{"id":15041,"date":"2021-08-29T07:42:42","date_gmt":"2021-08-29T06:42:42","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=15041"},"modified":"2021-08-29T09:40:29","modified_gmt":"2021-08-29T08:40:29","slug":"passion-simple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2021\/08\/29\/passion-simple\/","title":{"rendered":"Passion simple \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img5.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/20\/11\/30\/17\/57\/0292573.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>H\u00e9l\u00e8ne (Laetitia Dosch), professeure de lettres \u00e0 la Sorbonne, m\u00e8re de famille divorc\u00e9e, raconte la passion exclusive et d\u00e9vorante qu&rsquo;elle a connue un hiver durant pour Alexandre (Sergei Polunin), un jeune diplomate russe en poste \u00e0 Paris. Pendant plusieurs mois, elle a v\u00e9cu\u00a0 dans la petite maison qu&rsquo;elle occupe en banlieue ouest avec son fils unique, l&rsquo;attente f\u00e9brile de ses visites, la fi\u00e8vre de leurs peaux r\u00e9unies, l&rsquo;orgasme de leurs \u00e9treintes, la douleur de le voir se rhabiller et la quitter si vite pour rejoindre sa femme. Entre ses rencontres \u00e9pisodiques, H\u00e9l\u00e8ne continue \u00e0 vivre : elle s&rsquo;occupe de son fils, donne ses cours, va au cin\u00e9ma avec une amie, fait ses courses au supermarch\u00e9. Mais sa vie toute enti\u00e8re est suspendue aux appels de cet amant fuyant et \u00e0 l&rsquo;annonce tant attendue de leurs prochains rendez-vous amoureux.<\/p>\n<p><em>Passion simple<\/em> est un roman d&rsquo;Annie Ernaux, \u00e9crit \u00e0 la premi\u00e8re personne du singulier, sorti en 1992. L&rsquo;auteure, d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre de <em>La Place<\/em>, avait d\u00e9j\u00e0 atteint la cinquantaine et d\u00e9crivait l&rsquo;\u00e9tat de subjugation dans laquelle l&rsquo;avait plong\u00e9e la passion amoureuse \u00e9prouv\u00e9e pour un amant russe avec lequel pourtant elle n&rsquo;avait rien en commun.<\/p>\n<p>Ce t\u00e9moignage d&rsquo;une grande bri\u00e8vet\u00e9 &#8211; le livre fait quatre-vingts pages \u00e0 peine &#8211; avait \u00e9t\u00e9 fraichement accueilli par la critique f\u00e9ministe. Elle reprochait \u00e0 Annie Ernaux de d\u00e9crire une femme soumise, domin\u00e9e, esclave de ses sens, r\u00e9duite \u00e0 attendre passivement les visites de son amant. En un mot, une femme passionn\u00e9e d&rsquo;un homme qui se joue d&rsquo;elle. Que l&rsquo;auteure dresse au final un bilan positif de cette liaison, qu&rsquo;elle estime qu&rsquo;elle en \u00e9tait sortie grandie et meilleure semblait une preuve suppl\u00e9mentaire de son aveuglement.<\/p>\n<p>Le livre faisait l&rsquo;impasse sur les rencontres de l&rsquo;auteure avec A., laissant au lecteur les imaginer sinon les fantasmer. Danielle Arbid filme sans fard leurs corps amoureux : le corps tatou\u00e9 et musculeux d&rsquo;Alexandre dont on comprend volontiers l&rsquo;attraction qu&rsquo;il exerce sur son amante, celui d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne, blond, rond, lisse et nu (il serait de mauvaise gr\u00e2ce de lui reprocher d&rsquo;\u00eatre trop beau par rapport \u00e0 celui dix ou vingt ans plus \u00e2g\u00e9, qu&rsquo;on imaginait \u00eatre celui de Annie Ernaux). Sa cam\u00e9ra, tout en douceur, baigne dans une lumi\u00e8re hivernale et \u00e9vite les pi\u00e8ges du <em>male gaze<\/em>.<\/p>\n<p><em>Passion simple<\/em> r\u00e9ussit \u00e0 la fois \u00e0 \u00eatre profond\u00e9ment sensuel et extr\u00eamement c\u00e9r\u00e9bral. Profond\u00e9ment sensuel, il l&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 ces sc\u00e8nes d&rsquo;amour torrides sans jamais \u00eatre graveleuses. Mais <em>Passion simple<\/em> ne se r\u00e9duit pas \u00e0 cette simple dimension. Comme son titre l&rsquo;annonce, il s&rsquo;agit de la description chimiquement pure d&rsquo;une passion exclusive et oblative, de celles que \u00c9luard d\u00e9crivait : \u00ab\u00a0j&rsquo;entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde\u00a0\u00bb et de la sublimation de l&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 d\u00e9crite par Stendhal et son analyse de la cristallisation amoureuse. Qu&rsquo;elle soit v\u00e9cue par une femme importe finalement peu &#8211; d\u00e9voilant l&rsquo;inanit\u00e9 de la critique ultra-f\u00e9ministe : un homme l&rsquo;\u00e9prouverait tout identiquement. L&rsquo;histoire de cette passion-l\u00e0 reste \u00e0 \u00e9crire&#8230; et \u00e0 filmer.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19589182&amp;cfilm=263555.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>H\u00e9l\u00e8ne (Laetitia Dosch), professeure de lettres \u00e0 la Sorbonne, m\u00e8re de famille divorc\u00e9e, raconte la passion exclusive et d\u00e9vorante qu&rsquo;elle a connue un hiver durant pour Alexandre (Sergei Polunin), un jeune diplomate russe en poste \u00e0 Paris. 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