est pas le chef d&rsquo;\u0153uvre dont on rebat nos oreilles confin\u00e9es.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19589992&amp;cserie=24971.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la mort de sa m\u00e8re, la jeune Beth, neuf ans \u00e0 peine, est plac\u00e9e dans un orphelinat. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;elle apprendra \u00e0 jouer aux \u00e9checs avec un vieux concierge taiseux. C&rsquo;est l\u00e0 aussi qu&rsquo;elle d\u00e9veloppera une accoutumance aux m\u00e9dicaments dont elle ne se sevrera jamais. \u00c0 quinze ans, Beth est adopt\u00e9e. Elle peut d\u00e9sormais [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[61,74,66],"tags":[],"class_list":["post-13318","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-films-sortis-en-2020","category-films-sortis-en-octobre-2020","category-series"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13318","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13318"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13318\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13401,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13318\/revisions\/13401"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13318"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13318"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13318"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}