{"id":14635,"date":"2021-06-18T06:59:33","date_gmt":"2021-06-18T05:59:33","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=14635"},"modified":"2021-06-18T09:31:19","modified_gmt":"2021-06-18T08:31:19","slug":"seize-printemps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2021\/06\/18\/seize-printemps\/","title":{"rendered":"Seize printemps \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img2.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/20\/12\/08\/10\/01\/4425187.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Suzanne a seize ans et Suzanne s&rsquo;ennuie. Elle vit \u00e0 Paris avec ses parents et sa s\u0153ur cadette dans un appartement cossu d&rsquo;un immeuble bourgeois sur la butte Montmartre. De ses camarades, elle ne partage ni les joies ni les peines.<br \/>\nSon c\u0153ur s&#8217;emballe en croisant, sur le chemin du lyc\u00e9e, devant le th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Ath\u00e9n\u00e9e, un acteur. Arnaud a le double de son \u00e2ge. Entre la jeune fille et le bel acteur, le coup de foudre est imm\u00e9diat et r\u00e9ciproque.<\/p>\n<p>Il y a deux fa\u00e7ons de critiquer le premier film de Suzanne Lindon. Une tr\u00e8s m\u00e9chante et l&rsquo;autre tr\u00e8s gentille.<\/p>\n<p>La tr\u00e8s m\u00e9chante se moquera du sujet archi-rebattu de ce film. Les \u00e9mois d&rsquo;une jeune fille en fleurs ont en effet d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 film\u00e9s sous toutes les coutures : <em>Bonjour tristesse<\/em> (Suzanne partage avec C\u00e9cile, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne du roman de Sagan adapt\u00e9 par Preminger, une maturit\u00e9 curieuse), <em>La Boum<\/em> (elle est comme Vic une adolescente rieuse \u00e9lev\u00e9e dans un milieu aimant), <em>Diabolo menthe<\/em> (Suzanne consomme avec un charme d\u00e9suet des diabolos grenadine), <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2021\/05\/02\/a-nos-amours-1983\/\"><em>\u00c0 nos amours<\/em><\/a> (Dominique Besnehard, qui joue un second r\u00f4le dans <em>Seize printemps<\/em>, y faisait ses d\u00e9buts d&rsquo;acteur et Suzanne en conserve dans sa chambre un poster), <em>L&rsquo;Effront\u00e9e<\/em> (avec Charlotte Gainsbourg, une autre enfant de stars)&#8230; la liste est longue et cette g\u00e9n\u00e9alogie pesante \u00e0 qui pr\u00e9tendrait y ajouter sa trace.<\/p>\n<p>Le critique malveillant \u00e9voquera une autre g\u00e9n\u00e9alogie : celle de la r\u00e9alisatrice, fille de Vincent Lindon et de Sandrine Kimberlain, dont elle a h\u00e9rit\u00e9 de la silhouette interminable et de la d\u00e9marche girafique. Son film aurait-il pu \u00eatre financ\u00e9, tourn\u00e9, s\u00e9lectionn\u00e9 \u00e0 Cannes en 2020, distribu\u00e9 en salles, si quelques bonnes f\u00e9es ne s&rsquo;\u00e9taient pas pench\u00e9es sur son berceau, s&rsquo;interrogera-t-il fielleusement. Et le critique malveillant de pointer, au surplus, le contrat qui unit la jeune actrice-r\u00e9alisatrice \u00e0 Chanel dont elle porte avec une \u00e9l\u00e9gante d\u00e9contraction les derni\u00e8res cr\u00e9ations <em>streetwear<\/em>.<\/p>\n<p>Le critique bienveillant avait bien s\u00fbr cette g\u00e9n\u00e9alogie en t\u00eate en entrant dans la salle. Mais il ne l&rsquo;a pas laiss\u00e9 hypoth\u00e9quer l&rsquo;opinion qu&rsquo;il \u00e9tait en train de se faire du film qu&rsquo;il regardait. Bien s\u00fbr, s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 rat\u00e9, il en aurait fait un argument \u00e0 charge suppl\u00e9mentaire pour l&rsquo;assassiner. Mais, que diable ! On a le droit d&rsquo;\u00eatre fils ou fille de stars ET d&rsquo;avoir du talent !<\/p>\n<p>Tel est le cas de Suzanne Lindon dont le film m&rsquo;a touch\u00e9.<br \/>\nCertes, son sujet n&rsquo;est gu\u00e8re innovant sinon passablement casse-gueule. mais la fa\u00e7on dont elle le traite est juste et sensible.<br \/>\nIl n&rsquo;y a rien de gras dans ce film de soixante-quatorze minutes \u00e0 peine. Aucun rebond dramatique, aucune tension familiale. On est loin de Pialat et de ses hyst\u00e9ries \u00e0 huis clos. Car Suzanne est une fille \u00e9quilibr\u00e9e. Elle entretient avec ses parents une relation confiante et complice. Elle sort de l&rsquo;enfance et vit ses premiers \u00e9mois amoureux avec un m\u00e9lange terriblement contemporain d&rsquo;ing\u00e9nuit\u00e9 et de maturit\u00e9.<br \/>\nSuzanne Lindon se concentre sur son sujet et le traite sans s&rsquo;en \u00e9carter, au risque assum\u00e9 de l&rsquo;insignifiance. Elle le fait en usant d&rsquo;un artifice charmant : celui de la com\u00e9die musicale avec l&rsquo;insertion de trois chor\u00e9graphies tr\u00e8s r\u00e9ussies. Seule ou en duo, Suzanne Lindon y danse sur la musique de Christophe ou de celle, bouleversante, du Stabat Mater de Vivaldi. C&rsquo;est encore elle qu&rsquo;on entend chanter le g\u00e9n\u00e9rique de fin sur une musique originale de Vincent Delerm.<\/p>\n<p>Rempli de pr\u00e9jug\u00e9s en rentrant dans la salle, j&rsquo;en suis ressorti charm\u00e9 et transport\u00e9 par la gr\u00e2ce de ce film touchant qui a ressuscit\u00e9 le vert paradis de mes amours enfantines.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19589063&amp;cfilm=283733.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suzanne a seize ans et Suzanne s&rsquo;ennuie. 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