{"id":5425,"date":"2018-03-19T09:00:23","date_gmt":"2018-03-19T08:00:23","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=5425"},"modified":"2018-03-19T09:02:32","modified_gmt":"2018-03-19T08:02:32","slug":"razzia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/03\/19\/razzia\/","title":{"rendered":"Razzia \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img5.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/18\/01\/30\/13\/57\/1518902.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Quatre personnages vivent \u00e0 Casablanca en 2014 sur fond de troubles sociaux. Salima \u00e9touffe : elle ne supporte ni son mari ni la soci\u00e9t\u00e9 marocaine qui entendent contr\u00f4ler ce qu&rsquo;elle fait, ce qu&rsquo;elle porte, ce qu&rsquo;elle dit. Joe est un restaurateur prosp\u00e8re qui vit au jour le jour, dans ses rapports avec les femmes et avec les \u00eatres, la difficult\u00e9 d&rsquo;\u00eatre Juif \u00e0 Tanger. Hakim adule Freddy Mercury dont il reprend les standards sur les sc\u00e8nes ; mais il est en butte au m\u00e9pris de son p\u00e8re qui conteste ses choix de carri\u00e8re. Dans une maison luxueuse, entre des parents invisibles et une nounou qui lui sert de m\u00e8re de substitution, In\u00e8s est en pleine crise d&rsquo;adolescence.<br \/>\nLe fil rouge qui les relie est peut-\u00eatre un vieil instituteur chass\u00e9 de sa salle de classe au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingts. Son crime : avoir enseign\u00e9 aux enfants de l&rsquo;Atlas en berb\u00e8re et pas en arabe.<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre de Nabil Ayouch dessine un portrait amer du Maroc contemporain. <em>Ali Zaoua, prince de la rue<\/em> (2001) suivait une bande de gamins sur le port de Casablanca. <em>Les Chevaux de Dieu<\/em> (2012) montrait comment l&rsquo;islamisation avait pu devenir une r\u00e9ponse \u00e0 la col\u00e8re sociale. <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2016\/10\/14\/much-loved\/\"><em>Much Loved<\/em><\/a> (2015) son film le plus puissant et le plus controvers\u00e9 racontait la vie de quatre prostitu\u00e9es \u00e0 Marrakech. <em>Razzia<\/em> est l&rsquo;aboutissement et la synth\u00e8se de ses pr\u00e9c\u00e9dents films.<\/p>\n<p>Le proc\u00e9d\u00e9 pourrait sembler lourdement d\u00e9monstratif. Il ne l&rsquo;est que sur le papier. Le film choral est un proc\u00e9d\u00e9 complexe sans \u00eatre compliqu\u00e9 : prenez quatre ou cinq histoires, entrelacez les, t\u00e2chez de les faire se rencontrer \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre (<em>Razzia<\/em> n&rsquo;y parviendra qu&rsquo;\u00e0 moiti\u00e9 dans une sc\u00e8ne de f\u00eate), \u00e7a marche \u00e0 tous les coups. Les ann\u00e9es 2000 avaient vu se multiplier les films choral ou films mosa\u00efques (qui se dit en anglais \u00ab\u00a0hyperlink cinema\u00a0\u00bb) : <em>Traffic<\/em>, <em>Crash<\/em>, <em>Syriana<\/em>, <em>Babel<\/em>&#8230; Les s\u00e9ries TV les plus r\u00e9ussies ont repris le proc\u00e9d\u00e9 : <em>Les Sopranos<\/em>, <em>Downton Abbey<\/em>, <em>Game of Thrones<\/em>&#8230; \u00c0 force d&rsquo;\u00eatre utilis\u00e9e, la ficelle semble us\u00e9e. Mais <em>Razzia<\/em> montre qu&rsquo;elle fonctionne encore.<\/p>\n<p>Ce qui relie ces quatre personnages, c&rsquo;est bien s\u00fbr leur qu\u00eate de libert\u00e9. Libert\u00e9 de la femme qui ne supporte plus qu&rsquo;on lui dicte sa conduite. Libert\u00e9 du Juif qui en a assez d&rsquo;\u00eatre ramen\u00e9 \u00e0 sa jud\u00e9it\u00e9. Libert\u00e9 de l&rsquo;artiste qui veut exercer son art sans censure. Le personnage d&rsquo;In\u00e8s &#8211; qui est introduit tr\u00e8s (trop\u00a0 ?) tard dans le film au risque de le surcharger &#8211; est peut-\u00eatre le plus int\u00e9ressant car il ne s&rsquo;inscrit pas dans cette grille simpliste : cette adolescente ne sait pas que faire de la libert\u00e9 qui lui conf\u00e8re son statut social.<\/p>\n<p>En creux de ces quatre histoires, c&rsquo;est une fois encore un portrait sans concession que Nabil Ayouch brosse du Maroc. Un pays sous la double menace du nationalisme (les drapeaux sont omnipr\u00e9sents en arri\u00e8re-plan) et de l&rsquo;islamisation rampante des esprits. Un double mouvement corrosif qui r\u00e9duit les libert\u00e9s individuelles et entend dicter une norme de comportement. Le tout avec une hypocrisie que <em>Much Loved<\/em> avait soulign\u00e9e et que le personnage d&rsquo;In\u00e8s met en relief : tandis que les plus pauvres des Marocains vivent dans la mis\u00e8re et versent dans l&rsquo;islamisme, les plus riches se livrent \u00e0 la d\u00e9bauche derri\u00e8re les murs sur\u00e9lev\u00e9s de leurs riads.\u00a0 Les plus fragiles en sont les premi\u00e8res victimes : les femmes, les Juifs, les homosexuels&#8230;<\/p>\n<p>Le film est illumin\u00e9 par la beaut\u00e9 de Maryam Touzani. \u00c9pouse de Nabil Ayouch, elle a co-sign\u00e9 le sc\u00e9nario de <em>Razzia<\/em>. Avec des faux airs de Jeannette Bougrab, elle y interpr\u00e8te le r\u00f4le de Salima. Les esprits mesquins trouveront que Nabil Ayouch la filme avec complaisance. Les autres s&rsquo;en f\u00e9liciteront.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19576234&amp;cfilm=243520.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quatre personnages vivent \u00e0 Casablanca en 2014 sur fond de troubles sociaux. Salima \u00e9touffe : elle ne supporte ni son mari ni la soci\u00e9t\u00e9 marocaine qui entendent contr\u00f4ler ce qu&rsquo;elle fait, ce qu&rsquo;elle porte, ce qu&rsquo;elle dit. Joe est un restaurateur prosp\u00e8re qui vit au jour le jour, dans ses rapports avec les femmes et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34,38],"tags":[],"class_list":["post-5425","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-films-sortis-en-2018","category-films-sortis-en-mars-2018"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5425","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5425"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5425\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5428,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5425\/revisions\/5428"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5425"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5425"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5425"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}