{"id":20269,"date":"2025-12-02T07:35:46","date_gmt":"2025-12-02T06:35:46","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=20269"},"modified":"2025-12-02T11:45:35","modified_gmt":"2025-12-02T10:45:35","slug":"muriel-ou-le-temps-dun-retour-1963","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2025\/12\/02\/muriel-ou-le-temps-dun-retour-1963\/","title":{"rendered":"Muriel ou le temps d&rsquo;un retour (1963) \u2605\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img4.acsta.net\/r_1920_1080\/medias\/nmedia\/18\/94\/06\/45\/20300707.jpg\" width=\"347\" height=\"430\" \/>\u00c0 Boulogne-sur-mer \u00e0 l&rsquo;automne 1962, une veuve, antiquaire de profession, H\u00e9l\u00e8ne Aughain (Delphine Seyrig), la quarantaine, s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 retrouver Alphonse Noyard (Jean-Pierre K\u00e9rien), un homme qu&rsquo;elle a failli \u00e9pouser vingt ans plus t\u00f4t. L&rsquo;homme, \u00e9l\u00e9gant et s\u00e9ducteur, arrive \u00e0 la gare de Boulogne avec Fran\u00e7oise (Nita Klein) une actrice d\u00e9butante qu&rsquo;il pr\u00e9sente comme sa ni\u00e8ce. Il pr\u00e9tend avoir tenu un \u00e9tablissement en Alg\u00e9rie. H\u00e9l\u00e8ne partage son appartement avec son beau-fils, Bernard Aughain (Jean-Baptiste Thier\u00e9e) qui vient d&rsquo;achever son service militaire en Alg\u00e9rie et en est revenu avec des pulsions suicidaires.<\/p>\n<p>Adolescent, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 follement amoureux d&rsquo;une jeune fille. Elle s&rsquo;appelait Muriel. Depuis quarante ans, le film d&rsquo;Alain Resnais me faisait de l&rsquo;\u0153il. Mais je n&rsquo;avais jamais eu l&rsquo;occasion de le voir. Une r\u00e9trospective organis\u00e9e par le Reflet M\u00e9dicis en l&rsquo;honneur de Delphine Seyrig m&rsquo;en a enfin donn\u00e9 l&rsquo;occasion.<\/p>\n<p><em>Muriel<\/em> est le troisi\u00e8me film d&rsquo;Alain Resnais, apr\u00e8s <em>Hiroshima mon amour<\/em> et <em>L&rsquo;Ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad<\/em>. Le sc\u00e9nario du premier \u00e9tait sign\u00e9 Marguerite Duras ; celui du deuxi\u00e8me Alain Robbe-Grillet. Difficile de se placer sous des auspices moins prestigieux et moins intimidants &#8211; m\u00eame si ces deux \u00e9crivains n&rsquo;\u00e9taient pas les monstres sacr\u00e9s qu&rsquo;ils sont depuis devenus.<\/p>\n<p>Toute l&rsquo;\u0153uvre de Resnais est dans ces premiers films, qui resteront aux yeux de la post\u00e9rit\u00e9 les plus c\u00e9l\u00e8bres. Il tourne le dos au naturalisme, \u00e0 l&rsquo;intrigue, \u00e0 la lin\u00e9arit\u00e9 &#8211; m\u00eame si <em>Muriel<\/em> est plus lin\u00e9aire que <em>La vie est un roman<\/em> par exemple o\u00f9 des personnages de diff\u00e9rentes \u00e9poques se croisent au risque de perdre le spectateur. Son montage est elliptique, renvoyant de la r\u00e9alit\u00e9 une \u00ab\u00a0vision quasi cubiste\u00a0\u00bb (l&rsquo;expression, particuli\u00e8rement intelligente, est de Michel Marie). Ses personnages, \u00e0 la diff\u00e9rence des personnages des films et des romans qui dominaient jusqu&rsquo;alors, ne se r\u00e9sument pas \u00e0 un trait de caract\u00e8re. Ils sont libres, impr\u00e9visibles, parfois incoh\u00e9rents. Leurs \u00ab\u00a0histoires\u00a0\u00bb si tant est qu&rsquo;on puisse utiliser ce mot n&rsquo;ont aucun \u00ab\u00a0sens\u00a0\u00bb et d\u00e9pendent autant du libre arbitre que du d\u00e9terminisme social et historique.<\/p>\n<p>Je suis ravi d&rsquo;\u00eatre all\u00e9 voir <em>Muriel<\/em>. Pour tourner la page de mes amours adolescentes. Et pour finir de d\u00e9couvrir l&rsquo;\u0153uvre passionnante d&rsquo;un des plus grands cin\u00e9astes fran\u00e7ais. Pour autant, j&rsquo;ai v\u00e9cu la m\u00eame incompr\u00e9hension que devant <em>Hiroshima mon amour <\/em>ou <em>L&rsquo;Ann\u00e9e derni\u00e8re<\/em>&#8230; Le cin\u00e9ma de Resnais est d\u00e9cid\u00e9ment beaucoup trop intellectuel pour moi. Loin de m&#8217;emporter, il m&rsquo;ennuie.<\/p>\n<p>Jacques Lourcelles disait de Resnais dans son <em>Dictionnaire du cin\u00e9ma<\/em>, mon livre de chevet, qu&rsquo;il \u00e9tait \u00ab\u00a0l&rsquo;intellectuel le plus ennuyeux qui ait paru dans son si\u00e8cle\u00a0\u00bb. La critique est outr\u00e9e&#8230; mais elle n&rsquo;est pas d\u00e9nu\u00e9e de fondement.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19468551&amp;cfilm=68447.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Boulogne-sur-mer \u00e0 l&rsquo;automne 1962, une veuve, antiquaire de profession, H\u00e9l\u00e8ne Aughain (Delphine Seyrig), la quarantaine, s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 retrouver Alphonse Noyard (Jean-Pierre K\u00e9rien), un homme qu&rsquo;elle a failli \u00e9pouser vingt ans plus t\u00f4t. L&rsquo;homme, \u00e9l\u00e9gant et s\u00e9ducteur, arrive \u00e0 la gare de Boulogne avec Fran\u00e7oise (Nita Klein) une actrice d\u00e9butante qu&rsquo;il pr\u00e9sente comme sa ni\u00e8ce. 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