{"id":26413,"date":"2025-07-31T06:35:27","date_gmt":"2025-07-31T05:35:27","guid":{"rendered":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=26413"},"modified":"2025-07-31T06:35:36","modified_gmt":"2025-07-31T05:35:36","slug":"claude-chabrol-premiere-vague-1958-1973","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2025\/07\/31\/claude-chabrol-premiere-vague-1958-1973\/","title":{"rendered":"Claude Chabrol, premi\u00e8re vague (1958-1973) \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img4.acsta.net\/r_1920_1080\/img\/b9\/0f\/b90fa10e6eccd494fcb8c5fdfa84178f.jpg\" width=\"347\" height=\"430\" \/><\/p>\n<p>Le Champo, \u00e0 Paris, programme pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 une r\u00e9trospective Claude Chabrol. Douze films sont \u00e0 l&rsquo;affiche, tourn\u00e9s entre 1958 et 1973. Il s&rsquo;agit des premiers de ce r\u00e9alisateur particuli\u00e8rement prolifique : il en tourna environ soixante-dix pour le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 2010.<\/p>\n<p>Chabrol est connu comme l&rsquo;un des chefs de file de la Nouvelle Vague. Il avait en effet fait ses premiers pas comme critique aux <em>Cahiers du cin\u00e9ma<\/em> avec Godard, Truffaut, Rivette. Ses tout premiers films (<em>Le Beau Serge<\/em> tourn\u00e9 sous la neige dans la Creuse avec l&rsquo;argent d&rsquo;un h\u00e9ritage touch\u00e9 par sa femme, <em>Les Cousins<\/em>, grand succ\u00e8s au box office) rompent avec les r\u00e8gles hi\u00e9ratiques du cin\u00e9ma de l&rsquo;\u00e9poque : petits budgets, acteurs inconnus, sujets naturalistes, tournage en noir et blanc&#8230;<\/p>\n<p>Mais tr\u00e8s vite, le cin\u00e9ma de Chabrol prend un autre chemin. <em>Les Godelureaux<\/em> en 1961 raconte l&rsquo;histoire burlesque d&rsquo;une bande de zazous parisiens, fa\u00e7on <em>La Dolce Vita, Breakfast at Tiffany&rsquo;s ou La Grande Bouffe<\/em>. Sous la bouffonnerie affleure la critique cynique d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 sans rep\u00e8res qui s&rsquo;ennuie.<\/p>\n<p>La r\u00e9trospective enjambe les ann\u00e9es soixante, pendant lesquelles Chabrol s&rsquo;\u00e9gare dans un cin\u00e9ma plus commercial, pour se focaliser sur ce qui constitue peut-\u00eatre le sommet de sa carri\u00e8re : les films r\u00e9alis\u00e9s avec son \u00e9pouse St\u00e9phane Audran et les acteurs auxquels le lie une amiti\u00e9 ind\u00e9fectible, Michel Bouquet, Michel Duchaussoy, Jean Yanne&#8230;.<br \/>\n<em>La Femme infid\u00e8le<\/em> (1969), <em>Que la b\u00eate meure<\/em> (1969), <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2025\/07\/26\/le-boucher-1970\/\"><em>Le Boucher<\/em><\/a> (1970), <em>Juste avant la nuit<\/em> (1971), <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2020\/07\/08\/les-noces-rouges\/\"><em>Les Noces rouges<\/em><\/a> (1973) sont des oeuvres balzaciennes. Devant la cam\u00e9ra de Chabrol, c&rsquo;est la France pompidolienne qui est racont\u00e9e, son conformisme, ses petits mensonges, mais aussi parfois sa grandeur d&rsquo;\u00e2me (qu&rsquo;on pense au h\u00e9ros du <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2025\/07\/26\/le-boucher-1970\/\"><em>Boucher<\/em><\/a> interpr\u00e9t\u00e9 par Jean Yanne). Claude Chabrol fait oeuvre de sociologue sinon de moraliste. Qui se demande \u00e0 quoi ressemble un bourgeois dans la France de Pompidou doit voir Michel Bouquet dans <em>La Femme infid\u00e8le<\/em> ; qui veut avoir une id\u00e9e de la vie en province \u00e0 cette \u00e9poque gagnerait \u00e0 regarder <em>Le Boucher<\/em>.<\/p>\n<p>Claude Chabrol utilise souvent comme point de d\u00e9part des romans de s\u00e9rie B, des polars am\u00e9ricains ou fran\u00e7ais dont il a rachet\u00e9 les droits. Les histoires qu&rsquo;il raconte sont des thrillers avec des meurtres, des cadavres, des policiers&#8230; Il prend son temps pour les filmer, comme de subtiles m\u00e9caniques hitchcockiennes, avec un tempo un peu mou qu&rsquo;on trouverait un peu lent aujourd&rsquo;hui. La France qu&rsquo;il raconte n&rsquo;existe plus : ses personnages fument au restaurant, boivent du whisky \u00e0 toutes heures du jour et mettent sans vergogne la main aux fesses de leurs peu farouches secr\u00e9taires .<\/p>\n<p>Claude Chabrol est-il pour autant d\u00e9mod\u00e9 ? Non. Car son cin\u00e9ma, avec une \u00e9tonnante \u00e9conomie de moyens, reste d&rsquo;une \u00e9tonnante modernit\u00e9, dans ses cadrages, dans l&rsquo;utilisation de la musique de Pierre Jansen (ultra-contemporaine m\u00eame si elle revisite parfois les canons de la musique classique), dans l&rsquo;\u00e9criture millim\u00e9tr\u00e9e du sc\u00e9nario.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ZgJeit4oyGs\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Champo, \u00e0 Paris, programme pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 une r\u00e9trospective Claude Chabrol. Douze films sont \u00e0 l&rsquo;affiche, tourn\u00e9s entre 1958 et 1973. Il s&rsquo;agit des premiers de ce r\u00e9alisateur particuli\u00e8rement prolifique : il en tourna environ soixante-dix pour le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 2010. 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