{"id":23653,"date":"2024-08-04T07:42:42","date_gmt":"2024-08-04T06:42:42","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=23653"},"modified":"2024-08-04T08:02:41","modified_gmt":"2024-08-04T07:02:41","slug":"retrospective-marcel-pagnol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2024\/08\/04\/retrospective-marcel-pagnol\/","title":{"rendered":"R\u00e9trospective Marcel Pagnol \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img2.acsta.net\/r_1920_1080\/img\/09\/f3\/09f34ada26a4cf9a4c90801462a24795.jpg\" width=\"347\" height=\"430\" \/>\u00c0 l&rsquo;occasion des cinquante ans de la mort de Marcel Pagnol (1895-1974) est donn\u00e9e une r\u00e9trospective de ses films en version restaur\u00e9e. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de les voir ou de les revoir en salles et de ranimer le souvenir lointain que leur diffusion \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision avait fait na\u00eetre.<\/p>\n<p>Tout gamin, parce que mes parents m&rsquo;avaient offert <em>La Gloire de mon p\u00e8re<\/em> et que j&rsquo;en avais aim\u00e9 la lecture, je me suis mis \u00e0 acheter compulsivement et \u00e0 lire toute l&rsquo;oeuvre de Pagnol, jusqu&rsquo;\u00e0 ses titres les moins connus et les plus dispensables : <em>Les Marchands de gloire<\/em>, <em>Jazz<\/em>, <em>Judas<\/em>, <em>Fabien<\/em>&#8230;. Je l&rsquo;ai encore, sur une \u00e9tag\u00e8re de ma biblioth\u00e8que, dans de vieilles \u00e9ditions de poche jaunies d&rsquo;une collection Presses Pocket aujourd&rsquo;hui disparue.<\/p>\n<p>Je crois avoir vu certains de ses films enfant \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Je me souviens nettement de la trilogie marseillaise (<em>Marius<\/em>, <em>Fanny<\/em>, <em>C\u00e9sar<\/em>) et de sa c\u00e9l\u00e8bre partie de cartes, de <em>La Femme du boulanger<\/em> et de la non moins c\u00e9l\u00e8bre tirade de Raimu (\u00ab\u00a0Ah ! la revoil\u00e0 la Pomponette !\u00a0\u00bb). N&rsquo;\u00e9tant plus tr\u00e8s s\u00fbr d&rsquo;avoir vu les six autres films de cette r\u00e9trospective (<em>Jofroi<\/em>, <em>Ang\u00e8le<\/em>, <em>Regain<\/em>, <em>Le Schpountz<\/em>, <em>La Fille du puisatier<\/em>, <em>Topaze<\/em>), j&rsquo;ai profit\u00e9 de la pause estivale, et de la climatisation en surr\u00e9gime de la salle 1 du Champo, pour les enquiller &#8211; et m&rsquo;y enrhumer ce qui est un comble en cette saison. Sacr\u00e9 gageure, chaque film durant plus de deux heures, \u00e0 l&rsquo;exception de <em>Jofroi<\/em>, un moyen m\u00e9trage de cinquante-deux minutes \u00e0 peine, aux airs de nouvelle.<\/p>\n<p>J&rsquo;y ai retrouv\u00e9, telle une madeleine de Proust, une langue. L&rsquo;accent m\u00e9ridional auquel Pagnol a donn\u00e9 ses lettres de noblesse. Mais aussi un fran\u00e7ais incroyablement ch\u00e2ti\u00e9 qui, loin d&rsquo;\u00eatre dialectal ou vulgaire, frise la pr\u00e9ciosit\u00e9. Et des <em>punchlines<\/em>, comme on dit aujourd&rsquo;hui, qui font mouche (\u00ab\u00a0Tu n&rsquo;es pas un bon \u00e0 rien ; tu es un mauvais en tout !\u00a0\u00bb). Car la langue est le moteur de ce th\u00e9\u00e2tre film\u00e9. C&rsquo;est par elle que l&rsquo;action progresse.