{"id":5368,"date":"2018-03-11T09:30:40","date_gmt":"2018-03-11T08:30:40","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=5368"},"modified":"2018-03-11T09:33:34","modified_gmt":"2018-03-11T08:33:34","slug":"eva","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/03\/11\/eva\/","title":{"rendered":"Eva \u2605\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img2.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/18\/01\/26\/14\/06\/3696023.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Bertrand Valade (Gaspard Ulliel) est un usurpateur. Il n&rsquo;a pas \u00e9crit \u00ab\u00a0Mot de passes\u00a0\u00bb, la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre qui lui vaut le succ\u00e8s du public et l&rsquo;admiration de sa fianc\u00e9e (Julia Roy) ; mais il l&rsquo;a vol\u00e9 \u00e0 un dramaturge mourant dont il \u00e9tait le giton.<br \/>\nPress\u00e9 par son agent (Richard Berry), Bertrand Valade doit \u00e9crire une nouvelle pi\u00e8ce et il ne sait pas s&rsquo;y prendre. \u00c0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un voyage \u00e0 Annecy, il y rencontre Eva (Isabelle Huppert), une prostitu\u00e9e de luxe. Il croit pouvoir faire de l&rsquo;attraction qu&rsquo;elle exerce sur lui le sujet de sa prochaine \u0153uvre.<\/p>\n<p>Le dernier film de Beno\u00eet Jacquot est assassin\u00e9 par la critique &#8211; \u00e0 l&rsquo;exception de T\u00e9l\u00e9rama. Le Figaro y voit un \u00ab\u00a0remake inutile du film de Joseph Losey\u00a0\u00bb (<em>Eva<\/em> 1962 avec Jeanne Moreau \u00e0 ne pas confondre avec <em>Eve<\/em> 1950 d&rsquo;un autre Joseph &#8211; Mankiewicz &#8211; avec Marilyn Monroe). Lib\u00e9ration assassine un film \u00ab\u00a0congel\u00e9 par son manque d&rsquo;audace\u00a0\u00bb. Le JDD pointe \u00ab\u00a0l&rsquo;intrigue n\u00e9buleuse\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0le manque de tension\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C&rsquo;est donc sans trop d&rsquo;illusion que je me suis gliss\u00e9 dans les rangs clairsem\u00e9s d&rsquo;une salle bien modeste dont <em>Eva<\/em> risque fort d&rsquo;\u00eatre d\u00e9programm\u00e9 d\u00e8s sa deuxi\u00e8me semaine d&rsquo;exploitation. Avec d&rsquo;autant moins d&rsquo;illusion que je n&rsquo;aime gu\u00e8re les deux acteurs principaux : Isabelle Huppert qu&rsquo;on voit d\u00e9cid\u00e9ment trop (je l&rsquo;avais vu la veille dans <em>La Cam\u00e9ra de Claire<\/em>&#8230; ce qui r\u00e9v\u00e8le de ma part un masochisme inqui\u00e9tant) et Gaspard Ulliel dont je tiens le C\u00e9sar du meilleur acteur l&rsquo;an pass\u00e9 pour <em>Juste la fin du monde<\/em> pour une escroquerie).<\/p>\n<p>Comme il \u00e9tait paradoxalement pr\u00e9visible, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t agr\u00e9ablement surpris. <em>Eva<\/em> n&rsquo;est pas un inoubliable chef d\u2019\u0153uvre, mais pas non plus le navet annonc\u00e9. On y retrouve le parfum claustrophobe des drames bourgeois de Chabrol &#8211; qui lui aussi avait beaucoup fait tourner Isabelle Huppert (<em>Violette Nozi\u00e8re<\/em>, <em>La C\u00e9r\u00e9monie<\/em>, <em>Rien ne va plus<\/em>, <em>L&rsquo;Ivrese du pouvoir<\/em>&#8230;). On y retrouve ce m\u00e9lange de snobisme parisien et de provincialisme, dans une intrigue qui multiplie m\u00e9tronomiquement les allers-retours entre la capitale et les Alpes, condamnant le spectateur, comme les vaches, \u00e0 regarder les trains passer dans un sens puis dans l&rsquo;autre. On y retrouve la tension maintenue entre le m\u00e9lodrame et le polar. Pour ses paysages enneig\u00e9s, ses chalets cossus, son versant noir, j&rsquo;ai aussi pens\u00e9 au film des fr\u00e8res Larrieu <em>L&rsquo;Amour est un crime parfait<\/em> adapt\u00e9 de Philippe Djian.<\/p>\n<p>L&rsquo;intrigue ne tient pas debout. Qu&rsquo;elle soit fid\u00e8lement adapt\u00e9e du roman de James Hadley Chase ne la rend pas plus solide pour autant. La fa\u00e7on dont Bertrand rencontre Eva, la fa\u00e7on dont il s&rsquo;en entiche, le projet qui na\u00eet d&rsquo;en faire le sujet de sa prochaine pi\u00e8ce sont autant de jalons narratifs bancals. Mais on se laisse prendre aux situations &#8211; m\u00eame si l&rsquo;attirance du jeune Gaspard Ulliel pour la cougar Isabelle Huppert de trente ans son a\u00een\u00e9e n&rsquo;est gu\u00e8re cr\u00e9dible. On se demande o\u00f9 l&rsquo;histoire va nous mener. Mais on s&rsquo;y laisse gentiment mener, jusqu&rsquo;\u00e0 la conclusion tourn\u00e9e \u00e0 cinquante m\u00e8tres de chez moi sur le trottoir de L&rsquo;Escurial, une salle de cin\u00e9ma de quartier o\u00f9, si <em>Eva<\/em> y avait \u00e9t\u00e9 programm\u00e9, il en aurait probablement disparu d\u00e8s sa deuxi\u00e8me semaine d&rsquo;exploitation. La boucle est boucl\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19576299&amp;cfilm=252200.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bertrand Valade (Gaspard Ulliel) est un usurpateur. 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