{"id":14078,"date":"2021-04-13T06:19:51","date_gmt":"2021-04-13T05:19:51","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=14078"},"modified":"2021-04-13T07:36:33","modified_gmt":"2021-04-13T06:36:33","slug":"les-producteurs-2005","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2021\/04\/13\/les-producteurs-2005\/","title":{"rendered":"Les Producteurs (2005) \u2605\u2605\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img3.acsta.net\/r_1920_1080\/medias\/nmedia\/18\/36\/06\/80\/18466817.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Max Bialystock (Nathan Lane) n&rsquo;est plus que l&rsquo;ombre de lui-m\u00eame. Ses productions \u00e0 Broadway encha\u00eenent les flops. L&rsquo;\u00e9chec de la derni\u00e8re en date, une adaptation soi-disant comique de Shakespeare, le laisse d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et ruin\u00e9. Mais son comptable, L\u00e9opold Bloom (Matthew Broderick) lui souffle une id\u00e9e paradoxale : produire un \u00e9norme bide pourrait le rendre tr\u00e8s riche.<br \/>\nAussi les deux hommes bient\u00f4t rejoints par Ulla, une improbable secr\u00e9taire su\u00e9doise (Uma Thurman), se mettent-ils en t\u00eate de r\u00e9aliser la pire com\u00e9die musicale jamais produite \u00e0 Broadway. Ils cherchent d&rsquo;abord la pire pi\u00e8ce jamais \u00e9crite et pense l&rsquo;avoir trouv\u00e9e avec l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;un nazi repenti (Will Ferrell), <em>Springtime for Hitler<\/em>. Pour la monter, ils recrutent le plus gay des metteurs en sc\u00e8ne (Gary Beach).<\/p>\n<p>La publication d&rsquo;une caricature de Charlie Hebdo sur mon mur Facebook a r\u00e9cemment suscit\u00e9 une discussion enflamm\u00e9e sur le th\u00e8me \u00ab\u00a0Peut-on rire de tout ?\u00a0\u00bb. La conclusion, intelligente quoique aujourd&rsquo;hui un peu convenue, convoqua Desproges : \u00ab\u00a0Oui, mais pas avec n&rsquo;importe qui\u00a0\u00bb. Dans le cours de la discussion un ami \u00e9voqua le film de Mel Brooks sorti en 1968, qui inspira au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 une com\u00e9die musicale \u00e0 succ\u00e8s laquelle fut port\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran en 2005. Il me recommanda chaleureusement de la voir. Je suivis son conseil.<\/p>\n<p>En effet, <em>Les Producteurs<\/em> repose &#8211; en partie &#8211; sur une id\u00e9e sacr\u00e9ment transgressive : faire rire d&rsquo;Adolf Hitler. L&rsquo;id\u00e9e n&rsquo;est pas nouvelle. Charles Chaplin l&rsquo;a utilis\u00e9e d\u00e8s 1940, avec un g\u00e9nie ind\u00e9passable dans <em>Le Dictateur<\/em>. Puis Ernst Lubitsch en a fait un des ressorts du cultissime <em>To Be or Not to Be<\/em> &#8211; dont Mel Brooks produira en 1983 un remake assez navrant. Cinquante ans plus tard, Roberto Benigni a sign\u00e9 avec le succ\u00e8s que l&rsquo;on sait <em>La vita \u00e8 bella<\/em>.<br \/>\nCette dimension est port\u00e9e par le personnage de Franz Liebkind (litt\u00e9ralement Franz l&rsquo;enfant adorable) qui \u00e9l\u00e8ve sur les toits de New York des pigeons voyageurs pour correspondre avec ses amis allemands en Argentine, porte des <em>lederhosen<\/em>, est toujours coiff\u00e9 d&rsquo;un <em>Stahlhelm<\/em> M35 et entonne volontiers des champs hitl\u00e9riens. Le personnage, interpr\u00e9t\u00e9 avec la bouffonnerie qui le caract\u00e9rise, par Will Ferrell, est hilarant. Il l&rsquo;est plus encore si l&rsquo;on pense que le sc\u00e9nario date de 1968 et qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par un juif germano-russe qui donne aux deux personnages principaux, pour le premier, le nom d&rsquo;une ville de Pologne vid\u00e9e de ses habitants par la Shoah et, pour le second, un patronyme juif (d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 par Joyce dans <em>Ulysses<\/em>).<\/p>\n<p><em>Les Producteurs<\/em> est une bouffonnerie qui ne recule devant aucune outrance. Son sc\u00e9nario est, \u00e0 y regarder de plus pr\u00e8s, compl\u00e8tement d\u00e9nu\u00e9 de cr\u00e9dibilit\u00e9 tout en \u00e9tant bigrement ironique : il s&rsquo;agit de r\u00e9aliser une com\u00e9die musicale \u00e0 Broadway qui parle de la r\u00e9alisation de la pire com\u00e9die musicale jamais produite \u00e0 Broadway ! Ses personnages en font des tonnes, \u00e0 commencer par le h\u00e9ros Bialystok condamn\u00e9 \u00e0 s\u00e9duire des octog\u00e9naires cr\u00e9dules pour financer sa pi\u00e8ce et par son acolyte, Bloom, un comptable introverti qui va se lib\u00e9rer de ses n\u00e9vroses au contact de la belle Ulla (qui lui prend vingt bon centim\u00e8tres au garrot).<\/p>\n<p>Si on est de bonne humeur et indulgent, si on aime les com\u00e9dies musicales (c&rsquo;est mon cas !) et leurs in\u00e9vitables longueurs, on se laissera s\u00e9duire par <em>Les Producteurs<\/em>. En r\u00e9visant mes fiches, j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 mon plus grand \u00e9tonnement que je l&rsquo;avais en fait d\u00e9j\u00e0 vu \u00e0 sa sortie en 2006. Je n&rsquo;en avais pas gard\u00e9 le moindre souvenir alors pourtant que c&rsquo;est le genre de film qui ne s&rsquo;oublie pas facilement. Plus \u00e9tonnant encore, je lui avais mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque&#8230;. z\u00e9ro \u00e9toile, signe que je n&rsquo;avais pas, mais alors pas du tout, aim\u00e9.<br \/>\nDouble conclusion pessimiste : 1. je perds la m\u00e9moire 2. mon jugement, qui varie du tout au tout \u00e0 quinze ans d&rsquo;intervalle, n&rsquo;a d\u00e9cid\u00e9ment aucune consistance et vous, cher lecteur, me donnez plus de cr\u00e9dit que je n&rsquo;en m\u00e9rite en vous y fiant.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=18410143&amp;cfilm=55570.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Max Bialystock (Nathan Lane) n&rsquo;est plus que l&rsquo;ombre de lui-m\u00eame. Ses productions \u00e0 Broadway encha\u00eenent les flops. L&rsquo;\u00e9chec de la derni\u00e8re en date, une adaptation soi-disant comique de Shakespeare, le laisse d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et ruin\u00e9. 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