{"id":16791,"date":"2022-05-03T06:05:31","date_gmt":"2022-05-03T05:05:31","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=16791"},"modified":"2022-05-03T07:37:39","modified_gmt":"2022-05-03T06:37:39","slug":"vortex","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2022\/05\/03\/vortex\/","title":{"rendered":"Vortex \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img5.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/22\/02\/18\/10\/59\/1557160.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Lui (Dario Argento, le pape du <em>giallo<\/em> italien qu&rsquo;on avait plus souvent vu derri\u00e8re la cam\u00e9ra que devant) a quatre-vingt ans et a \u00e9t\u00e9 victime trois ans plus t\u00f4t d&rsquo;un accident vasculaire qui menace de se r\u00e9p\u00e9ter ; mais il garde sinon le pied ferme et la t\u00eate claire. Elle (Fran\u00e7oise Lebrun, l&rsquo;\u00e9g\u00e9rie de Jean Eustache), ancienne psychiatre, a deux ans de moins que son \u00e9poux mais est frapp\u00e9e d&rsquo;un Alzheimer qui ne veut pas dire son nom. Ce couple habite un appartement labyrinthique du vingti\u00e8me arrondissement parisien. Leur fils (Alex Lutz), un ancien toxicomane qui essaie tant bien que mal de d\u00e9crocher, ne peut qu&rsquo;assister impuissant \u00e0 leur lente d\u00e9ch\u00e9ance.<\/p>\n<p>Gaspar No\u00e9 est un r\u00e9alisateur qui ne laisse pas indiff\u00e9rent. On aime ou on d\u00e9teste son cin\u00e9ma coup de poing, volontiers provocateur, parfois un peu gratuit. Qui a vu <em>Irr\u00e9versible<\/em> , la description brutale d&rsquo;un viol en treize plans antichronologiques, s&rsquo;en souvient \u00e0 jamais. <em>Enter the Void<\/em>, <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2017\/01\/06\/love\/\"><em>Love<\/em> <\/a>ou <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/09\/19\/climax\/\"><em>Climax<\/em> <\/a>ne sont pas loin d&rsquo;avoir eu sur moi le m\u00eame impact. Critiquant <em>Love<\/em>, j&rsquo;\u00e9crivais il y a cinq ans : \u00ab\u00a0(&#8230;) il y a dans le cin\u00e9ma de Gaspar No\u00e9, qu\u2019on l\u2019aime ou pas, un dynamisme, une urgence, une ambition qui forcent l\u2019admiration. Loin des \u00ab petits \u00bb films fran\u00e7ais pleins d\u2019une ironie souriante, sit\u00f4t vus sit\u00f4t oubli\u00e9s, Gaspar No\u00e9 ose traiter des sujets ambitieux. Tant pis s\u2019il s\u2019y fracasse.\u00a0\u00bb Je pourrais au mot pr\u00e8s dire la m\u00eame chose de ce <em>Vortex<\/em>.<\/p>\n<p>De quoi s&rsquo;agit-il ? Du m\u00eame sujet que celui trait\u00e9 avec la maestria que l&rsquo;on sait par Michael Haneke il y a dix ans dans <em>Amour<\/em> : un couple aimant, au cr\u00e9puscule de sa vie, dont l&rsquo;\u00e9pouse lentement perd la t\u00eate face \u00e0 son mari impuissant. Cette histoire a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 racont\u00e9e dans un film couvert de prix : palme d&rsquo;or \u00e0 Cannes, cinq C\u00e9sars, dont celui du meilleur film, du meilleur r\u00e9alisateur, du meilleur acteur, de la meilleure actrice, et l&rsquo;Oscar du meilleur film \u00e9tranger. Qu&rsquo;y ajouter ? L&rsquo;ombre port\u00e9e d&rsquo;<em>Amour<\/em> p\u00e8sera toujours sur Vortex et l&rsquo;\u00e9clipsera \u00e0 jamais.<\/p>\n<p>Gaspar No\u00e9, qui est un petit malin avide d&rsquo;innovations formelles, utilise un proc\u00e9d\u00e9 original pour filmer son histoire : le <em>split screen<\/em>. On voit deux images \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran film\u00e9es par deux s\u00e9ries de cam\u00e9ras : l&rsquo;une s&rsquo;attache \u00e0 lui, l&rsquo;autre \u00e0 elle. Quelle est l&rsquo;utilit\u00e9 de ce proc\u00e9d\u00e9, sinon celle de pouvoir afficher une originalit\u00e9 \u00e0 tout prix ? Montre-t-il que ces deux vieillards \u00e9voluent dans deux univers s\u00e9par\u00e9s que rien ne r\u00e9unira jamais plus ? Ce n&rsquo;est gu\u00e8re \u00e9vident, sachant qu&rsquo;ils passent leurs journ\u00e9es ensemble \u00e0 se croiser et \u00e0 se recroiser.<\/p>\n<p><em>Vortex<\/em> dure deux heures et vingt deux minutes. C&rsquo;est beaucoup. C&rsquo;est trop. Au bout de quelques minutes, \u00e0 suivre l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne dans ses errances dont on comprend vite qu&rsquo;aucune logique ne les guide plus sinon le chaos d&rsquo;un cerveau d\u00e9r\u00e9gl\u00e9, on se dit que le film sera long. Tr\u00e8s long. Trop long. Quelques rebondissements viennent le relancer au bout d&rsquo;une heure, notamment l&rsquo;irruption de leur fils &#8211; au risque, dans deux s\u00e9quences o\u00f9 on le voit loin de l&rsquo;appartement parental, de nous faire perdre de vue ce qui aurait d\u00fb rester le seul lieu et le seul sujet du film. Mais <em>Vortex<\/em> n&rsquo;en reste pas moins ext\u00e9nuant. Au point de se demander si Gaspar No\u00e9 n&rsquo;a pas voulu avec sadisme \u00e9puiser notre patience. Tout comme il ne veut rien nous \u00e9pargner avec tous ses d\u00e9tails scabreux d&rsquo;une issue que l&rsquo;on sait par avance fatale \u00e0 son r\u00e9cit.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 ce point de ma critique, je devrais logiquement la solder par une note assassine. Pourquoi trois \u00e9toiles alors \u00e0 ce film dont je viens de dire qu&rsquo;il plagiait le chef d&rsquo;oeuvre de Haneke, que son <em>split screen<\/em> \u00e9tait m&rsquo;as-tu-vu, que sa dur\u00e9e \u00e9tait ext\u00e9nuante ? Parce que, malgr\u00e9 tous ses d\u00e9fauts, <em>Vortex<\/em> et le cin\u00e9ma de Gaspar No\u00e9 demeurent envers et contre tout un cin\u00e9ma cent fois plus exigeant, d\u00e9rangeant, novateur que le tout-venant dont Canal Plus &#8211; qui l&rsquo;a produit &#8211; nous abreuve \u00e0 longueur de semaines.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19595957&amp;cfilm=291311.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lui (Dario Argento, le pape du giallo italien qu&rsquo;on avait plus souvent vu derri\u00e8re la cam\u00e9ra que devant) a quatre-vingt ans et a \u00e9t\u00e9 victime trois ans plus t\u00f4t d&rsquo;un accident vasculaire qui menace de se r\u00e9p\u00e9ter ; mais il garde sinon le pied ferme et la t\u00eate claire. 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