{"id":5126,"date":"2018-01-28T08:19:26","date_gmt":"2018-01-28T07:19:26","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=5126"},"modified":"2018-01-28T08:19:26","modified_gmt":"2018-01-28T07:19:26","slug":"la-douleur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/01\/28\/la-douleur\/","title":{"rendered":"La Douleur \u2605\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img5.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/17\/11\/21\/16\/07\/2252425.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/><\/p>\n<p>En juin 1944, \u00e0 Paris, Robert Antelme, membre de la R\u00e9sistance, vient d&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9. Il sera bient\u00f4t d\u00e9port\u00e9 en Allemagne. Sa femme Marguerite s&rsquo;inqui\u00e8te. Elle rencontre un policier fran\u00e7ais qui travaille pour les Allemands. Puis l&rsquo;hiver passe. Le printemps arrive. Et l&rsquo;armistice. Mais Antelme ne revient pas. Marguerite l&rsquo;attend.<\/p>\n<p>Il existe autour de <em>La Douleur<\/em> , un \u00ab\u00a0ouvrage\u00a0\u00bb de Marguerite Duras &#8211; et non un \u00ab\u00a0journal\u00a0\u00bb ou un \u00ab\u00a0roman\u00a0\u00bb &#8211; publi\u00e9 en 1985, plusieurs malentendus. Le premier concerne son origine. Pr\u00e9sent\u00e9 par son auteur comme des carnets qu&rsquo;elle aurait tardivement retrouv\u00e9s, son texte est probablement apocryphe, r\u00e9dig\u00e9 ou, \u00e0 tout le moins consid\u00e9rablement remani\u00e9, par Duras bien apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, pour donner des faits une version qui lui serait plus favorable. Elle se serait \u00e9rig\u00e9e en Madone vertueuse, en veuve inconsolable alors qu&rsquo;elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sur le point de quitter Antelme \u00e0 son arrestation et qu&rsquo;elle vivait avec Dionys Mascolo &#8211; dont elle aura plus tard un fils &#8211; pendant l&rsquo;attente du retour de Robert.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre malentendu est plus d\u00e9terminant pour juger de l&rsquo;adaptation qu&rsquo;en fait Emmanuel Finkiel. <em>La Douleur<\/em> est en fait constitu\u00e9 de plusieurs nouvelles. Parmi celle-ci, \u00ab\u00a0Monsieur X dit ici Pierre Rabier\u00a0\u00bb raconte en effet sa rencontre avec un agent de la Gestapo. En regardant la bande-annonce, on pourrait penser que c&rsquo;est l&rsquo;unique sujet du film. Un film qu&rsquo;on imagine ais\u00e9ment : le d\u00e9sarroi de Marguerite qui vient de perdre son mari, sa qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d&rsquo;informations, de r\u00e9confort, sa rencontre avec un policier fran\u00e7ais, la rouerie de celui-ci qui comprend qu&rsquo;il pourrait abuser d&rsquo;elle en r\u00e9pondant \u00e0 ses questions voire en influen\u00e7ant le sort de son mari, la r\u00e9pulsion de Marguerite \u00e0 se pr\u00eater \u00e0 ce jeu malsain et peut-\u00eatre, comme dans <em>L&rsquo;Amant<\/em>, le plaisir coupable qu&rsquo;elle serait susceptible de prendre \u00e0 entrer dans cette liaison dangereuse.<\/p>\n<p>La situation aurait pu faire un film d&rsquo;une heure trente. Or, il n&rsquo;en est rien. Il ne dure qu&rsquo;une quarantaine de minutes. Beno\u00eet Maguimel y est excellent. Mais le r\u00e9alisateur ne lui laisse pas le temps de prendre sa place et l&rsquo;\u00e9vince lors de la Lib\u00e9ration de Paris. C&rsquo;est alors que commence un second film &#8211; comme dans l&rsquo;ouvrage de Duras commence une autre nouvelle. Ce n&rsquo;est plus le m\u00eame. Rabier n&rsquo;y a plus sa place. Nous sommes en 1945. Les d\u00e9port\u00e9s, juifs et\/ou r\u00e9sistants, rentrent au goutte-\u00e0-goutte. C&rsquo;est l&rsquo;histoire de leur attente que filme Finkiel &#8211; qui en avait d\u00e9j\u00e0 fait le th\u00e8me de son premier film l&rsquo;excellent <em>Voyages<\/em> (1999).<\/p>\n<p>Ce ne serait pas si grave si, par ailleurs, <em>La Douleur<\/em> ne souffrait \u00e0 mes yeux d&rsquo;un d\u00e9faut r\u00e9dhibitoire. Il trouve l\u00e0 encore son origine dans une fid\u00e9lit\u00e9 excessive \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Duras. Il ne s&rsquo;agit plus cette fois-ci d&rsquo;un d\u00e9faut de structure, mais d&rsquo;un d\u00e9faut d&rsquo;\u00e9criture. La Douleur est un texte incandescent, un long monologue int\u00e9rieur, une succession de phrases courtes et profondes, comme les ciselait l&rsquo;auteur de <em>Moderato Cantabile <\/em>ou du<em> Ravissement de Lol V. Stein<\/em>. Je n&rsquo;aime pas cette \u00e9criture pr\u00e9tentieuse, incantatoire, ampoul\u00e9e. Finkiel au contraire lui voue une admiration r\u00e9v\u00e9rencieuse. Son film est lest\u00e9 d&rsquo;une voix off envahissante o\u00f9 M\u00e9lanie Thierry, d&rsquo;une voix grave, psalmodie le texte de Duras. Pendant dix minutes, c&rsquo;est majestueux. Au bout de deux heures, c&rsquo;est insupportable.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19575874&amp;cfilm=253410.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En juin 1944, \u00e0 Paris, Robert Antelme, membre de la R\u00e9sistance, vient d&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9. Il sera bient\u00f4t d\u00e9port\u00e9 en Allemagne. 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