{"id":18743,"date":"2023-01-19T06:21:37","date_gmt":"2023-01-19T05:21:37","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=18743"},"modified":"2023-01-19T08:07:56","modified_gmt":"2023-01-19T07:07:56","slug":"youssef-salem-a-du-succes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2023\/01\/19\/youssef-salem-a-du-succes\/","title":{"rendered":"Youssef Salem a du succ\u00e8s \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img4.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/22\/12\/13\/11\/14\/5838903.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Youssef Salem (Ramzy Bedia), la quarantaine bien entam\u00e9e, vient de publier son premier roman. <em>Le Choc toxique<\/em> raconte la relation compliqu\u00e9e d&rsquo;un enfant issu de l&rsquo;immigration \u00e0 la sexualit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;intime. S&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une autobiographie, ce roman s&rsquo;inspire tr\u00e8s largement de l&rsquo;enfance et de la famille de Youssef. Pour ce motif, l&rsquo;\u00e9crivain redoute que son p\u00e8re et sa m\u00e8re en d\u00e9couvrent le contenu. Mais la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 grandissante de son ouvrage, boost\u00e9e par la pol\u00e9mique provoqu\u00e9e sur les r\u00e9seaux sociaux par les d\u00e9clarations de son auteur et par sa s\u00e9lection pour le Goncourt, va mettre en p\u00e9ril son d\u00e9sir d&rsquo;anonymat.<\/p>\n<p>Baya Yasmi est d\u00e9sormais une personnalit\u00e9 install\u00e9e du cin\u00e9ma fran\u00e7ais. Elle a co-sign\u00e9 le sc\u00e9nario de plusieurs films de Michel Leclerc, son compagnon, parmi lesquels <em>Le Nom des gens<\/em>, dans lequel Sara Forestier jouait une militante de gauche qui couchait avec des \u00e9lecteurs de droite pour les convaincre de changer leur vote, et <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2019\/04\/26\/la-lutte-des-classes\/\"><em>La Lutte des classes<\/em><\/a>, qui mettait en sc\u00e8ne un couple de bobos parisiens (interpr\u00e9t\u00e9s par Le\u00efla Bekhti et Edouard Baer) tiraill\u00e9 entre leurs convictions politiques et l&rsquo;\u00e9ducation de leur fils (je glousse encore \u00e0 l&rsquo;\u00e9vocation de la sc\u00e8ne o\u00f9 les paroles anarchisantes des morceaux de hard rock jou\u00e9s par Edouard Baer resurgissent durant l&rsquo;entretien qu&rsquo;il doit passer devant un directeur d&rsquo;\u00e9cole catholique pour y faire entrer son fils).<br \/>\nBaya Yasmi avait d\u00e9j\u00e0 sign\u00e9 un film, <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2016\/08\/08\/je-suis-a-vous-tout-de-suite\/\"><em>Je suis \u00e0 vous de suite<\/em><\/a>, dont j&rsquo;\u00e9crivais \u00e0 sa sortie en 2016 qu&rsquo;il \u00e9tait \u00ab\u00a0un bijou d&rsquo;originalit\u00e9\u00a0\u00bb. On retrouve dans <em>Youssef Salem&#8230;<\/em> quelques uns des acteurs de ce pr\u00e9c\u00e9dent film &#8211; Ramzy Bedia au premier chef, mais aussi Vimela Pons et Lyes Salem &#8211; et on se pla\u00eet \u00e0 imaginer qu&rsquo;ils constituent une bande soud\u00e9e par une longue amiti\u00e9 qui aime \u00e0 se r\u00e9unir autour d&rsquo;un m\u00e9choui &#8211; ou d&rsquo;un cassoulet (voir infra).<\/p>\n<p>J&rsquo;ai retrouv\u00e9 dans <em>Youssef Salem<\/em> tout ce que j&rsquo;avais aim\u00e9 dans ces pr\u00e9c\u00e9dents films.<\/p>\n<p>En premier lieu, on y rit. On y rit beaucoup. Et ce n&rsquo;est pas rien en ce janvier maussade et en cette p\u00e9riode de gr\u00e8ves, de rigueur \u00e9nerg\u00e9tique et d&rsquo;instabilit\u00e9 g\u00e9opolitique qui n&rsquo;incite gu\u00e8re \u00e0 la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9.<\/p>\n<p>On y rit ; mais on y rit intelligemment, en questionnant les sujets de soci\u00e9t\u00e9 qui tiennent \u00e0 c\u0153ur \u00e0 cette r\u00e9alisatrice, femme de gauche, la\u00efque, f\u00e9ministe, issue de l&rsquo;immigration et fi\u00e8re d&rsquo;en \u00eatre, mais refusant d&rsquo;avoir \u00e0 administrer la preuve de sa francit\u00e9 ou de son adh\u00e9sion aux valeurs de la R\u00e9publique. Comme <em>Le Nom des gens <\/em>ou <em>La Lutte des classes<\/em>, <em>Youssef Salem&#8230;<\/em> est un film qui m\u00eale l&rsquo;intime et le politique. Il interroge le statut de l&rsquo;\u00e9crivain, celui de l&rsquo;artiste, auquel est constamment renvoy\u00e9e sa propre biographie. Mais il interroge aussi la place et le statut de l&rsquo;Arabe de la seconde g\u00e9n\u00e9ration dont le d\u00e9sir d&rsquo;invisibilit\u00e9 ou le \u00ab\u00a0droit \u00e0 la m\u00e9diocrit\u00e9\u00a0\u00bb &#8211; que revendique lors d&rsquo;un d\u00e9bat t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 hom\u00e9rique le h\u00e9ros &#8211; est constamment mis en \u00e9chec par les injonctions contradictoires d&rsquo;une extr\u00eame droite racisante et d&rsquo;une extr\u00eame gauche identitariste.<\/p>\n<p><em>Youssef Salem&#8230;<\/em> pourrait n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une succession de vignettes dr\u00f4les et intelligentes. Mais c&rsquo;est plus que cela. Elles s&rsquo;encha\u00eenent dans une histoire comme je les aime, avec un d\u00e9but, un milieu et une fin, sans flashbacks inutilement acrobatiques, ni ellipses savamment d\u00e9routantes. Ramzy Bedia, longtemps cantonn\u00e9 \u00e0 des r\u00f4les comiques, y d\u00e9montre la richesse de sa palette. Les seconds r\u00f4les y sont excellents, \u00e0 commencer bien entendu par No\u00e9mie Lvovsky, toujours \u00e9tonnante, et Melha B\u00e9dia qui incarne le r\u00f4le de la petite s\u0153ur du h\u00e9ros, en r\u00e9volte permanente contre le m\u00e9pris, r\u00e9el ou fantasm\u00e9, dans laquelle elle s&rsquo;estime tenue du fait de son sexe, de sa culture ou de sa morphologie (on, apprend gr\u00e2ce \u00e0 elle un nouveau mot : l&rsquo;islamo-grossophobie).<\/p>\n<p>J&rsquo;ai beau chercher, je ne trouve \u00e0 ce film qu&rsquo;un seul d\u00e9faut : son titre.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19599175&amp;cfilm=288266.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Youssef Salem (Ramzy Bedia), la quarantaine bien entam\u00e9e, vient de publier son premier roman. Le Choc toxique raconte la relation compliqu\u00e9e d&rsquo;un enfant issu de l&rsquo;immigration \u00e0 la sexualit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;intime. 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