{"id":4876,"date":"2017-12-09T09:14:25","date_gmt":"2017-12-09T08:14:25","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=4876"},"modified":"2024-04-12T08:19:53","modified_gmt":"2024-04-12T07:19:53","slug":"urgences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2017\/12\/09\/urgences\/","title":{"rendered":"Urgences (1988) \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"https:\/\/images-na.ssl-images-amazon.com\/images\/I\/41nH1feOgGL.jpg\" width=\"317\" height=\"430\">Trente ans avant <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2017\/11\/30\/12-jours\/\"><em>12 jours<\/em><\/a>, Raymond Depardon avait d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9 sa cam\u00e9ra dans un h\u00f4pital, aux urgences psychiatriques de l&rsquo;H\u00f4tel-Dieu, en plein c\u0153ur de Paris.<\/p>\n<p>En 1987, Depardon tenait lui-m\u00eame la cam\u00e9ra avec un preneur de son &#8211; qui, faute d&rsquo;espace, est parfois visible \u00e0 l&rsquo;image. En 2017, la technique est plus moderne. Depardon utilise d\u00e9sormais le champ\/contrechamp et les micros portables.<br \/>\nMais hier comme aujourd&rsquo;hui, la technique est au service d&rsquo;une d\u00e9marche qui n&rsquo;a pas chang\u00e9 : un dispositif aussi peu intrusif que possible, qui essaie de se faire oublier pour mieux capter la r\u00e9alit\u00e9 telle qu&rsquo;elle se vit.<\/p>\n<p>On pourrait analyser les documentaires \u00ab\u00a0confrontationnels\u00a0\u00bb de Depardon comme une ethnographie des lieux d&rsquo;enfermement : asiles, h\u00f4pitaux, prisons&#8230; \u00c0 chaque fois, la cam\u00e9ra de Depardon filme une confrontation : entre un malade et un psychiatre dans <em>Urgences<\/em>, entre le patient enferm\u00e9 sans son consentement dans un h\u00f4pital psychiatrique et le juge des libert\u00e9s qui contr\u00f4le la l\u00e9galit\u00e9 de cet enfermement dans <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2017\/11\/30\/12-jours\/\"><em>12 jours<\/em><\/a>, entre un substitut et un accus\u00e9 dans <em>D\u00e9lits flagrants<\/em>&#8230;<\/p>\n<p>Mais ce serait peut-\u00eatre se tromper sur l&rsquo;objet m\u00eame de l\u2019\u0153uvre de Depardon. Au fond, Depardon ne s&rsquo;int\u00e9resse pas vraiment \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital ou \u00e0 la justice. Son cin\u00e9ma n&rsquo;a qu&rsquo;un seul th\u00e8me &#8211; comme le montrent d&rsquo;ailleurs ses documentaires les plus r\u00e9cents <em>Journal de France <\/em>ou <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2016\/05\/08\/les-habitants\/\"><em>Les Habitants<\/em><\/a>&nbsp;: radioscoper la France, ses habitants, ses maux.<\/p>\n<p>Ce que nous montrent <em>Urgences<\/em>, <em>D\u00e9lits flagrants<\/em>, <em>Les Habitants<\/em>, <em>12 jours<\/em>, ce sont des Fran\u00e7ais ordinaires. Ordinaires ? Le terme est peut-\u00eatre mal choisi pour qualifier des personnes dans une situation extraordinaire : les urgences d&rsquo;un h\u00f4pital, une salle d&rsquo;audience d&rsquo;un tribunal, un h\u00f4pital psychiatrique&#8230; Disons plut\u00f4t des Fran\u00e7ais comme les autres qui, par la faute des accidents de la vie, d&rsquo;une sant\u00e9 d\u00e9faillante, d&rsquo;un milieu ingrat, ont chut\u00e9.<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 cette aune qu&rsquo;on peut aujourd&rsquo;hui revoir <em>Urgences<\/em> comme la r\u00e9trospective Depardon programm\u00e9e aux Trois Luxembourg en offre l&rsquo;opportunit\u00e9. En trente ans, la France a bien chang\u00e9. Les ann\u00e9es 80 \u00e9taient hideuses, contrairement \u00e0 l&rsquo;image que j&rsquo;avais gard\u00e9 de mes ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9cole et que des films comme <em>Stars 80<\/em> essaient sans succ\u00e8s de magnifier : v\u00eatements informes, coiffures r\u00e9voltantes, couleurs d\u00e9primantes&#8230; Si l&rsquo;on fait abstraction de cette laideur, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9volution du langage des protagonistes qui m&rsquo;a le plus frapp\u00e9 entre <em>Urgences<\/em> et <em>12 jours<\/em>. En 1987, les patients qui viennent aux urgences psychiatriques, malgr\u00e9 leurs maux, parlent un fran\u00e7ais \u00e9tonnamment ch\u00e2ti\u00e9, sans fautes de grammaire ni tics de langage. Un fran\u00e7ais o\u00f9 on entend encore les accents du titi parisien.<\/p>\n<p>Mais les changements touchent moins le fond que la forme. Car au fond, les m\u00eames pathologies demeurent, les m\u00eames vies caboss\u00e9es d\u00e9filent : suicidaires, alcooliques, travailleurs en <em>burn out<\/em> (m\u00eame si le mot n&rsquo;existait pas encore), veufs d\u00e9pressifs&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trente ans avant 12 jours, Raymond Depardon avait d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9 sa cam\u00e9ra dans un h\u00f4pital, aux urgences psychiatriques de l&rsquo;H\u00f4tel-Dieu, en plein c\u0153ur de Paris. En 1987, Depardon tenait lui-m\u00eame la cam\u00e9ra avec un preneur de son &#8211; qui, faute d&rsquo;espace, est parfois visible \u00e0 l&rsquo;image. En 2017, la technique est plus moderne. 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