{"id":21130,"date":"2023-10-23T07:08:04","date_gmt":"2023-10-23T06:08:04","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=21130"},"modified":"2023-10-23T10:49:30","modified_gmt":"2023-10-23T09:49:30","slug":"le-festin-nu-1991","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2023\/10\/23\/le-festin-nu-1991\/","title":{"rendered":"Le Festin nu (1991) \u2605\u2605\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img3.acsta.net\/r_1920_1080\/medias\/nmedia\/18\/89\/41\/43\/20052107.jpg\" width=\"347\" height=\"430\" \/>En 1953, \u00e0 New York, William Lee (Peter Weller, devenu alors r\u00e9cemment c\u00e9l\u00e8bre dans le r\u00f4le titre de <em>Robocop<\/em>) replonge dans la drogue quand sa femme (Judy Davis) le convainc , comme elle le faisait jusqu&rsquo;alors en cachette, de s&rsquo;injecter l&rsquo;insecticide qui lui est fourni par la soci\u00e9t\u00e9 qui l&#8217;emploie comme exterminateur. La consultation d&rsquo;un charlatan, le Dr Benway (Roy Scheider, garde-c\u00f4te d&rsquo;anthologie dans <em>Les Dents de la mer<\/em>), qui au lieu de soigner son addiction l&rsquo;y enfonce, le d\u00e9soriente encore un peu plus. Apr\u00e8s avoir tu\u00e9 accidentellement sa femme, Lee se retrouve en Interzone, un Maghreb de cauchemar dont Lee serait devenu l&rsquo;agent involontaire. Il y tape ses rapports sur des machines \u00e0 \u00e9crire mi-m\u00e9caniques, mi-organiques qui se r\u00e9v\u00e8lent poss\u00e9der une vie \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais rat\u00e9 <em>Le Festin nu<\/em> \u00e0 sa sortie en 1992. Je me souviens m\u00eame avoir failli le voir avec mon ami Henri \u00e0 ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas encore l&rsquo;UGC Cin\u00e9 Cit\u00e9 Les Halles et qui s&rsquo;appelait je crois le Forum Horizon. Pour une raison que j&rsquo;ai oubli\u00e9e, nous avions chang\u00e9 d&rsquo;avis et \u00e9tions all\u00e9s faire (ou voir ?) je ne sais quoi. Sa reprise en salles, pr\u00e8s de trente ans plus tard, me permet enfin de l&rsquo;y voir. Film\u00e9 dans des 50ies de carton-p\u00e2te, il n&rsquo;a pas pris une ride. La patte de Cronenberg y est imm\u00e9diatement identifiable avec son obsession gore pour des cr\u00e9atures visqueuses et cauchemardesques.<\/p>\n<p>Cronenberg est un artisan qui, avant les progr\u00e8s que les technologies permirent depuis, bricolait \u00e0 la main ses effets sp\u00e9ciaux. Les cr\u00e9atures improbables du F<em>estin nu<\/em> n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 dessin\u00e9es \u00e0 la palette graphique mais r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle avec du latex et de la colle. Le proc\u00e9d\u00e9 donne \u00e0 l&rsquo;image un c\u00f4t\u00e9 un peu vieillot, un peu amateur.<\/p>\n<p>L&rsquo;univers hallucin\u00e9 de Burroughs est parfaitement raccord avec celui du r\u00e9alisateur canadien qui \u00e9tait alors \u00e0 l&rsquo;apog\u00e9e de sa carri\u00e8re, \u00e0 l&rsquo;approche de la cinquantaine, apr\u00e8s les succ\u00e8s de <em>La Mouche<\/em> et de <em>Faux-semblants<\/em>. Si son film porte le titre du plus c\u00e9l\u00e8bre roman de Burroughs, il assemble en fait des \u00e9l\u00e9ments tir\u00e9s de plusieurs autres livres :\u00a0<em>Junky<\/em>,\u00a0<em>Exterminator<\/em>,\u00a0<em>Queer<\/em>,\u00a0<em>Interzone<\/em>&#8230;<br \/>\n<em>Wikipedia<\/em> pr\u00e9sente, mieux que je ne saurais le faire, le livre de Burroughs : \u00ab\u00a0Le\u00a0<i>Festin nu<\/i> se veut une descente cauchemardesque dans l&rsquo;esprit d&rsquo;un junkie, transcendant la forme classique du roman en le d\u00e9structurant, maltraitant la forme et le fond, donnant chair \u00e0 ses divagations morphinis\u00e9es dans des all\u00e9gories oscillant de la science-fiction \u00e0 la trag\u00e9die, parlant de modifications corporelles, d&rsquo;orgies homosexuelles, de complots et de cr\u00e9atures angoissantes, dans un pays \u00e9trange, lieu de toutes les folies, nomm\u00e9 Interzone.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce r\u00e9sum\u00e9 conviendrait parfaitement au film de Cronenberg. Paradoxalement, la rencontre de cet \u00e9crivain sous emprise et de ce r\u00e9alisateur visionnaire, si elle donne naissance \u00e0 un univers fantastique \u00e0 nul autre pareil, produit un r\u00e9sultat assez sage dont la cl\u00e9 se comprend (trop) ais\u00e9ment : William Lee est le double autobiographique de Burroughs qui, \u00e0 Tanger au Maroc, au mitan des 50ies, y teste toutes sortes de drogues, assume ouvertement son homosexualit\u00e9 et tente avec sa machine \u00e0 \u00e9crire de mettre des mots sur les exp\u00e9riences qu&rsquo;il traverse.<\/p>\n<p><em>Le Festin nu<\/em> est aujourd&rsquo;hui un film-culte. Il n&rsquo;a pas vol\u00e9 ce statut. Mais je m&rsquo;attendais \u00e0 un spectacle plus d\u00e9jant\u00e9 que celui, somme toute tr\u00e8s raisonnable qu&rsquo;il nous propose.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19426019&amp;cfilm=470.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1953, \u00e0 New York, William Lee (Peter Weller, devenu alors r\u00e9cemment c\u00e9l\u00e8bre dans le r\u00f4le titre de Robocop) replonge dans la drogue quand sa femme (Judy Davis) le convainc , comme elle le faisait jusqu&rsquo;alors en cachette, de s&rsquo;injecter l&rsquo;insecticide qui lui est fourni par la soci\u00e9t\u00e9 qui l&#8217;emploie comme exterminateur. 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