{"id":13991,"date":"2021-04-04T09:23:11","date_gmt":"2021-04-04T08:23:11","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=13991"},"modified":"2021-04-04T16:45:37","modified_gmt":"2021-04-04T15:45:37","slug":"madame-claude","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2021\/04\/04\/madame-claude\/","title":{"rendered":"Madame Claude \u2606\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img2.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/21\/03\/31\/16\/44\/1615862.png\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Paris. Fin des ann\u00e9es soixante, d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix. Fernande Grudet alias madame Claude (Karole Rocher) dirige d&rsquo;une main de fer un r\u00e9seau de prostitu\u00e9es qui ont pour clients l&rsquo;\u00e9lite administrative et financi\u00e8re de la France pompidolienne. Elle b\u00e9n\u00e9ficie de l&rsquo;appui de la p\u00e8gre et de la police qu&rsquo;elle renseigne r\u00e9guli\u00e8rement sur ses habitu\u00e9s. Pour autant, elle vit dans l&rsquo;angoisse permanente d&rsquo;\u00eatre rackett\u00e9e voire \u00e9limin\u00e9e.<br \/>\nSes filles viennent souvent d&rsquo;un milieu modeste. Ce n&rsquo;est pas le cas de Sidonie (Garance Marillier), sa derni\u00e8re recrue, issue de la haute bourgeoisie, qui lui devient indispensable. Entre la \u00ab\u00a0maquerelle de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb et la jeune femme se noue une relation ambig\u00fce qui durera jusqu&rsquo;\u00e0 la chute de madame Claude.<\/p>\n<p>Le film de Sylvie Verheyde a d\u00e9barqu\u00e9 avant-hier, 2 avril, sur Netflix avec tambour et trompette. Le sujet est sulfureux. Mais la r\u00e9alisatrice, dans les interviews qu&rsquo;elle a donn\u00e9es \u00e0 la presse, se d\u00e9fend d&rsquo;en faire un usage racoleur. Au contraire, affirme-t-elle, <em>Madame Claude<\/em> serait un film post #MeToo qui d\u00e9nonce les violences faites aux femmes.<\/p>\n<p>Il est bien difficile de lui donner tort ou raison tant les obstacles se dressent en chemin avant qu&rsquo;on puisse remettre en cause la posture qu&rsquo;elle revendique.<\/p>\n<p>Le premier est \u00e0 mettre au cr\u00e9dit de ce <em>Madame Claude<\/em>. C&rsquo;est la beaut\u00e9 du corps des filles et le luxe de la reconstitution historique, des d\u00e9cors, des costumes, des moindres ext\u00e9rieurs. <em>Madame Claude<\/em> a co\u00fbt\u00e9 cher. On pense au <em>Casino<\/em> de Scorsese. Et le r\u00e9sultat se voit \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran qui atteint un r\u00e9sultat contraire \u00e0 celui que la r\u00e9alisatrice s&rsquo;\u00e9tait fix\u00e9e : rendre glamour une r\u00e9alit\u00e9 qui ne l&rsquo;\u00e9tait pas.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me est les personnages. Tout tourne autour de madame Claude qui est interpr\u00e9t\u00e9e non sans talent par Karole Rocher qui, sans \u00eatre une inconnue, n&rsquo;est pas le genre de stars bankables sur les \u00e9paules de laquelle la r\u00e9ussite du film aurait pu reposer. L&rsquo;id\u00e9e, r\u00e9ussie, est d&rsquo;en faire un gangster au f\u00e9minin. Face \u00e0 elle, en miroir, les sc\u00e9naristes ont invent\u00e9 le personnage de Sidonie, jou\u00e9 par la jeune Garance Marillier, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par <em>Grave<\/em>, dont on se demandera durant tout le film ce qu&rsquo;elle est cens\u00e9e incarner : une disciple ? une rivale ? une victime ? Autour des deux femmes gravite une galaxie d&rsquo;hommes recrut\u00e9s parmi les meilleurs acteurs actuels du cin\u00e9ma fran\u00e7ais : Roschdy Zem, dans le r\u00f4le de Jo Attia, un baron de la p\u00e8gre qui a pris Fernande\/Claude sous son aile depuis qu&rsquo;elle est mont\u00e9e faire le trottoir \u00e0 Paris apr\u00e8s Guerre, Benjamin Biolay et Pierre Deladonchamps en inspecteurs des RG cauteleux, Paul Hamy en amant infid\u00e8le, <em>etc<\/em>. La liste est longue (j&rsquo;ai oubli\u00e9 de citer Hafsia Herzi, Myl\u00e8ne Jampanoi et Philippe Rebot). Mais elle se heurte \u00e0 un \u00e9cueil : une absence totale d&#8217;empathie pour ces personnages, \u00e0 commencer par les deux principaux.<\/p>\n<p>La faute en est &#8211; et c&rsquo;est le troisi\u00e8me obstacle &#8211; au sc\u00e9nario du film. Comme dans tous les <em>biopics<\/em> qui traitent d&rsquo;une figure publique dont on conna\u00eet le destin, on sait d\u00e9j\u00e0 comment l&rsquo;histoire de madame Claude se terminera. Du coup, le suspense en est \u00e9vent\u00e9. Le fil qui tient le film se distend ; pire, il dispara\u00eet. Les \u00e9pisodes se succ\u00e8dent, sans transition, sans continuit\u00e9. L&rsquo;action est cens\u00e9e se d\u00e9rouler en l&rsquo;espace de six ann\u00e9es &#8211; avec un \u00e9pilogue vingt ans plus tard o\u00f9 Karole Rocher appara\u00eet outranci\u00e8rement vieillie tandis que Garance Marillier n&rsquo;a pas pris une ride &#8211; alors qu&rsquo;elle pourrait aussi bien n&rsquo;en occuper qu&rsquo;une seule.<\/p>\n<p><em>Madame Claude<\/em> est-il un film post #MeToo qui d\u00e9nonce les violences faites aux femmes ? Si j&rsquo;\u00e9tais un f\u00e9ministe militant, j&rsquo;en douterais. Et j&rsquo;en douterais d&rsquo;autant plus que ce <em>Madame Claude<\/em> fonctionne sur un ressort \u00e9cul\u00e9 et malsain : promettre au spectateur libidineux &#8211; et je serais malhonn\u00eate de m&rsquo;exclure du lot &#8211; la perspective de reluquer de jolies p\u00e9p\u00e9es d\u00e9nud\u00e9es.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19591592&amp;cfilm=273915.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris. Fin des ann\u00e9es soixante, d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix. Fernande Grudet alias madame Claude (Karole Rocher) dirige d&rsquo;une main de fer un r\u00e9seau de prostitu\u00e9es qui ont pour clients l&rsquo;\u00e9lite administrative et financi\u00e8re de la France pompidolienne. Elle b\u00e9n\u00e9ficie de l&rsquo;appui de la p\u00e8gre et de la police qu&rsquo;elle renseigne r\u00e9guli\u00e8rement sur ses habitu\u00e9s. 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