{"id":4102,"date":"2019-05-13T06:47:37","date_gmt":"2019-05-13T05:47:37","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=4102"},"modified":"2019-05-13T06:55:08","modified_gmt":"2019-05-13T05:55:08","slug":"la-flor","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2019\/05\/13\/la-flor\/","title":{"rendered":"La Flor \u2606\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img6.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/19\/03\/11\/10\/17\/0389124.jpg\" width=\"317\" height=\"430\"><em>La Flor<\/em> dure 814 minutes. Vous avez bien lu. Je vous fais gr\u00e2ce de la division sexag\u00e9simale que vous \u00e9tiez en train d&rsquo;effectuer : 814 min = 13 h 34 min. Autant dire que <em>La Flor<\/em> est un OVNI cin\u00e9matographique. Une \u0153uvre qui d\u00e9fie le sage pr\u00e9cepte d&rsquo;Alfred Hitchcock : \u00ab\u00a0<span class=\"st\">La dur\u00e9e d&rsquo;un film devrait \u00eatre directement li\u00e9e \u00e0 la capacit\u00e9 de la <em>vessie<\/em> humaine.<\/span>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;endurance humaine ayant ses limites, <em>La Flor<\/em> est diffus\u00e9 en quatre parties &#8211; de plus de trois heures chacune quand m\u00eame &#8211; sortie l&rsquo;une apr\u00e8s l&rsquo;autre en salles \u00e0 une semaine d&rsquo;intervalle en mars dernier. L&rsquo;ensemble est lui m\u00eame divis\u00e9 en six \u00e9pisodes d&rsquo;une in\u00e9gale longueur (entre 5 h 20 pour le plus long et 22 minutes pour le dernier) : le premier est une \u00abs\u00e9rie B\u00bb fantastique, le second un m\u00e9lodrame avec des chansons, le troisi\u00e8me un film d\u2019espionnage, le quatri\u00e8me <em>\u00abune mise en ab\u00eeme du cin\u00e9ma\u00bb<\/em>, le cinqui\u00e8me un remake muet de <em>Partie de campagne<\/em> de Jean Renoir et le sixi\u00e8me&nbsp;la lib\u00e9ration de femmes captives d\u2019Indiens au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en <em>camera obscura<\/em>. Le g\u00e9n\u00e9rique de fin est au diapason qui dure \u00e0 lui seul plus d&rsquo;une demie heure.<\/p>\n<p>Dans un pr\u00e9ambule, le r\u00e9alisateur se met lui m\u00eame en sc\u00e8ne pour donner le mode d&#8217;emploi de son film r\u00e9sum\u00e9 par le croquis qui illustre son affiche. Six fl\u00e8ches entrelac\u00e9es y esquissent le dessin d&rsquo;une fleur. Il nous explique que les quatre premiers \u00e9pisodes partiront chacun dans une direction diff\u00e9rente, que le cinqui\u00e8me fera retour sur lui m\u00eame et que le dernier les r\u00e9conciliera. Vaine promesse \u00e0 laquelle il ne faut pr\u00eater trop de cr\u00e9dit : les interrogations soulev\u00e9es dans les premiers \u00e9pisodes ne trouveront pas la r\u00e9ponse dans les suivants.<\/p>\n<p>Film\u00e9 pendant plus de dix ans dans des conditions budg\u00e9taires dont on imagine volontiers la pr\u00e9carit\u00e9, <em>La Flor<\/em> est un geste cin\u00e9matographique d&rsquo;une folle audace. Quel producteur cens\u00e9 se lancerait dans une pareille entreprise ? Il s&rsquo;agit de faire tenir en un seul film toutes les formes possibles de cin\u00e9ma, d&rsquo;en explorer toutes les potentialit\u00e9s. La quatri\u00e8me et derni\u00e8re partie (<em>Le Monde<\/em> \u00e9voque spirituellement un \u00ab\u00a0bouquet final\u00a0\u00bb) le montre qui filme tour \u00e0 tour un asile psychiatrique, un r\u00e9alisateur qui s&rsquo;\u00e9gosille sur son tournage, un Casanova en perruque poudr\u00e9e, les arabesques dessin\u00e9es par les pirouettes d&rsquo;avions, des baigneuses d\u00e9nud\u00e9es&#8230;<\/p>\n<p>Si <em>La Flor<\/em> se caract\u00e9rise par son \u00e9clectisme, il n&rsquo;est pas non plus sans unit\u00e9. Il s&rsquo;organise autour d&rsquo;un quatuor de com\u00e9diennes, des actrices argentines qui formaient une troupe de th\u00e9\u00e2tre et que le r\u00e9alisateur Mariano Llinas a voulu filmer, qui endossent d&rsquo;un \u00e9pisode \u00e0 l&rsquo;autre toutes sortes de r\u00f4les. Il se caract\u00e9rise aussi par une unit\u00e9 formelle : le jeu des focales, la voix off envoutante, la musique omnipr\u00e9sente.<\/p>\n<p>Pour autant, il est des limites \u00e0 ce que le spectateur est capable d&rsquo;endurer. La libert\u00e9 que s&rsquo;arroge le r\u00e9alisateur est au d\u00e9triment de l&rsquo;intelligibilit\u00e9 de son film. Chaque \u00e9pisode ouvre des pistes, pose des questions, mais n&rsquo;y r\u00e9pond pas. On se dit \u00e0 la fin de la premi\u00e8re partie qu&rsquo;on les trouvera plus tard. On revient donc de semaine en semaine mu par cette vaine attente. Las&#8230; quatre semaines plus tard &#8211; et au bout de treize heures de film &#8211; on n&rsquo;aura rien compris.<\/p>\n<p>Est-ce un probl\u00e8me ? En philo, on demande aux \u00e9l\u00e8ves de terminale&nbsp; : \u00ab\u00a0faut-il comprendre une \u0153uvre d&rsquo;art pour l&rsquo;appr\u00e9cier ?\u00a0\u00bb. La r\u00e9ponse \u00e9videmment est n\u00e9gative. Pourtant&#8230;.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19580924&amp;cfilm=269137.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Flor dure 814 minutes. Vous avez bien lu. Je vous fais gr\u00e2ce de la division sexag\u00e9simale que vous \u00e9tiez en train d&rsquo;effectuer : 814 min = 13 h 34 min. Autant dire que La Flor est un OVNI cin\u00e9matographique. 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