{"id":20209,"date":"2023-07-14T08:23:23","date_gmt":"2023-07-14T07:23:23","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=20209"},"modified":"2023-07-18T10:55:22","modified_gmt":"2023-07-18T09:55:22","slug":"cleo-melvil-et-moi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2023\/07\/14\/cleo-melvil-et-moi\/","title":{"rendered":"Cl\u00e9o, Melvil et moi \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img5.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/23\/02\/21\/14\/16\/3498432.jpg\" width=\"347\" height=\"430\" \/>La cinquantaine bien entam\u00e9e, Arnaud Viard a pass\u00e9 le confinement \u00e0 Paris, avec Cl\u00e9o et Melvil, ses deux enfants. Il partage leur garde avec leur m\u00e8re (Romane Bohringer) dont il est depuis peu s\u00e9par\u00e9. Dans le sixi\u00e8me arrondissement d\u00e9sert, il rencontre Marianne, une s\u00e9duisante pharmacienne.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai eu le coup de foudre pour ce film minuscule, que ne diffuse qu&rsquo;une poign\u00e9e de salles presqu&rsquo;exclusivement parisiennes et dont les lecteurs de cette critique me feront le reproche, apr\u00e8s l&rsquo;avoir lue, de ne pas pouvoir le voir pr\u00e8s de chez eux.<br \/>\nJ&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 ador\u00e9 son premier film, <em>Clara et moi<\/em>, son deuxi\u00e8me, ironiquement intitul\u00e9 <em>Arnaud fait son deuxi\u00e8me film<\/em>, et son troisi\u00e8me, adapt\u00e9 d&rsquo;un recueil de nouvelles d&rsquo;Anna Gavalda, <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2020\/01\/27\/je-voudrais-que-quelquun-mattende-quelque-part\/\"><em>Je voudrais que quelqu&rsquo;un m&rsquo;attende quelque part<\/em><\/a>. Cet unanimisme est incontestablement le signe de ma subjectivit\u00e9 pour un r\u00e9alisateur dont la vie ressemble \u00e0 la mienne (provincial, issu de la classe moyenne, mont\u00e9 \u00e0 Paris) et dont la sensibilit\u00e9 me touche.<\/p>\n<p>En soixante-treize minutes \u00e0 peine, <em>Cl\u00e9o Melvil et moi<\/em> entrelace trois histoires. La premi\u00e8re est une chronique heureuse du confinement. Cet \u00e9v\u00e9nement que nous avons tous v\u00e9cu et que nous n&rsquo;oublierons jamais, peut-\u00eatre l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement collectif le plus traumatisant qu&rsquo;il sera donn\u00e9 de vivre \u00e0 notre g\u00e9n\u00e9ration, trop jeune pour avoir travers\u00e9 la Seconde guerre mondiale et l&rsquo;Occupation, risque fort d&rsquo;inspirer le cin\u00e9ma pendant des ann\u00e9es. Je m&rsquo;\u00e9tonne d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;\u00e0 ce jour, aussi peu de films s&rsquo;en soient nourris. Arnaud Viard en offre une vision paradoxalement apais\u00e9e, d\u00e9pourvue de l&rsquo;angoisse ou de l&rsquo;impuissance qui lui sont souvent attach\u00e9es. Il peint en noir et blanc un Paris d\u00e9sert et silencieux o\u00f9 le confinement offre \u00e0 un vieux p\u00e8re l&rsquo;occasion inesp\u00e9r\u00e9e de passer du temps avec ses jeunes enfants. Les jeux qu&rsquo;il partage avec ces deux petits monstres d\u00e9bordant d&rsquo;\u00e9nergie et sourds \u00e0 toute discipline, les repas, les couchers &#8211; qui, \u00e0 mes yeux de p\u00e8re mal aimant, auraient constitu\u00e9 la pire des \u00e9preuves &#8211; sont d\u00e9crits avec beaucoup de tendresse et d&rsquo;amour.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me fil narratif est un retour en voix off sur l&rsquo;enfance d&rsquo;Arnaud, dans les 70ies, entre Lyon et Dijon. Il y \u00e9voque la figure surplombante de son p\u00e8re, un chirurgien passionn\u00e9 de football avec lequel on comprend qu&rsquo;Arnaud a v\u00e9cu une relation m\u00ealant l&rsquo;admiration et l&rsquo;hostilit\u00e9. Le p\u00e8re et son fils partageaient une passion commune pour le football et ont vibr\u00e9 ensemble devant l&rsquo;incroyable <em>remontada<\/em> des Verts de Saint-Etienne devant le Dynamo de Kiev en 1976. La s\u00e9quence video m&rsquo;a mis les larmes aux yeux et m&rsquo;a rappel\u00e9 un autre souvenir inoubliable que je partage avec tous les enfants de ma g\u00e9n\u00e9ration : la demie-finale perdue face \u00e0 l&rsquo;Allemagne \u00e0 S\u00e9ville en juillet 1982.<\/p>\n<p>Enfin, <em>Cl\u00e9o, Melvil et moi<\/em> raconte une histoire d&rsquo;amour : celle qui s&rsquo;\u00e9bauche entre Arnaud Viard et Marianne Denicourt, qu&rsquo;on avait d\u00e9couverte au cin\u00e9ma au tournant des 90ies, notamment devant la cam\u00e9ra d&rsquo;Arnaud Desplechin avec qui elle avait entretenu une liaison orageuse et qui, \u00e0 cinquante ans pass\u00e9s, n&rsquo;a rien perdu de son charme lumineux.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19600322&amp;cfilm=312085.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La cinquantaine bien entam\u00e9e, Arnaud Viard a pass\u00e9 le confinement \u00e0 Paris, avec Cl\u00e9o et Melvil, ses deux enfants. 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