{"id":27087,"date":"2025-10-29T08:03:23","date_gmt":"2025-10-29T07:03:23","guid":{"rendered":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=27087"},"modified":"2025-10-29T11:31:28","modified_gmt":"2025-10-29T10:31:28","slug":"letranger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2025\/10\/29\/letranger\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00c9tranger \u2605\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img3.acsta.net\/r_1920_1080\/img\/b9\/cc\/b9cc22a9378857355a4efae5f6c76707.jpg\" width=\"347\" height=\"430\" \/><\/p>\n<p>Meursault (Benjamin Voisin), la vingtaine, vit \u00e0 Alger. Il exerce un petit emploi de bureau. Tout lui semble \u00e9tranger : la mort de sa m\u00e8re et son enterrement, qui ne lui arrachent pas une larme, l&rsquo;amour pur que lui voue Marie (Rebecca Marder) qui le laisse indiff\u00e9rent, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;assassinat d&rsquo;un Arabe qu&rsquo;il abat froidement sur la plage o\u00f9 il passait le dimanche en compagnie de son voisin, le prox\u00e9n\u00e8te Raymond Sint\u00e8s (Pierre Lottin).<\/p>\n<p><i>L&rsquo;\u00c9tranger\u00a0<\/i>est, de l&rsquo;avis g\u00e9n\u00e9ral, un grand livre, un des plus marquants du XXi\u00e8me si\u00e8cle, qui occupe sa place m\u00e9rit\u00e9e dans tous les programmes scolaires de litt\u00e9rature fran\u00e7aise. L&rsquo;adaptation qu&rsquo;en tire Fran\u00e7ois Ozon lui est d&rsquo;une grande fid\u00e9lit\u00e9. Apr\u00e8s celle de Visconti, dont il est de bon ton de dire qu&rsquo;elle fut rat\u00e9e et qui, en son temps, m&rsquo;avait copieusement ras\u00e9, celle-ci fera certainement date.<\/p>\n<p>Pourtant la critique que je vais en faire est un coup de gueule. Coup de gueule outr\u00e9, subjectif et lui-m\u00eame critiquable. Il tient avant tout \u00e0 ma relation \u00e0 ce roman de Camus que je n&rsquo;ai jamais aim\u00e9. Je me souviens de mon incompr\u00e9hension voire de mon d\u00e9sarroi en classe de troisi\u00e8me (ou peut-\u00eatre de seconde ? je ne sais pas (sic)) devant cette lecture impos\u00e9e. Cet anti-h\u00e9ros contrastait tellement avec les figures chevaleresques de mes romans pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s : Jean Valjean, Etienne Lantier, Julien Sorel, Lucien de Rubempr\u00e9&#8230; Pourquoi tant d&rsquo;apathie ? pourquoi tant d&rsquo;indiff\u00e9rence au monde qui l&rsquo;entoure ? Avec ma fougue adolescente, j&rsquo;avais envie &#8211; et cette envie ne m&rsquo;a jamais quitt\u00e9 &#8211; de secouer Meursault, de lui enjoindre d&rsquo;aimer la vie et ses promesses, plut\u00f4t que de sombrer dans une r\u00e9signation suicidaire.<\/p>\n<p>On me r\u00e9pliquera &#8211; et on aura raison &#8211; que Meursault incarne la condition humaine mieux que les grands h\u00e9ros glorieux de la litt\u00e9rature du XIX\u00e8me. Certes. Pour autant, mon incompr\u00e9hension et mon aversion pour ce roman n&rsquo;ont jamais disparu. Au-del\u00e0 de sa figure principale, un point m&rsquo;a toujours g\u00ean\u00e9 dans sa construction que je trouve d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e. : sa seconde partie, rythm\u00e9e par les t\u00eate-\u00e0-t\u00eate de Meursault en prison avec son avocat, les juges et un aum\u00f4nier, m&rsquo;a toujours sembl\u00e9 interminable.<\/p>\n<p>L&rsquo;adaptation qu&rsquo;en signe Ozon est, dis\u00e9-je, d&rsquo;une grande fid\u00e9lit\u00e9. Sa seule originalit\u00e9 : \u00e9viter l&rsquo;incipit tant attendu (\u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui Maman est morte&#8230;\u00a0\u00bb) et commencer en prison avec les mots \u00ab\u00a0J&rsquo;ai tu\u00e9 un Arabe\u00a0\u00bb &#8211; auxquels fera \u00e9cho lors du g\u00e9n\u00e9rique de fin la chanson culte de <em>The Cure<\/em>.<\/p>\n<p>Pour autant, le film rencontre selon moi deux \u00e9cueils. Le premier est une image hyper-l\u00e9ch\u00e9e, en noir et blanc, qui caresse les corps parfaits de Benjamin Voisin et Rebecca Marder, qui se p\u00e2me devant les paysages sublimes qu&rsquo;Ozon et son \u00e9quipe sont all\u00e9s filmer au Maroc. Son esth\u00e9tique est plus proche des pubs pour les parfums Armani ou Paco Rabanne que de la litt\u00e9rature existentialiste.<\/p>\n<p>Le second est la recontextualisation, politiquement tr\u00e8s bien pensante, de la question coloniale, gomm\u00e9e par Camus en son temps. Ozon filme l&rsquo;Alg\u00e9rie fran\u00e7aise, son r\u00e9gime d&rsquo;apartheid, ses Fran\u00e7ais bas du front et ses Arabes invisibilis\u00e9s&#8230; et, avec Kamel Daoud, redonne une identit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Arabe tu\u00e9 par Meursault que Camus n&rsquo;avait m\u00eame pas nomm\u00e9. N&rsquo;en jetez plus !<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=20625377&amp;cfilm=1000019380.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Meursault (Benjamin Voisin), la vingtaine, vit \u00e0 Alger. Il exerce un petit emploi de bureau. 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