{"id":16834,"date":"2022-05-06T07:23:48","date_gmt":"2022-05-06T06:23:48","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=16834"},"modified":"2022-05-06T08:15:30","modified_gmt":"2022-05-06T07:15:30","slug":"le-desert-rouge-1964","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2022\/05\/06\/le-desert-rouge-1964\/","title":{"rendered":"Le D\u00e9sert rouge (1964) \u2605\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img4.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/21\/12\/15\/15\/21\/0670077.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Giuliana (Monica Vitti) est malheureuse. Elle est mari\u00e9e \u00e0 Ugo, un ing\u00e9nieur qui travaille dans une immense zone industrielle littorale de l&rsquo;Italie du nord. Elle est la m\u00e8re d&rsquo;un petit gar\u00e7on pr\u00e9nomm\u00e9 Valerio. Elle fait la rencontre de Corrado Zeller (Richard Harris), un coll\u00e8gue de son mari venu dans la r\u00e9gion pour recruter des ouvriers afin de partir travailler en Patagonie. Giuliana l&rsquo;accompagne dans ses d\u00e9marches, lui confie que l&rsquo;accident de voiture dont elle a \u00e9t\u00e9 victime \u00e9tait en fait une tentative de suicide, finit par se donner \u00e0 lui dans une ultime tentative de retrouver go\u00fbt \u00e0 la vie&#8230; et se retrouve \u00e0 la fin du film au m\u00eame point qu&rsquo;au d\u00e9but.<\/p>\n<p>Avant <em>Le D\u00e9sert Rouge<\/em>, Michelangelo Antonioni vient de signer trois films d&rsquo;anthologie : <em>L&rsquo;Avventura<\/em> (1960, prix du Jury \u00e0 Cannes), <em>La Nuit<\/em> (1961, Ours d&rsquo;or \u00e0 Berlin), <em>L&rsquo;Eclipse<\/em> (1962, prix sp\u00e9cial du jury \u00e0 Cannes). Monica Vitti y tenait d\u00e9j\u00e0 le r\u00f4le principal comme elle interpr\u00e8te celui du <em>D\u00e9sert rouge<\/em>, Lion d&rsquo;or \u00e0 Venise. Elle y est m\u00e9connaissable sur son affiche (j&rsquo;avais longtemps cru qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de Marl\u00e8ne Jobert en voyant d\u00e9filer le g\u00e9n\u00e9rique de Carlotta dont je parviens enfin, apr\u00e8s une bonne vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, \u00e0 identifier toutes les r\u00e9f\u00e9rences). Avec \u00ab\u00a0ses yeux de lit d\u00e9fait\u00a0\u00bb, elle joue encore le r\u00f4le d&rsquo;une femme perdue et angoiss\u00e9e<\/p>\n<p>C&rsquo;est le premier film en couleurs d&rsquo;Antonioni qui d\u00e9laisse les noirs et blancs aust\u00e8res et somptueux qui constituaient jusqu&rsquo;alors sa marque de fabrique. La l\u00e9gende veut qu&rsquo;il ait fait repeindre des arbres en blanc, une rue en gris, des pans de murs entiers en rouge ou en bleu pour obtenir la palette de couleurs qu&rsquo;il souhaitait.<br \/>\n\u00c9cologiste avant l&rsquo;heure, il s&rsquo;y montre d&rsquo;une rare prescience en filmant une terre nue, pollu\u00e9e, rong\u00e9e par les rejets industriels.<\/p>\n<p>Il est de bon ton de tenir Antonioni comme un immense r\u00e9alisateur et de consid\u00e9rer ses films comme des chefs d&rsquo;oeuvre. C&rsquo;est peut-\u00eatre vrai. Antonioni est le cin\u00e9aste de la modernit\u00e9, de la solitude, de l&rsquo;incommunicabilit\u00e9, du d\u00e9sarroi qui ronge les classes sociales enrichies par les Trente Glorieuses, de la difficult\u00e9 des rapports homme-femme.<br \/>\nMais Antonioni est aussi le cin\u00e9aste revendiqu\u00e9 de l&rsquo;ennui (comme Moravia qui en fit le titre d&rsquo;un livre pas ennuyeux du tout). Le probl\u00e8me avec Antonioni est que son cin\u00e9ma distille sciemment l&rsquo;ennui. J&rsquo;ai conscience du sacril\u00e8ge que je commets en avouant m&rsquo;\u00eatre consid\u00e9rablement ras\u00e9 devant le D\u00e9sert rouge, comme je m&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 ras\u00e9 devant <em>L&rsquo;Avventura<\/em>, <em>La Nuit <\/em>ou <em>L&rsquo;Eclipse<\/em>. La lecture de l&rsquo;immense Jacques Lourcelles m&rsquo;a d\u00e9sinhib\u00e9 dont le <em>Dictionnaire du cin\u00e9ma<\/em> n&rsquo;a pas de mots assez durs pour Antonioni : \u00ab\u00a0componction\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0dialogues de photos-romans\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0gravit\u00e9 solennelle\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0glaciation de l&rsquo;impuissance\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<p>Monica Vitti a beau \u00eatre \u00ab\u00a0belle comme un papillon de jour, myst\u00e9rieuse comme un papillon de nuit\u00a0\u00bb, sa beaut\u00e9 hi\u00e9ratique qui s&rsquo;agite nerveusement en talons mi-hauts sur les rives boueuses du delta du P\u00f4 finit par lasser. Et la succession de longs plans fixes, aussi l\u00e9ch\u00e9s soient-ils, a eu sur moi pour effet final de me plonger dans une somnolence que seul le g\u00e9n\u00e9rique de fin, apr\u00e8s deux heures bien sonn\u00e9es, a r\u00e9ussi \u00e0 interrompre.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19444043&amp;cfilm=3039.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Giuliana (Monica Vitti) est malheureuse. Elle est mari\u00e9e \u00e0 Ugo, un ing\u00e9nieur qui travaille dans une immense zone industrielle littorale de l&rsquo;Italie du nord. Elle est la m\u00e8re d&rsquo;un petit gar\u00e7on pr\u00e9nomm\u00e9 Valerio. 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