{"id":28317,"date":"2026-03-18T07:38:25","date_gmt":"2026-03-18T06:38:25","guid":{"rendered":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=28317"},"modified":"2026-03-18T07:38:34","modified_gmt":"2026-03-18T06:38:34","slug":"les-rayons-et-les-ombres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2026\/03\/18\/les-rayons-et-les-ombres\/","title":{"rendered":"Les Rayons et les Ombres \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/fr.web.img3.acsta.net\/r_1920_1080\/img\/c4\/47\/c447be57bea5db08d582f557727e6a22.jpg\" width=\"347\" height=\"430\" \/><\/p>\n<p>N\u00e9 en 1901, Jean Luchaire \u00e9tat un journaliste et un pacifiste, ardent promoteur des relations franco-allemandes, un flambeur, un homme \u00e0 femmes. En 1940, il devient collaborationniste. Otto Abetz, l&rsquo;ambassadeur du Reich \u00e0 Paris, \u00e9tait son ami et lui faisait profiter de ses g\u00e9n\u00e9reux subsides. Jean Luchaire avait une fille, Corinne, n\u00e9e en 1921, qui devint, tr\u00e8s jeune, star de cin\u00e9ma, sous la direction notamment de L\u00e9onid Moguy.<\/p>\n<p>Xavier Giannoli (<a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2021\/10\/21\/illusions-perdues\/\"><em>Illusions perdues<\/em><\/a>, <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/02\/19\/lapparition\/\"><em>L&rsquo;Apparition<\/em><\/a>, <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2016\/10\/16\/marguerite\/\"><em>Marguerite<\/em><\/a>&#8230;) s&#8217;empare des vies de Jean et Corinne Luchaire pour brosser une immense fresque. Sa dur\u00e9e en impose : trois heures quinze. Cette dur\u00e9e est un choix voire un manifeste. Elle nous dit par avance que nous verrons un grand film et se condamne \u00e0 l&rsquo;\u00eatre, sauf \u00e0 d\u00e9cevoir gravement nos attentes.<\/p>\n<p>C&rsquo;est long et c&rsquo;est bon. Tr\u00e8s bon ? \u00c0 mon avis non. Je vais m&rsquo;en expliquer.<\/p>\n<p>Avec un budget de trente millions d&rsquo;euros, <em>Les Rayons et les Ombres<\/em> est l&rsquo;un des films les plus ambitieux de l&rsquo;ann\u00e9e. Gaumont n&rsquo;avait plus investi une telle somme depuis <em>L&rsquo;Empereur de Paris<\/em>, l&rsquo;un de ses plus grands bides. Souhaitons lui plus de succ\u00e8s. Les d\u00e9cors sont fastueux &#8211; on reconna\u00eet la cour de l&rsquo;h\u00f4tel de Beauharnais rue de Lille. Les costumes le sont tout autant, notamment les toilettes luxueuses de Nastya Golubeva. Celle-ci, dont le seul titre de gloire \u00e9tait jusqu&rsquo;alors d&rsquo;\u00eatre la fille de Leos Carax, tient la drag\u00e9e haute \u00e0 Jean Dujardin, moins cabotin qu&rsquo;il l&rsquo;est trop souvent. Un d\u00e9tail de son jeu m&rsquo;a ravi : son phras\u00e9 tellement \u00e9l\u00e9gant, qui rappelle tout \u00e0 la fois celui de Marie-France Pisier et celui des actrices de l&rsquo;\u00e9poque. Est-ce sa voix au naturel ou le r\u00e9sultat d&rsquo;un patient travail pour retrouver la tonalit\u00e9 des actrices de l&rsquo;\u00e9poque ?<\/p>\n<p>Xavier Giannoli est un bon faiseur. On ne saurait lui en faire le reproche. <em>Les Rayons et les Ombres<\/em> est de la belle ouvrage. Soit. Il nous montre, comme son titre lourdement programmatique l&rsquo;annon\u00e7ait, que les hommes et les femmes ne sont pas tout d&rsquo;une pi\u00e8ce, qu&rsquo;entre le saint et le salaud, l&rsquo;humanit\u00e9 se d\u00e9cline en gris. Jean Luchaire n&rsquo;\u00e9tait certainement pas un saint. <em>Les Rayons et les Ombres<\/em> nous explique pourquoi l&rsquo;Histoire a fait de lui un salaud et comment il a entra\u00een\u00e9 sa fille dans sa chute.<\/p>\n<p>Mais, ce film n&rsquo;a pas la profondeur d&rsquo;un <em>Lacombe Lucien<\/em> et ne laissera pas la m\u00eame marque. La raison en est peut-\u00eatre moins cin\u00e9matographique qu&rsquo;historique. <em>Lacombe Lucien<\/em> est sorti en 1974, \u00e0 une \u00e9poque bien particuli\u00e8re du <em>Syndrome de Vichy de 1944 \u00e0 nos jours<\/em> pour reprendre le titre de l&rsquo;ouvrage d&rsquo;Henry Rousso : apr\u00e8s la mort de De Gaulle, apr\u00e8s que le mythe du \u00ab\u00a0r\u00e9sistancialisme\u00a0\u00bb &#8211; un n\u00e9ologisme forg\u00e9 par Rousso &#8211; se fut \u00e9vapor\u00e9, apr\u00e8s la sortie du <em>Chagrin et la Piti\u00e9<\/em> et la publication par Paxton de <em>La France de Vichy<\/em>. M\u00eame si l&rsquo;extr\u00eame droite frappe aujourd&rsquo;hui \u00e0 nos portes, l&rsquo;actualit\u00e9 des <em>Rayons et les Ombres<\/em> est moins br\u00fblante et, par cons\u00e9quent, sa place dans l&rsquo;histoire du cin\u00e9ma et l&rsquo;histoire de Vichy depuis 1944 sera, je pense, moins marquante.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=20633880&amp;cfilm=1000007343.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 en 1901, Jean Luchaire \u00e9tat un journaliste et un pacifiste, ardent promoteur des relations franco-allemandes, un flambeur, un homme \u00e0 femmes. En 1940, il devient collaborationniste. Otto Abetz, l&rsquo;ambassadeur du Reich \u00e0 Paris, \u00e9tait son ami et lui faisait profiter de ses g\u00e9n\u00e9reux subsides. 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