{"id":13949,"date":"2021-03-29T07:22:38","date_gmt":"2021-03-29T06:22:38","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=13949"},"modified":"2021-03-29T08:29:54","modified_gmt":"2021-03-29T07:29:54","slug":"identites-trans-au-dela-de-limage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2021\/03\/29\/identites-trans-au-dela-de-limage\/","title":{"rendered":"Identit\u00e9s trans, au del\u00e0 de l&rsquo;image \u2605\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/media.senscritique.com\/media\/000019605772\/source_big\/Identites_trans_Au_dela_de_l_image.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Quelle image le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision renvoient-ils des personnes transgenres ? Depuis la naissance du cin\u00e9ma, elles ont \u00e9t\u00e9 film\u00e9es de toutes sortes de fa\u00e7ons. La mani\u00e8re de les montrer joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la construction de l&rsquo;identit\u00e9 des personnes transgenres qui sont souvent priv\u00e9es de mod\u00e8les dans leur environnement imm\u00e9diat.<\/p>\n<p>Ce documentaire Netflix permet d&rsquo;identifier trois fa\u00e7ons bien distinctes de filmer les trans, qui se sont succ\u00e9d\u00e9es \u00e0 travers le temps.<br \/>\nLongtemps, le trans fut une personne ridicule dont l&rsquo;apparition grotesque sinon carnavalesque n&rsquo;avait d&rsquo;autre but que de susciter le rire. La r\u00e9f\u00e9rence qui vient imm\u00e9diatement \u00e0 l&rsquo;esprit, et qui \u00e9tonnamment ne figure pas dans ce documentaire, est bien s\u00fbr <em>Les hommes pr\u00e9f\u00e8rent les blondes<\/em>.<br \/>\nParall\u00e8lement \u00e0 cette veine-l\u00e0 et sans qu&rsquo;elle disparaisse compl\u00e8tement, une autre, pas moins transphobe, allait lui succ\u00e9der : le trans, homme ou femme, est d\u00e9crit comme un malade (c&rsquo;est l&rsquo;assassin psychopathe de <em>Pulsions<\/em> de De Palma interpr\u00e9t\u00e9 par Michael Caine) ou comme une personne qui inspire le d\u00e9go\u00fbt (le h\u00e9ros de <em>The Crying Game<\/em> dont la r\u00e9v\u00e9lation du sexe fait vomir son amant).<br \/>\nLa troisi\u00e8me \u00e9poque est plus r\u00e9cente. Le regard port\u00e9 sur les trans, homme ou femme, est plus aimant, plus tol\u00e9rant. Il est souvent le fait de s\u00e9ries dont le format permet de mettre en sc\u00e8ne des personnages complexes et fouill\u00e9s : <em>Orange Is the New Black<\/em>,<em> Pose<\/em>, <em>Transparent, Sense8<\/em>&#8230;<\/p>\n<p>Le sujet trait\u00e9 par ce documentaire, diffus\u00e9 par Netflix depuis le printemps dernier apr\u00e8s sa projection en avant-premi\u00e8re au festival de Sundance d\u00e9but 2020, est dans l&rsquo;air du temps. Sa bien-pensance rend sa critique p\u00e9rilleuse. Pour autant, on peut s&rsquo;autoriser \u00e0 en relever les limites.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re est son classicisme : le montage, tr\u00e8s dynamique, alterne des extraits de films avec des interviews face cam\u00e9ra de quelques unes des principales personnalit\u00e9s transgenres de Hollywood. On reconna\u00eet notamment Laverne Cox, qui fut la premi\u00e8re personnalit\u00e9 transgenre nomm\u00e9e aux <em>Emmy Awards <\/em>pour son r\u00f4le dans<em> Orange Is the New Black<\/em>, Candis Cayne, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne de <em>Dirty, Sexy Money<\/em> et Lily Wachowsky, la co-r\u00e9alisatrice des <em>Matrix<\/em> et de <em>Sense8<\/em>.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me est son am\u00e9ricano-centrisme. L&rsquo;ensemble des films cit\u00e9s sont am\u00e9ricains ou britanniques \u00e0 la seule exception du belge &#8211; et excellent &#8211; <em>Ma vie en rose<\/em> (1997). Pas un mot du cin\u00e9ma de Pedro Almodovar dont la quasi-totalit\u00e9 des films offrent pourtant un r\u00f4le \u00e0 une personnalit\u00e9 trans. Aucune mention de <em>Laurence Anyways<\/em> du canadien Xavier Dolan ou de <em>Tomboy<\/em> de C\u00e9line Sciamma. Et si l&rsquo;on voit sur l&rsquo;affiche Daniela Vega, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne du bouleversant film chilien <em>Une femme fantastique<\/em>, je n&rsquo;ai pas le souvenir de l&rsquo;avoir vue durant les cent minutes du documentaire.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re est son conformisme. Ce documentaire baigne dans une bien-pensance pachydermique. La d\u00e9nonciation, l\u00e9gitime, de la transphobie vire parfois dans la revendication, qui l&rsquo;est moins, surtout lorsqu&rsquo;elle vise l&rsquo;interpr\u00e9tation toute en nuance de Eddie Redmayne dans <em>Danish Girl<\/em>, de r\u00e9server les r\u00f4les de trans aux seul.e.s trans. Il y a vingt-cinq ans, alors que les esprits \u00e9taient loin d&rsquo;y \u00eatre aussi bien pr\u00e9par\u00e9s, <em>The Celluloid Closet<\/em> r\u00e9ussissait avec beaucoup plus de finesse et pas moins d&rsquo;encyclop\u00e9disme \u00e0 montrer comment Hollywood avait film\u00e9 l&rsquo;homosexualit\u00e9 en faisant \u00e9voluer les mentalit\u00e9s tout en \u00e9tant influenc\u00e9 par leur \u00e9volution.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/youtu.be\/ysbX6JUlaEc\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle image le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision renvoient-ils des personnes transgenres ? Depuis la naissance du cin\u00e9ma, elles ont \u00e9t\u00e9 film\u00e9es de toutes sortes de fa\u00e7ons. La mani\u00e8re de les montrer joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la construction de l&rsquo;identit\u00e9 des personnes transgenres qui sont souvent priv\u00e9es de mod\u00e8les dans leur environnement imm\u00e9diat. 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