<\/p>\n<p>Le cin\u00e9ma de Pagnol, c&rsquo;est aussi une troupe d&rsquo;acteurs inoubliables. Raimu et Fernandel viennent en t\u00eate. Ils font tellement partie de notre imaginaire collectif qu&rsquo;on a oubli\u00e9 de les regarder pour ce qu&rsquo;ils sont : des acteurs \u00e0 la pr\u00e9sence magn\u00e9tique. La sc\u00e8ne o\u00f9 Fernandel r\u00e9cite sur tous les tons \u00ab\u00a0Tout condamn\u00e9 \u00e0 mort aura la t\u00eate tranch\u00e9e\u00a0\u00bb dans <em>Le Schpountz<\/em> est mythique. Il suffit qu&rsquo;ils entrent en sc\u00e8ne pour aimanter le regard. Mais ils ne sont pas seuls. Les entourent une bande de com\u00e9diens que Pagnol a su fid\u00e9liser et avec lesquels on se pla\u00eet \u00e0 imaginer de film en film les joyeuses retrouvailles : Charpin (le Panisse de la Trilogie), Blavette, Poupon, Maupi, Delmont&#8230; sans oublier les actrices qu&rsquo;il a fait jouer &#8211; apr\u00e8s les avoir mises dans son lit ou avant de les y mettre &#8211; Orane Demazis, Josette Day, Jacqueline Pagnol&#8230;<\/p>\n<p>L&rsquo;oeuvre de Pagnol, d&rsquo;une grande coh\u00e9rence, a-t-elle pour autant bien vieilli ? Elle pr\u00eate doublement le flanc \u00e0 la critique.<br \/>\nD&rsquo;une part, volontiers maurrassienne sinon p\u00e9tainiste, elle fait l&rsquo;\u00e9loge de la terre &#8211; qui, on le sait, ne ment pas, elle. La ruralit\u00e9, ses vraies valeurs, le dur labeur n\u00e9cessaire \u00e0 son travail nourricier sont constamment oppos\u00e9s \u00e0 la ville et \u00e0 ses artifices.<br \/>\nD&rsquo;autre part, le cin\u00e9ma de Pagnol est patriarcal. L&rsquo;homme y est le chef de famille derri\u00e8re lequel la femme doit se taire et s&rsquo;effacer &#8211; m\u00eame si ce machisme est parfois tourn\u00e9 en d\u00e9rision. La \u00ab\u00a0fille perdue\u00a0\u00bb, prompte \u00e0 c\u00e9der aux manoeuvres s\u00e9ductrices du premier bell\u00e2tre venu qui l&rsquo;engrossera avant de la mettre sur le trottoir, ternissant \u00e0 jamais son honneur, est une figure r\u00e9currente dans l&rsquo;oeuvre de Pagnol. On la trouve sous diff\u00e9rentes variantes dans <em>Fanny<\/em>, dans <em>Ang\u00e8le<\/em> et dans <em>La Femme du puisatier<\/em>.<br \/>\nIl est \u00e9tonnant que les wokes ne se soient pas encore empar\u00e9s de ces arguments et n&rsquo;aient pas d\u00e9coch\u00e9 \u00e0 Marcel Pagnol quelques fl\u00e8ches anachroniques.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=20606275&amp;cfilm=6089.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l&rsquo;occasion des cinquante ans de la mort de Marcel Pagnol (1895-1974) est donn\u00e9e une r\u00e9trospective de ses films en version restaur\u00e9e. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de les voir ou de les revoir en salles et de ranimer le souvenir lointain que leur diffusion \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision avait fait na\u00eetre. Tout gamin, parce que mes parents m&rsquo;avaient [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-23653","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-films-anciens"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23653","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23653"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23653\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23719,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23653\/revisions\/23719"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23653"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23653"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23653"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}