{"id":4901,"date":"2017-12-13T07:59:44","date_gmt":"2017-12-13T06:59:44","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=4901"},"modified":"2017-12-13T07:59:44","modified_gmt":"2017-12-13T06:59:44","slug":"faits-divers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2017\/12\/13\/faits-divers\/","title":{"rendered":"Faits divers \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img4.acsta.net\/r_1920_1080\/medias\/nmedia\/18\/73\/37\/45\/19200198.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Suite et fin de la trop courte r\u00e9trospective Depardon au Trois Luxembourg.<br \/>\n<em>Faits divers<\/em> a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 au commissariat de police du 5\u00e8me arrondissement, \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de chez moi. Une verrue architecturale, \u00e0 deux pas du march\u00e9 Maubert qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 aussi laide au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 qu&rsquo;elle l&rsquo;est toujours pr\u00e8s de quarante plus tard.<\/p>\n<p><em>Faits divers<\/em> est un des tout premiers documentaires de Raymond Depardon. Sa forme en est encore t\u00e2tonnante : le son et l&rsquo;image sont ex\u00e9crables. Mais le fond est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 : il s&rsquo;agit de capter la r\u00e9alit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise vue au prisme d&rsquo;une de ses institutions. Ce sera la police en 1983, l&rsquo;h\u00f4pital et la justice quelques ann\u00e9es plus tard. On voit d&rsquo;ailleurs des ponts se dessiner entre les \u0153uvres : dans une s\u00e9quence de <em>Faits divers<\/em>, un pr\u00e9venu tr\u00e8s agit\u00e9 est conduit aux urgences psychiatriques de l&rsquo;H\u00f4tel Dieu et on imagine sans peine que c&rsquo;est en filmant cet \u00e9pisode qu&rsquo;a germ\u00e9 chez Depardon l&rsquo;id\u00e9e de <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2017\/12\/09\/urgences\/\"><em>Urgences<\/em> <\/a>tourn\u00e9 cinq ans plus tard dans ces murs.<\/p>\n<p>Dans <em>Fait divers<\/em>, Depardon est embedded (le mot n&rsquo;existait pas encore) dans un commissariat de police pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1982 &#8211; on voit les gardiens de la paix regarder \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 la funeste demie-finale France-Allemagne \u00e0 S\u00e9ville. Il est \u00e0 l&rsquo;accueil pour y enregistrer le d\u00e9p\u00f4t des plaintes ; il est dans le \u00ab\u00a0panier \u00e0 salades\u00a0\u00bb pour accompagner les policiers dans leurs interventions.<\/p>\n<p>On est loin de l&rsquo;image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e des commissariats telle que la v\u00e9hicule les s\u00e9ries am\u00e9ricaines ou fran\u00e7aises. Il ne s&rsquo;agit pas tant de r\u00e9soudre des \u00e9nigmes polici\u00e8res compliqu\u00e9es que de r\u00e9guler la vie sociale, en tentant d&rsquo;en ma\u00eetriser ceux qui en alt\u00e8rent le cours plaisir : les fous, les ivrognes, les mendiants, les voleurs \u00e0 la tire&#8230; Les gardiens de la paix, avec leurs uniformes et leurs k\u00e9pis, ressemblent plus aux gendarmes de Saint-Tropez qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inspecteur Colombo. D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est l&rsquo;image qui nous est renvoy\u00e9e de l&rsquo;institution qui choque le plus avec la distance du temps. Une institution quasi-exclusivement masculine (on n&rsquo;entr&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;une seule polici\u00e8re), s\u00fbre de son droit (on est frapp\u00e9 de la nonchalance que ces fonctionnaires manifestent avec les usagers, une attitude qui leur vaudrait aujourd&rsquo;hui une r\u00e9probation unanime des r\u00e9seaux sociaux et des sanctions disciplinaires m\u00e9rit\u00e9es), qui ne sort pas grandie de ce documentaire.<\/p>\n<p>Une s\u00e9quence choque particuli\u00e8rement. Exhum\u00e9e dans les m\u00e9dias, elle y fait <a href=\"https:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/rue89\/notre-epoque\/20171123.OBS7757\/le-viol-dans-les-annees-1980-retour-sur-l-extrait-du-documentaire-de-depardon.html\">pol\u00e9mique<\/a>. On y voit un inspecteur, particuli\u00e8rement r\u00e9trograde, enqu\u00eater sur un viol. Il interroge d&rsquo;abord l&rsquo;accus\u00e9 dont il minimise la gravit\u00e9 des actes, ensuite la plaignante qu&rsquo;il exhorte \u00e0 retirer sa plainte. La s\u00e9quence, vue en 2017, est surr\u00e9aliste. L&rsquo;inspecteur &#8211; qui n&rsquo;a manifestement pas envie d&rsquo;y passer la nuit &#8211; invite l&rsquo;homme et la femme \u00e0 se r\u00e9concilier. On se pince quand il leur dit : \u00ab\u00a0Vous allez vous faire des excuses, lui de vous avoir fait ce qu\u2019il vous a fait ce qui n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas tr\u00e8s correct et puis vous, vous allez vous excuser aupr\u00e8s de lui parce que vous lui avez fait passer une sacr\u00e9e soir\u00e9e aussi\u00a0\u00bb. Autres temps, autres m\u0153urs&#8230;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19562941&amp;cfilm=835.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite et fin de la trop courte r\u00e9trospective Depardon au Trois Luxembourg. Faits divers a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 au commissariat de police du 5\u00e8me arrondissement, \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de chez moi. 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