{"id":21204,"date":"2023-11-01T10:21:52","date_gmt":"2023-11-01T09:21:52","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=21204"},"modified":"2023-11-01T10:22:04","modified_gmt":"2023-11-01T09:22:04","slug":"killers-of-the-flower-moon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2023\/11\/01\/killers-of-the-flower-moon\/","title":{"rendered":"Killers of the Flower Moon \u2605\u2605\u2605\u2605"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img6.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/23\/09\/07\/15\/29\/3855640.jpg\" width=\"347\" height=\"430\" \/>Lorsque l&rsquo;exploitation p\u00e9troli\u00e8re d\u00e9buta en Oklahoma au d\u00e9but du XXi\u00e8me si\u00e8cle, les Indiens Osage, propri\u00e9taires des terres arides qui leur avaient \u00e9t\u00e9 conc\u00e9d\u00e9es, devinrent du jour au lendemain immens\u00e9ment riches. Cette manne attira imm\u00e9diatement des Blancs cupides. Cette page m\u00e9connue de l&rsquo;histoire am\u00e9ricaine a constitu\u00e9 la mati\u00e8re du livre de David Grann (auteur de <em>The Lost City of Z<\/em>) que Martin Scorsese porte \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran.<\/p>\n<p>L&rsquo;automne du cin\u00e9ma est aussi celui des r\u00e9alisateurs. Apr\u00e8s ceux de Roman Polanski (90 ans), de Frederick Wiseman (93 ans), de Nani Moretti (70 ans), de Woody Allen (87 ans), de Wim Wenders (78 ans) et de Ken Loach (87 ans) ces derni\u00e8res semaines, sortent en salles ce mois-ci des films de fringants octog\u00e9naires : Hayao Miyazaki (82 ans), Ridley Scoot (85 ans), Denys Arcand (82 ans), Barbet Schroeder (82 ans)&#8230;. Si Clint Eastwood, James Ivory et Costa-Gavras s&rsquo;en m\u00ealaient, on pourrait cr\u00e9er un EPHAD de luxe baptis\u00e9 l&rsquo;Ancienne Vague, rassemblant les gloires toujours sacr\u00e9ment cr\u00e9atives du septi\u00e8me art.<\/p>\n<p>Martin Scorsese (80 ans) en serait probablement le <em>capo dei tutti capi<\/em>, le parrain des parrains. L&rsquo;ancien s\u00e9minariste new-yorkais tourne des films depuis plus de cinquante ans, avec son alter ego, Robert De Niro, qui interpr\u00e8te ici William Hale, un riche \u00e9leveur de b\u00e9tail qui passe pour le meilleur ami des Osages alors qu&rsquo;il complote secr\u00e8tement \u00e0 leur perte. L&rsquo;autre acteur f\u00e9tiche de Scorsese depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, son fils d&rsquo;adoption, Leonardo DiCaprio joue le deuxi\u00e8me r\u00f4le titre. Il interpr\u00e8te le neveu de William Hale, d\u00e9mobilis\u00e9 apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, devenu le complice plus ou moins lucide des manoeuvres du patriarche. Comme souvent dans les films hyper-virils de Scorsese, les femmes y sont\u00a0 r\u00e9duites \u00e0 la portion congrue. La prestation de Lily Gladstone, d\u00e9couverte chez Kelly Reichardt, n&rsquo;en est que plus admirable. Dans le r\u00f4le de Mollie, la riche Indienne que William Hale pousse son neveu \u00e0 \u00e9pouser et dont celui-ci tombera amoureux, elle en impose par son hi\u00e9ratisme, par ses silences, par son sourire en demi-teinte.<\/p>\n<p>On a beaucoup glos\u00e9 sur la dur\u00e9e indigeste de <em>Killers of the Flower Moon<\/em> : 3h26. Force m&rsquo;est de reconna\u00eetre que c&rsquo;est par sa faute que j&rsquo;ai mis pr\u00e8s de deux semaines \u00e0 le voir, soit que je n&rsquo;en trouvais pas le temps dans un agenda un peu charg\u00e9, soit que je n&rsquo;estimais pas disposer du \u00ab\u00a0temps de cerveau disponible\u00a0\u00bb pour m&rsquo;y plonger dans de bonnes conditions. Pour autant, vu l&rsquo;ambition du film, une telle dur\u00e9e n&rsquo;a rien de disproportionn\u00e9e. Les plus grands films d\u00e9passent all\u00e8grement les quatre-vingt-dix minutes canoniques : <em>Autant en emporte le vent<\/em>, <em>Ben-Hur<\/em>,<em> Lawrence d&rsquo;Arabie<\/em>, <em>2001, Odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em>, <em>La Liste Schindler<\/em>&#8230;<br \/>\nSa dur\u00e9e est d&rsquo;autant moins pesante qu&rsquo;on ne regarde jamais sa montre, happ\u00e9 par la fluidit\u00e9 d&rsquo;un sc\u00e9nario qui ne m\u00e9nage aucun temps mort. On est loin pour autant du rythme fr\u00e9n\u00e9tique de certains des films de Scorsese, tourn\u00e9s sous acide, \u00e9puisants \u00e0 force d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rations. C&rsquo;est Jacques Morice dans T\u00e9l\u00e9rama qui \u00e9crit tr\u00e8s intelligemment que le cin\u00e9ma de Scorsese se rapproche du classicisme d&rsquo;un <em>Eastwood<\/em>, sans effet de manche, sans tentation du spectaculaire. Par exemple, une course de vieilles automobiles rutilantes dans les rues de Fairfax, dont on imagine en fr\u00e9missant le prix que sa reconstitution a co\u00fbt\u00e9, est pli\u00e9e en quelques plans \u00e0 peine alors que les sc\u00e8nes cl\u00e9s du film sont des face-\u00e0-face en champ-contrechamp film\u00e9s dans une salle de s\u00e9jour sans appr\u00eat.<\/p>\n<p><em>Killers of the Flower Moon<\/em> s&rsquo;inscrit \u00e0 la crois\u00e9e des genres. Son sujet fait penser aux westerns ; mais il louche aussi vers la saga historique, le film noir, le film de mafia, le polar&#8230; Il se noue et se d\u00e9noue avec une (trop ?) parfaite ma\u00eetrise dans sa derni\u00e8re demi-heure, alors que la lassitude aurait pu commencer \u00e0 se faire sentir. Du grand oeuvre, <em>maestro<\/em> !<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19602451&amp;cfilm=245813.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque l&rsquo;exploitation p\u00e9troli\u00e8re d\u00e9buta en Oklahoma au d\u00e9but du XXi\u00e8me si\u00e8cle, les Indiens Osage, propri\u00e9taires des terres arides qui leur avaient \u00e9t\u00e9 conc\u00e9d\u00e9es, devinrent du jour au lendemain immens\u00e9ment riches. Cette manne attira imm\u00e9diatement des Blancs cupides. 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