{"id":13999,"date":"2021-04-07T07:47:59","date_gmt":"2021-04-07T06:47:59","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=13999"},"modified":"2021-04-07T09:48:07","modified_gmt":"2021-04-07T08:48:07","slug":"play-it-as-it-lays-1972","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2021\/04\/07\/play-it-as-it-lays-1972\/","title":{"rendered":"Play It as it Lays (1972) \u2606\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/media.senscritique.com\/media\/000006895777\/source_big\/Play_it_as_it_lays.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Maria Wyeth (Tuesday Weld) est une star du cin\u00e9ma qui s&rsquo;est br\u00fbl\u00e9e les ailes trop jeune. Le premier plan du film la montre d\u00e9ambulant dans les all\u00e9es du jardin de la clinique psychiatrique o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 intern\u00e9e, apr\u00e8s le suicide de son ami BZ Mendenhall (Anthony Perkins).<br \/>\nLe film, construit en long flashback, revient sur la vie de Maria. Elle a grandi dans une minuscule ville du Nevada, depuis ray\u00e9e de la carte, entre un p\u00e8re accro \u00e0 la roulette et une m\u00e8re d\u00e9pressive. Elle a tr\u00e8s t\u00f4t connu le succ\u00e8s \u00e0 New York o\u00f9 elle a rencontr\u00e9 son premier mari. Mari\u00e9e en secondes noces au r\u00e9alisateur Carter Lang (Adam Roarke) qui l&rsquo;a dirig\u00e9e dans ses deux films, elle s&rsquo;est progressivement \u00e9loign\u00e9e de lui jusqu&rsquo;\u00e0 en divorcer. Elle multiplie les liaisons d&rsquo;un soir, tombe enceinte de Les Godwin (Richard Anderson), un sc\u00e9nariste, se fait avorter de l&rsquo;enfant qu&rsquo;elle porte. Elle passe ses journ\u00e9es \u00e0 sillonner les autoroutes de la m\u00e9tropole de Los Angeles au volant de sa Corvette jaune.<\/p>\n<p><em>Play It as it Lays<\/em> est un film de Frank Perry sur un sc\u00e9nario \u00e9crit par Joan Didion et son mari John Gregory Dunne. Je n&rsquo;en avais jamais entendu parler avant de voir le mois dernier, <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2021\/03\/08\/joan-didion-le-centre-ne-tiendra-pas\/\">le documentaire consacr\u00e9 par Netflix \u00e0 l&rsquo;auteure am\u00e9ricaine<\/a> dont je venais de lire le bouleversant r\u00e9cit autobiographique <em>L&rsquo;Ann\u00e9e de la pens\u00e9e magique<\/em>. J&rsquo;ai eu envie de lire <em>Maria avec et sans rien<\/em> et de regarder parall\u00e8lement le film qui en avait \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 deux ans plus tard. Je l&rsquo;ai trouv\u00e9 sur <em>Youtube<\/em>, en v.o., sans sous-titres, dans une version restaur\u00e9e au son gr\u00e9sillant et \u00e0 l&rsquo;image baveuse. S&rsquo;agissait-il d&rsquo;une version pirat\u00e9e ? ou tomb\u00e9e dans le domaine public et d\u00e9sormais libre de droits ?<\/p>\n<p>J&rsquo;aime beaucoup faire l&rsquo;aller-retour entre un livre et le film qui en a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9. Il est d&rsquo;usage de consid\u00e9rer que le livre est toujours sup\u00e9rieur. Parce qu&rsquo;il est la plupart du temps plus riche, ses centaines de pages d\u00e9veloppant une intrigue que les cent minutes de cin\u00e9ma doivent n\u00e9cessairement \u00e9purer. Parce qu&rsquo;il suscite l&rsquo;imaginaire du lecteur qui est immanquablement d\u00e9\u00e7u de ne pas le retrouver \u00e0 l&rsquo;identique dans la version film\u00e9e qu&rsquo;il a inspir\u00e9e.<\/p>\n<p>Je ne suis pas de cet avis. Je trouve le film souvent plus int\u00e9ressant que le livre. Parce que, dans certains cas, il porte la marque d&rsquo;un r\u00e9alisateur de g\u00e9nie : prenez les films de Kubrick qui sont tous inspir\u00e9s de livres, d&rsquo;ailleurs plut\u00f4t m\u00e9diocres (<em>Full Metal Jacket<\/em>, <em>Les Sentiers de la gloire<\/em>&#8230;.). Parce qu&rsquo;un film est une \u0153uvre collective, qui a co\u00fbt\u00e9 des millions de dollars, sur le sc\u00e9nario duquel des arm\u00e9es de <em>script doctors<\/em> se sont pench\u00e9es pour en retirer tous les d\u00e9fauts qui lestent parfois les livres \u00e9crits d&rsquo;une plume imparfaite et solitaire. Prenez par exemple <em>Le Chardonneret<\/em>, ce roman trop long, mal construit, de Donna Tartt, dont l&rsquo;adaptation, plus ramass\u00e9e, ne s&rsquo;\u00e9gare pas dans des disgressions qui nuisent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du livre.<\/p>\n<p>En l&rsquo;esp\u00e8ce, force m&rsquo;est d&rsquo;avouer que j&rsquo;ai pris aussi peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat au livre de Joan Didion qu&rsquo;au film dont elle a co-\u00e9crit le sc\u00e9nario. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u0153uvre typique du d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix qui ne sont pas rest\u00e9es pas comme un \u00e2ge d&rsquo;or du cin\u00e9ma. La Guerre du Vietnam et Woodstock plongent Hollywood dans une introspection psych\u00e9d\u00e9lique. 1972, c&rsquo;est l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 sortent aux Etats-Unis <em>Cabaret<\/em> de Bob Fosse, <em>D\u00e9livrance<\/em> de John Boorman, <em>Pink Flamingos<\/em> de John Waters, <em>Dernier Tango \u00e0 Paris<\/em> de Bernardo Bertolucci, <em>Guet-apens<\/em> de Sam Peckinpah, <em>etc. <\/em><\/p>\n<p>Comme le livre, le film est construit en plusieurs chapitres tr\u00e8s courts dont on peine parfois \u00e0 comprendre l&rsquo;encha\u00eenement. La ravissante Tuesday Weld, qui fut dans les ann\u00e9es soixante une star avant de sombrer dans l&rsquo;oubli, est quasiment de tous les plans, dont on filme la lente descente dans la folie. Anthony Perkins, qui n&rsquo;aura jamais r\u00e9ussi \u00e0 faire oublier son r\u00f4le dans <em>Psychose<\/em>, l&rsquo;accompagne un temps et conna\u00eet une fin plus tragique qu&rsquo;elle encore.<\/p>\n<p>Mais h\u00e9las, aussi tragique soit-il, le destin de ces deux personnages n&rsquo;a \u00e9veill\u00e9 en moi aucune empathie.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/youtu.be\/UfRkecpJ9Ew\">Le film en v.o.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Maria Wyeth (Tuesday Weld) est une star du cin\u00e9ma qui s&rsquo;est br\u00fbl\u00e9e les ailes trop jeune. Le premier plan du film la montre d\u00e9ambulant dans les all\u00e9es du jardin de la clinique psychiatrique o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 intern\u00e9e, apr\u00e8s le suicide de son ami BZ Mendenhall (Anthony Perkins). 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