{"id":16877,"date":"2022-05-09T06:50:35","date_gmt":"2022-05-09T05:50:35","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=16877"},"modified":"2022-05-09T08:23:54","modified_gmt":"2022-05-09T07:23:54","slug":"qui-a-part-nous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2022\/05\/09\/qui-a-part-nous\/","title":{"rendered":"Qui \u00e0 part nous \u2605\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img3.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/22\/03\/28\/17\/05\/4848182.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Jeune r\u00e9alisateur madril\u00e8ne, encens\u00e9 par la critique (sauf la mienne) pour son pr\u00e9c\u00e9dent film, <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2020\/09\/17\/eva-en-aout\/\"><em>Eva en ao\u00fbt<\/em><\/a>, Jon\u00e1s Trueba avait d\u00e9cid\u00e9 en 2015, de filmer une bande d&rsquo;adolescents. Le projet s&rsquo;est poursuivi pendant cinq ans. Il en rappelle d&rsquo;autres aussi ambitieux : <em>Boyhood<\/em> de Richard Linklater (mon film pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 en 2014), <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2020\/09\/10\/adolescentes\/\"><em>Adolescentes<\/em><\/a>\u00a0de S\u00e9bastien Lifshitz&#8230;<\/p>\n<p>Mais <em>Qui \u00e0 part nous<\/em> &#8211; traduction malhabile de <i>Qui\u00e9n lo impide &#8211; <\/i>a plusieurs d\u00e9fauts que ces pr\u00e9c\u00e9dents remarquables n&rsquo;avaient pas. Leur principe \u00e9tait de suivre dans la dur\u00e9e des enfants et des adolescents pour raconter cet \u00e2ge charni\u00e8re. <em>Qui \u00e0 part nous<\/em> est \u00e9trangement statique : entre le d\u00e9but du film et la fin, ses personnages ont beau avoir pris cinq ans, \u00e0 un \u00e2ge pourtant o\u00f9 ces cinq ans l\u00e0 comptent diablement, on ne les voit pas \u00e9voluer, on ne les voit pas changer.<br \/>\nSans doute, <em>Qui \u00e0 part nous<\/em> r\u00e9ussit-il \u00e0 capter l&rsquo;essence de l&rsquo;adolescence : il montre avec beaucoup de tendresse l&rsquo;\u00e9motion des premi\u00e8res amours, la timidit\u00e9 maladive, que peine \u00e0 cacher les fous rires, des inhibitions adolescentes, la col\u00e8re rebelle que suscite l&rsquo;\u00e2ge adulte dont ces jeunes veulent d\u00e9poussi\u00e9rer les codes ; mais il \u00e9choue \u00e0 montrer, alors m\u00eame que c&rsquo;\u00e9tait un de ses objectifs et qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait inscrit dans le temps long pour l&rsquo;atteindre, les changements que cet \u00e2ge emporte.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me d\u00e9faut : la confusion constante qu&rsquo;il entretient entre la r\u00e9alit\u00e9 et la fiction. Cette confusion est d&rsquo;ailleurs revendiqu\u00e9e par son r\u00e9alisateur qui a demand\u00e9 \u00e0 ses personnages de jouer des situations. Il se revendique, dit-il, d&rsquo;un cin\u00e9ma \u00ab\u00a0possibiliste\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0montrez-moi les \u00ab\u00a0possibilit\u00e9s\u00a0\u00bb de ce que pourrait \u00eatre votre vie\u00a0\u00bb, demande-t-il aux acteurs. On ne sait donc jamais si les sc\u00e8nes qu&rsquo;on nous montre, par exemple leur voyage scolaire en Andalousie ou les vacances de Candela en Estr\u00e9madure, sont des images vol\u00e9es de la vie de ces adolescents ou des situations que Jon\u00e1s Trueba leur a demand\u00e9 de jouer.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me d\u00e9faut, r\u00e9dhibitoire : <em>Qui \u00e0 part nous<\/em> dure trois heures et quarante minutes. M\u00eame interrompue par deux entractes de cinq minutes &#8211; qui font na\u00eetre la nostalgie des ouvreuses circulant avec leur panier de confiserie &#8211; cette dur\u00e9e ob\u00e8se est ext\u00e9nuante. Elle l&rsquo;est d&rsquo;autant plus que la premi\u00e8re partie de ce documentaire-fiction est particuli\u00e8rement confuse, qui nous introduit un nombre de personnages trop nombreux qu&rsquo;il est difficile d&rsquo;identifier. Nombreux sont les spectateurs qui, n&rsquo;y comprenant rien et peu d\u00e9sireux de n&rsquo;y rien comprendre pendant trois heures encore, prennent la poudre d&rsquo;escampette. Ils ont \u00e0 moiti\u00e9 raison : les deux autres parties se recentrent sur un nombre plus restreint de personnages et sont plus lisibles, mais la dur\u00e9e exag\u00e9r\u00e9ment longue de chaque sc\u00e8ne &#8211; une discussion \u00e0 b\u00e2tons rompus sur le sens de la vie dure une bonne vingtaine de minutes &#8211; vient \u00e0 bout de la r\u00e9sistance physique et psychologique du spectateur m\u00eame le mieux dispos\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19596123&amp;cfilm=295687.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeune r\u00e9alisateur madril\u00e8ne, encens\u00e9 par la critique (sauf la mienne) pour son pr\u00e9c\u00e9dent film, Eva en ao\u00fbt, Jon\u00e1s Trueba avait d\u00e9cid\u00e9 en 2015, de filmer une bande d&rsquo;adolescents. Le projet s&rsquo;est poursuivi pendant cinq ans. 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