{"id":6618,"date":"2018-10-31T08:42:09","date_gmt":"2018-10-31T07:42:09","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=6618"},"modified":"2018-10-31T08:42:09","modified_gmt":"2018-10-31T07:42:09","slug":"silvio-et-les-autres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/10\/31\/silvio-et-les-autres\/","title":{"rendered":"Silvio et les autres \u2605\u2605\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img4.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/18\/09\/13\/10\/26\/0333266.jpg\" width=\"317\" height=\"430\" \/>Silvio Berlusconi : satyre politique.<\/p>\n<p>Dix ans apr\u00e8s <em>Il Divo<\/em>, portrait sans concession de Giulio Andreotti, le fossoyeur de la d\u00e9mocratie chr\u00e9tienne en Italie, Paolo Sorrentino se frotte au <em>Cavaliere<\/em> Berlusconi. Son film a la force de l&rsquo;\u00e9vidence. Que le peintre d\u00e9pressif de la d\u00e9cadence de la soci\u00e9t\u00e9 italienne, fasse le portrait de l&rsquo;homme qui, pendant vingt ann\u00e9es, en a vampiris\u00e9 la vie politique allait de soi. Le film, d&rsquo;une dur\u00e9e exceptionnelle, devait sortir en deux violets et \u00eatre projet\u00e9 \u00e0 Cannes. Il arrive sur les \u00e9crans six mois plus tard et en un seul.<\/p>\n<p>Les fans inconditionnels de Sorrentino, ceux qui tiennent &#8211; et ils sont nombreux &#8211; <em>La Grande Bellezza<\/em> comme l&rsquo;un des meilleurs films de la d\u00e9cennie ne seront pas d\u00e9\u00e7us. Comme dans son chef d\u2019\u0153uvre, Sorrentino signe un film outrancier, excessif, d\u00e9bordant, grave et dr\u00f4le \u00e0 la fois, lest\u00e9 d&rsquo;images folles et d&#8217;embard\u00e9es po\u00e9tiques, d&rsquo;une ob\u00e9sit\u00e9 (deux heures et vingt cinq minutes) assum\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme dans <em>La Grande Bellezza<\/em>, Toni Servillo, l&rsquo;acteur f\u00e9tiche de Sorrentino, y tient le r\u00f4le principal, outrageusement grim\u00e9 pour donner du Pr\u00e9sident du Conseil un portrait plus vrai que nature.<\/p>\n<p>Mais le lyrisme cr\u00e9pusculaire de Sorrentino et le jeu \u00e9poustouflant de Servillo sont les seules qualit\u00e9s d&rsquo;un film dont il est plus facile d&rsquo;\u00e9num\u00e9rer les d\u00e9fauts que les atouts.<\/p>\n<p>Le premier est que le modernisme sans \u00e2me d&rsquo;une splendide r\u00e9sidence sarde en bord de mer dont <em>Silvio et les autres<\/em> ne sort gu\u00e8re n&rsquo;a pas la beaut\u00e9 \u00e9l\u00e9giaque des ruines romaines qui servaient de d\u00e9cor \u00e0 <em>La Grande Bellezza<\/em>.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me est que le sc\u00e9nario fait du surplace, dont on ne sait quel fil il tire : l&rsquo;histoire de la fausse retraite du <em>Cavaliere<\/em> puis de son retour au pouvoir ou bien celle d&rsquo;un jeune arriviste (Riccardo Scamarcio gueule d&rsquo;ange aux yeux bleus dans <em>Romanzo Criminale <\/em>et<em> Dalida<\/em>) qui cherche \u00e0 approcher le Ca\u00efman en faisant parader une brochette de jolies filles d\u00e9nud\u00e9es dans la villa qui fait face \u00e0 la sienne.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me est, sans vouloir \u00eatre plus b\u00e9gueule que je ne le suis, le malaise que fait na\u00eetre, d\u00e8s la bande-annonce, l&rsquo;esth\u00e9tique clipesque du film, ses longs travelings sur des hordes de mannequins en monokini prenant des poses lascives dans des piscines \u00e0 d\u00e9bordement. On a compris qu&rsquo;il s&rsquo;agit de d\u00e9peindre les soir\u00e9es <em>bunga bunga<\/em> de l&rsquo;ogre milanais, la luxure dans laquelle il se complaisait et o\u00f9 il a rabaiss\u00e9 le d\u00e9bat politique. Mais il y a dans la fa\u00e7on de les filmer, dans la mani\u00e8re de les multiplier tout au long de ce film interminable, une complaisance qui d\u00e9range. On pourra \u00e0 raison m&rsquo;opposer le beau personnage de Veronica (Elena Sofia Ricci), l&rsquo;\u00e9pouse bafou\u00e9e dont les humiliations \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition n&rsquo;entament pas la force de caract\u00e8re. Mais elle ne fait pas le poids face aux foules de bimbos \u00e9pil\u00e9es, putes et soumises, qui peuplent le film.<\/p>\n<p>Le dernier &#8211; mais la critique peut se retourner en compliment &#8211; est l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 dans laquelle, finalement, Berlusconi demeure. \u00c0 la fin du film, il se r\u00e9v\u00e8le path\u00e9tiquement le plus humain, le plus \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb des personnages qui hantent cette galerie de bouffons. <em>Silvio et les autres<\/em>, loin d&rsquo;\u00eatre un portrait \u00e0 charge du <em>Cavaliere<\/em>, est plus complexe qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet : il s&rsquo;agit tout compte fait, \u00e0 travers le portrait d&rsquo;un homme, du portrait d&rsquo;un pays qui d\u00e9cline en faisant la f\u00eate, qui vieillit en gobant du MDMA, qui s&rsquo;\u00e9tiole \u00e0 force d&rsquo;implants capillaires.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19577483&amp;cfilm=249973.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Silvio Berlusconi : satyre politique. 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