{"id":5259,"date":"2018-02-18T10:17:09","date_gmt":"2018-02-18T09:17:09","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=5259"},"modified":"2018-02-18T10:25:05","modified_gmt":"2018-02-18T09:25:05","slug":"phantom-thread","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/02\/18\/phantom-thread\/","title":{"rendered":"Phantom Thread \u2605\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img2.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/17\/12\/21\/15\/02\/3149649.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) est un immense couturier londonien qui ne vit que par son art. Sa s\u0153ur Cyril (Lesley Manville) veille jalousement \u00e0 son bien-\u00eatre et s&rsquo;assure que rien ne le distraie de sa routine.<br \/>\nReynolds Woodcock fait la conqu\u00eate d&rsquo;Alma (Vicky Krieps), rencontr\u00e9e dans une modeste auberge sur la c\u00f4te anglaise. Il la s\u00e9duit et la ram\u00e8ne avec lui \u00e0 Londres.<\/p>\n<p>Les louanges pleuvent sur le dernier film de Paul Thomas Anderson. Au point qu&rsquo;elles me complexent de juger trop s\u00e9v\u00e8rement un film que je n&rsquo;ai ni compris ni aim\u00e9. J&rsquo;avais eu la m\u00eame r\u00e9action d\u00e9but 2016 devant <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2016\/01\/19\/carol\/\"><em>Carol<\/em><\/a>, un film qui n&rsquo;est pas sans pr\u00e9senter de nombreuses analogies avec Phantom Thread.<\/p>\n<p>Pour commencer, les critiques consid\u00e8rent le jeune r\u00e9alisateur am\u00e9ricain comme l&rsquo;un des plus talentueux de sa g\u00e9n\u00e9ration. J&rsquo;avoue ne pas partager cette admiration. Ni <em>Inherent Vice<\/em>, ni<em> The Master <\/em>ni m\u00eame<em> There WIll Be Blood<\/em> ne m&rsquo;avaient en leurs temps convaincu. Ce <em>Phantom Thread<\/em> inutilement mani\u00e9r\u00e9 me confirme dans le sentiment qu&rsquo;Anderson loin d&rsquo;\u00eatre un g\u00e9nie est tout au mieux un habile faiseur.<\/p>\n<p>Mais venons en \u00e0 son dernier film. Commen\u00e7ons par la musique de Jonny Greenwood pour laquelle, l\u00e0 encore, on crie au g\u00e9nie. Tout en en saluant l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance de sa partition, je l&rsquo;ai trouv\u00e9e inutilement envahissante. Elle ne s&rsquo;interrompt jamais. Quelle en est la fonction ? Qu&rsquo;est-ce qui en justifie l&rsquo;omnipr\u00e9sence pour des personnages qui jamais n&rsquo;en \u00e9coutent ou n&rsquo;en discutent ? On a parfois l&rsquo;impression que le r\u00e9alisateur, avec cette musique si rac\u00e9e, a voulu en rajouter une couche, comme un chef pr\u00e9tentieux qui \u00e9talerait du caviar sur un canap\u00e9 de foie gras.<\/p>\n<p>\u00c9voquons les acteurs. Dans le r\u00f4le de l&rsquo;oie blanche Vicky Krieps. Pour montrer qu&rsquo;elle sort du ruisseau, on l&rsquo;a d\u00e9couvre servant le petit d\u00e9jeuner dans un troquet de province. Pour souligner combien Woodcock l&rsquo;impressionne, on lui fait piquer un fard \u00e0 chacun des mots qu&rsquo;il lui adresse. Quant au personnage principal, il est interpr\u00e9t\u00e9 par Daniel Day-Lewis, un des plus grands artistes contemporains, le seul \u00e0 avoir jamais emport\u00e9 trois fois l&rsquo;Oscar du meilleur acteur (en 1990 pour <em>My Left Foot<\/em>, en 2008 pour <em>There Will Be Blood<\/em> et en 2013 pour <em>Lincoln<\/em>) en attendant un quatri\u00e8me peut-\u00eatre pour ce <em>Phantom Thread<\/em> o\u00f9 il est nomin\u00e9. Il est bien s\u00fbr terriblement s\u00e9duisant dans le r\u00f4le du sombre Woodcock. Mais sa voix volontairement fluette et son jeu \u00e9tonnamment monolithique &#8211; surtout si on le juge \u00e0 l&rsquo;aune de l&rsquo;immense talent de cet acteur &#8211; finissent vite par lasser.<\/p>\n<p>Venons-en \u00e0 l&rsquo;essentiel : le propos du film. On lit qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une vengeance f\u00e9minine. <em>Phantom Thread<\/em> serait l&rsquo;histoire du renversement d&rsquo;un lien de domination. Il est difficile de discuter du comportement d&rsquo;Alma sans r\u00e9v\u00e9ler top hardiment le contenu du film. Mais je puis dire que la d\u00e9cision qu&rsquo;elle prend, et qu&rsquo;elle prend \u00e0 deux reprises, pour renverser ce lien de domination, est radicale et surprenante, pour ne pas dire d\u00e9nu\u00e9e de toute cr\u00e9dibilit\u00e9. Quant \u00e0 la r\u00e9action de Woodcock, surtout \u00e0 la seconde occurrence, il faudra que des spectateurs plus perspicaces que moi &#8211; et plus vers\u00e9s dans les relations de domination au sein du couple &#8211; me l&rsquo;expliquent.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19574815&amp;cfilm=247980.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) est un immense couturier londonien qui ne vit que par son art. Sa s\u0153ur Cyril (Lesley Manville) veille jalousement \u00e0 son bien-\u00eatre et s&rsquo;assure que rien ne le distraie de sa routine. Reynolds Woodcock fait la conqu\u00eate d&rsquo;Alma (Vicky Krieps), rencontr\u00e9e dans une modeste auberge sur la c\u00f4te anglaise. 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