{"id":6397,"date":"2018-09-06T06:01:40","date_gmt":"2018-09-06T05:01:40","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=6397"},"modified":"2018-09-06T06:10:08","modified_gmt":"2018-09-06T05:10:08","slug":"fin-dautomne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/09\/06\/fin-dautomne\/","title":{"rendered":"Printemps tardif \/ Fin d&rsquo;automne \u2605\u2605\u2605\u2605"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img3.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/18\/07\/17\/16\/53\/5341973.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium alignleft\" src=\"http:\/\/fr.web.img4.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/18\/07\/17\/16\/52\/0302911.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Depuis le 1er ao\u00fbt, dans plusieurs salles d&rsquo;art et d&rsquo;essai de Paris et de province, la r\u00e9trospective Ozu est l&rsquo;occasion de voir ou de revoir quelques uns des meilleurs films du ma\u00eetre japonais. Leur accumulation produit le m\u00eame effet que la lecture trop rapproch\u00e9e des livres de Patrick Modiano : ils s&rsquo;accumulent et se perdent dans nos souvenirs formant une masse aux contours indistincts.<\/p>\n<p>Il faut dire que Ozu &#8211; comme Modiano &#8211; ne nous aide gu\u00e8re. Ses films aux titres interchangeables sans lien avec leur contenu (<em>Printemps tardif<\/em>, <em>Et\u00e9 pr\u00e9coce<\/em>, <em>Fin d&rsquo;automne<\/em>&#8230;) sont jou\u00e9s avec la m\u00eame troupe d&rsquo;acteurs fid\u00e8les (Chish\u016b Ry\u016b dans le r\u00f4le du p\u00e8re, Setsuko Hara dans celui de la fille, Haruko Sugimura dans celui de la tante&#8230;) et explorent ind\u00e9finiment les m\u00eames sujets, comme autant de variations autour d&rsquo;un m\u00eame th\u00e8me.<\/p>\n<p>Avec <em>Voyage \u00e0 Tokyo<\/em>, <em>Printemps tardif<\/em> est souvent pr\u00e9sent\u00e9 comme le chef d\u2019\u0153uvre d&rsquo;Ozu. \u00c0 raison. Car tous les \u00e9l\u00e9ments du cin\u00e9ma du ma\u00eetre y sont pouss\u00e9s \u00e0 un point de perfection jamais \u00e9gal\u00e9.<\/p>\n<p>On a beaucoup parl\u00e9 de son art de la mise en sc\u00e8ne. Chaque plan, film\u00e9 \u00e0 ras de tatami &#8211; Ozu s&rsquo;\u00e9tait fait construire des pieds sp\u00e9ciaux pour pouvoir abaisser sa cam\u00e9ra au ras du sol &#8211; est soigneusement construit. Les arri\u00e8res plans ne sont jamais rectilignes, mais offrent toujours de savantes lignes de fuite. Si les dialogues ne sont jamais ennuyeux, c&rsquo;est parce que la fa\u00e7on de les filmer est originale : les champs-contrechamps les filment face cam\u00e9ra &#8211; alors que l&rsquo;usage est de d\u00e9caler la cam\u00e9ra de l&rsquo;axe du regard des personnages. Assis sur un tatami, les personnages sont film\u00e9s de trois quarts dos. \u00c9tonnamment, ces postures artificielles donne une miraculeuse impression de naturel.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pour la forme. Mais c&rsquo;est le fond du cin\u00e9ma d&rsquo;Ozu qui bouleverse. Quoi de plus simple, de plus t\u00e9nu que le sujet de <em>Printemps tardif <\/em>? Un veuf vieillissant et aimant une fille unique qui tarde \u00e0 se marier moins par manque de pr\u00e9tendants &#8211; elle est belle comme le jour &#8211; que par attachement \u00e0 son p\u00e8re. Sublime sacrifice : le p\u00e8re feindra de se remarier pour convaincre sa fille de le quitter pour prendre \u00e9poux. Le traitement n&rsquo;est jamais languissant ; l&rsquo;histoire nous surprend qui emprunte des voies qu&rsquo;on n&rsquo;attendait pas.<\/p>\n<p>Un chef d\u2019\u0153uvre&#8230; qu&rsquo;Ozu r\u00e9p\u00e8tera onze ans plus tard dans <em>Fin d&rsquo;automne<\/em> en en modifiant l\u00e9g\u00e8rement le sujet. <em>C<\/em>e n&rsquo;est plus d&rsquo;un veuf qu&rsquo;il s&rsquo;agit mais d&rsquo;une veuve (interpr\u00e9t\u00e9e cette fois ci par Setsuko Hara qui jouait le r\u00f4le de la fille dans <em>Printemps tardif<\/em>) qui viendra lentement \u00e0 bout des r\u00e9ticences de sa fille avec la complicit\u00e9 de trois amis de son d\u00e9funt \u00e9poux. Le ton est plus l\u00e9ger que dans <em>Printemps tardif<\/em>, presque bouffon quand Ozu se moque des fausses esp\u00e9rances de l&rsquo;un des amis qui esp\u00e8rent \u00e9pouser la m\u00e8re. <em>Printemps tardif<\/em> se concluait par une sc\u00e8ne d&rsquo;anthologie : seul chez lui, sa fille mari\u00e9e, Chish\u016b Ry\u016b p\u00e8le une pomme et sent s&rsquo;abattre sur lui le poids de la solitude. On attendait Ozu et Setsko Hara au tournant onze ans plus tard. Qu&rsquo;allaient ils inventer pour surpasser cette sc\u00e8ne ind\u00e9passable, pour lui \u00eatre fid\u00e8le sans la singer ? Le r\u00e9sultat est d&rsquo;une simplicit\u00e9 d\u00e9sarmante. Du grand art&#8230;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19542611&amp;cfilm=987.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 1er ao\u00fbt, dans plusieurs salles d&rsquo;art et d&rsquo;essai de Paris et de province, la r\u00e9trospective Ozu est l&rsquo;occasion de voir ou de revoir quelques uns des meilleurs films du ma\u00eetre japonais. 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