{"id":6794,"date":"2018-12-24T09:55:57","date_gmt":"2018-12-24T08:55:57","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=6794"},"modified":"2019-12-23T20:09:33","modified_gmt":"2019-12-23T19:09:33","slug":"roma","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/12\/24\/roma\/","title":{"rendered":"Roma \u2605\u2606\u2606\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"317\" height=\"430\" class=\"alignleft size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img3.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/18\/10\/23\/14\/49\/2634032.jpg\">Roma est le quartier de Mexico o\u00f9 le jeune Alfonso Cuar\u00f3n a pass\u00e9 son enfance. <em>Roma<\/em> en raconte une ann\u00e9e \u00e0 cheval entre 1970 et 1971. Il nous plonge au c\u0153ur de la vie d&rsquo;une famille de la classe moyenne sup\u00e9rieure mexicaine. Quatre jeunes enfants, un p\u00e8re absent, une m\u00e8re qui peine \u00e0 assumer seule les charges du m\u00e9nage et deux bonnes corv\u00e9ables \u00e0 merci, sans oublier une palanqu\u00e9e de chiens crotteurs.<\/p>\n<p>On a beaucoup parl\u00e9 de <em>Roma<\/em> pour des motifs qui n&rsquo;avaient rien \u00e0 voir avec ses qualit\u00e9s cin\u00e9matographiques. Sa diffusion par Netflix, son absence des salles de cin\u00e9ma, le refus pour ce motif des organisateurs du Festival de Cannes de l&rsquo;y programmer, l&rsquo;opportunisme de ceux du Festival de Venise qui lui ont d\u00e9cern\u00e9 le Lion d&rsquo;Or : autant d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qui ont eu t\u00f4t fait de conf\u00e9rer au huiti\u00e8me long m\u00e9trage de Alfonso Cuar\u00f3n, le r\u00e9alisateur mexicain poly-oscaris\u00e9 en 2014 pour <em>Gravity<\/em>, le statut d&rsquo;un symbole : celui de la mort des salles obscures et de l&rsquo;av\u00e8nement des plateformes de streaming. Faisons liti\u00e8re de ce d\u00e9bat en notant un paradoxe : son noir et blanc esth\u00e9tisant, l&rsquo;ampleur et la complexit\u00e9 de ses plans s\u00e9quence font de <em>Roma<\/em> un film qui se pr\u00eate mal \u00e0 l\u2019exig\u00fcit\u00e9 d&rsquo;un \u00e9cran d&rsquo;ordinateur ou de t\u00e9l\u00e9vision et aurait m\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre visionn\u00e9 en Scope.<\/p>\n<p>Et parlons du film. En commen\u00e7ant par ses \u00e9videntes qualit\u00e9s. Son sujet &#8211; faire la chronique de la vie d&rsquo;une famille &#8211; le propulse imm\u00e9diatement, avec <em>Amarcord<\/em> de Fellini, <em>Fanny et Alexandre<\/em> de Bergman voire <em>La Recherche<\/em> de Proust au nombre des fresques artistiques les plus ambitieuses. Sa dur\u00e9e &#8211; plus de deux heures &#8211; sans se presser lui donne le temps de se d\u00e9ployer. L&rsquo;humilit\u00e9 de son histoire n&rsquo;a pas besoin de rebondissements dramatiques pour se tenir. Son point de vue &#8211; donner le r\u00f4le principal \u00e0 Cleo la bonne &#8211; le rattache \u00e0 ces films latino-am\u00e9ricains o\u00f9 la domesticit\u00e9 et les liens ambigus qu&rsquo;elle entretient avec les \u00ab\u00a0ma\u00eetres\u00a0\u00bb joue un r\u00f4le si important : <em>La Nana<\/em> de Sebasti\u00e1n Silva, <em>Une seconde m\u00e8re<\/em> d&rsquo;Anna Muylaert, <em>Les bonnes mani\u00e8res<\/em> de <span class=\"st\">Juliana Rojas et Marco Dutra<\/span>&#8230;<\/p>\n<p>Et venons-en \u00e0 ses d\u00e9fauts. Alfonso Cuar\u00f3n, on le sait et il le sait h\u00e9las, est un grand r\u00e9alisateur. Le plan s\u00e9quence des <em>Fils de l&rsquo;homme<\/em> est dit-on le plus impressionnant, le plus complexe, le plus r\u00e9ussi jamais film\u00e9. Du coup, il se sent oblig\u00e9 de nous en mettre plein la vue. Chaque plan millim\u00e9trique, d&rsquo;une complexit\u00e9 folle, se veut plus \u00e9tonnant que le pr\u00e9c\u00e9dent. Pourtant, chacun reproduit peu ou prou les recettes du pr\u00e9c\u00e9dent : un (tr\u00e8s) lent balayage lat\u00e9ral de cam\u00e9ra qui finit par endormir le spectateur. Cette esth\u00e9tique m&rsquo;as-tu vu devient vite r\u00e9p\u00e9titive. Elle ne nous touche pas. Pire elle finit par nous \u00e9nerver.<br \/>\nQuant au sujet, qui voudrait nous rendre attachant le destin de la bonne (nom commun ? adjectif qualificatif ?) Cl\u00e9o, la sympathie le dispute \u00e0 l&rsquo;amertume. Bien s\u00fbr, Cl\u00e9o suscite l&#8217;empathie dont l&rsquo;amour infini qu&rsquo;elle donne aux enfants n&rsquo;a d&rsquo;\u00e9gal que la fatalit\u00e9 du d\u00e9clin qui l&rsquo;accable &#8211; un sombre idiot lui fait un enfant et l&rsquo;abandonne. Mais le traitement qu&rsquo;elle subit de la part de cette famille blanche, tout \u00e0 la fois soucieuse de son bien-\u00eatre, mais profond\u00e9ment enracin\u00e9e dans son m\u00e9pris de classe et de race, laisse un go\u00fbt amer.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19579748&amp;cfilm=250095.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Roma est le quartier de Mexico o\u00f9 le jeune Alfonso Cuar\u00f3n a pass\u00e9 son enfance. Roma en raconte une ann\u00e9e \u00e0 cheval entre 1970 et 1971. Il nous plonge au c\u0153ur de la vie d&rsquo;une famille de la classe moyenne sup\u00e9rieure mexicaine. 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