{"id":6428,"date":"2018-09-01T09:23:02","date_gmt":"2018-09-01T08:23:02","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=6428"},"modified":"2018-09-01T09:23:02","modified_gmt":"2018-09-01T08:23:02","slug":"de-chaque-instant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/09\/01\/de-chaque-instant\/","title":{"rendered":"De chaque instant \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img2.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/18\/07\/17\/16\/26\/1166791.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Nicolas Philibert a suivi la scolarit\u00e9 des filles et des &#8211; rares &#8211; gar\u00e7ons d&rsquo;un Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de l&rsquo;est parisien. Son documentaire est organis\u00e9 en trois parties annonc\u00e9es chacune par un vers d&rsquo;Yves Bonnefoy.<br \/>\nLa premi\u00e8re montre les \u00e9tudiants durant leur formation th\u00e9orique. La pharmacop\u00e9e, la d\u00e9ontologie leur sont enseign\u00e9es en cours magistral. Ils s&rsquo;initient aux gestes de base sur des mannequins en plastique : piq\u00fbre, pansement, massage cardiaque&#8230;<br \/>\nLa deuxi\u00e8me les suit durant leurs stages pratiques (ils en effectueront un par semestre durant les trois ans de leur scolarit\u00e9) en h\u00f4pital, en unit\u00e9 de soins psychiatriques, en EPHAD&#8230;<br \/>\nLa troisi\u00e8me filme les entretiens de fins de stages des futurs dipl\u00f4m\u00e9s qui, avec un responsable de l&rsquo;IFSI, rendent compte de leur exp\u00e9rience, ext\u00e9riorisent leurs joies ou leurs doutes.<\/p>\n<p>Le choix d&rsquo;un titre. On imagine les h\u00e9sitations du r\u00e9alisateur et de son producteur au moment de choisir le titre de son documentaire. On se souvient du beau titre de celui qu&rsquo;il avait consacr\u00e9 \u00e0 un instituteur de campagne : <em>\u00catre et avoir<\/em>. Plus r\u00e9cemment, sa plong\u00e9e dans les entrailles de Radio-France \u00e9tait plus sobrement titr\u00e9e <em>La Maison de la Radio<\/em>. Le choix d&rsquo;un titre h\u00e9site toujours entre deux partis : informer le spectateur sur le contenu du film qu&rsquo;il s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 voir et\/ou annoncer \u00e0 travers le choix d&rsquo;un titre plus m\u00e9taphorique un parti pris esth\u00e9tique ou politique. C&rsquo;est d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2017\/03\/12\/lopera\/\"><em>L&rsquo;Op\u00e9ra<\/em><\/a> de St\u00e9phane Bron sur l&rsquo;Op\u00e9ra-Garnier, <em>National Gallery<\/em> de Wiseman sur le c\u00e9l\u00e8bre mus\u00e9e londonien ou la trilogie de Depardon <em>Profils paysans<\/em>. C&rsquo;est de l&rsquo;autre <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2017\/11\/03\/sans-adieu\/\"><em>Sans adieu<\/em><\/a> de Christophe Agou qui filme, comme Depardon, cette m\u00eame vie paysanne, <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2017\/04\/24\/a-voix-haute\/\"><em>\u00c0 voix haute<\/em><\/a> sur le concours Eloquentia ou <em>Le Pr\u00e9sident<\/em>, le documentaire qu&rsquo;Yves Jeuland consacre \u00e0 Georges Fr\u00eache.<\/p>\n<p>Avec <em>De chaque instant<\/em>, Philibert opte pour le second choix. Sans doute n&rsquo;a-t-il pas voulu choisir <em>Infirmi\u00e8res<\/em> &#8211; excluant les gar\u00e7ons &#8211; ou <em>Infirmiers<\/em> &#8211; trop masculin &#8211; sans se r\u00e9soudre \u00e0 l&rsquo;inclusif <em>Infirmier-\u00e8re<\/em>. D&rsquo;autant que bizarrement, le mot \u00ab\u00a0infirmier\u00a0\u00bb est absent des dialogues o\u00f9 on lui pr\u00e9f\u00e8re celui de soignant.e. On comprend volontiers ce que le titre choisi veut dire. Les infirmiers\/soignants sont pr\u00e9sents \u00e0 tout instant au chevet de leurs \u00ab\u00a0patients\u00a0\u00bb &#8211; un substantif pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;honni \u00ab\u00a0malade\u00a0\u00bb. Pour autant, <em>De chaque instant<\/em> montre moins cette disponibilit\u00e9 sans faille, cette pr\u00e9sence maternelle au chevet d&rsquo;un malade\/patient que l&rsquo;apprentissage d&rsquo;un m\u00e9tier.<\/p>\n<p>Car c&rsquo;est moins le m\u00e9tier d&rsquo;infirmier que la fa\u00e7on de l&rsquo;apprendre qui int\u00e9resse Nicolas Philibert. L&rsquo;apprentissage, la transmission du savoir \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 au cour de <em>La vie des sourds<\/em> et de<em> \u00catre et avoir<\/em>. Ici, c&rsquo;est toute la rigueur du m\u00e9tier qui est scrupuleusement pr\u00e9sent\u00e9. Rien ne nous en d\u00e9tourne, aucune digression sur la vie priv\u00e9e des \u00e9l\u00e8ves au pas desquels Philibert refuse de s&rsquo;attacher, masse indistincte et anonyme d&rsquo;apprenants attentifs et humbles.<\/p>\n<p>On a parfois, devant ce documentaire trop sage, trop lisse, l&rsquo;impression de voir un film de propagande sur la grandeur et les servitudes du beau m\u00e9tier d&rsquo;infirmier. mais ce serait avoir la dent bien dure et le c\u0153ur bien sec que de porter sur ce documentaire aust\u00e8re et beau un jugement si cynique.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19578842&amp;cfilm=265001.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nicolas Philibert a suivi la scolarit\u00e9 des filles et des &#8211; rares &#8211; gar\u00e7ons d&rsquo;un Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de l&rsquo;est parisien. 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