{"id":9384,"date":"2019-06-11T07:33:01","date_gmt":"2019-06-11T06:33:01","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=9384"},"modified":"2019-12-23T20:05:56","modified_gmt":"2019-12-23T19:05:56","slug":"parasite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2019\/06\/11\/parasite\/","title":{"rendered":"Parasite \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"317\" height=\"430\" class=\"alignleft\" alt=\"\" src=\"http:\/\/fr.web.img5.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/19\/05\/27\/17\/24\/1087814.jpg\"><\/p>\n<p>Appelons cela le jeu des deux familles. Il se joue \u00e0 huit cartes. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, les Kim. Ils sont quatre : le p\u00e8re, la m\u00e8re, le fils et la fille. Ils sont pauvres, vivent dans un sous-sol insalubre et mal a\u00e9r\u00e9. Affreux, sales, mais pas m\u00e9chants pour paraphraser Ettore Scola. De l&rsquo;autre, les Park. Ils sont quatre eux aussi. Mais, \u00e0 la diff\u00e9rence des Kim, ils vivent eux dans un luxe insolent. Ils habitent une villa paradisiaque dans les hauteurs de S\u00e9oul, assist\u00e9s par une abondante domesticit\u00e9. Monsieur travaille, Madame, pas tr\u00e8s maline, tue le temps en s&rsquo;inqui\u00e9tant pour l&rsquo;\u00e9ducation de ses enfants. Loin d&rsquo;Ettore Scola, plus proche de Claude Chabrol.<br \/>\nLe jeune Kim s&rsquo;y fait recruter comme r\u00e9p\u00e9titeur d&rsquo;anglais de la fille Park. Suivent sa s\u0153ur, embauch\u00e9e comme art-th\u00e9rapeute du cadet, puis son p\u00e8re comme chauffeur et enfin sa m\u00e8re comme gouvernante.<br \/>\nTout irait pour le mieux dans la meilleure des arnaques si n&rsquo;apparaissaient de(ux) nouveaux joueurs.<\/p>\n<p>Les Palmes d&rsquo;or se suivent et se ressemblent &#8211; un peu. L&rsquo;an pass\u00e9, le japonais Hirokazu Kore-Eda l&#8217;emportait en mettant en sc\u00e8ne une famille sympathique de va-nu-pieds, tire-au-flanc, profiteurs d\u00e9bonnaires de l&rsquo;assistanat social. Cette ann\u00e9e, le cor\u00e9en Bong Joon-ho met en sc\u00e8ne une famille similaire.<br \/>\nMais les ressemblances s&rsquo;arr\u00eatent l\u00e0. <em>Une affaire de famille<\/em> tirait le lait de la tendresse humaine ; <em>Parasite<\/em> traite de la fracture sociale.<\/p>\n<p>Tout est parfait dans <em>Parasite<\/em>. \u00c0 commencer par son titre (vous aurez not\u00e9 le singulier) qu&rsquo;il est difficile de diss\u00e9quer sans r\u00e9v\u00e9ler les rebondissements de l&rsquo;intrigue.<br \/>\nOn va r\u00e9p\u00e9tant que <em>Parasite<\/em> marie intelligemment tous les genres. Et on a raison.<br \/>\nIl s&rsquo;agit d&rsquo;abord d&rsquo;une aimable com\u00e9die sociale. On y voit comment les Kim r\u00e9ussissent lentement \u00e0 berner les Park pour s&rsquo;incruster chez eux. C&rsquo;est intelligemment amen\u00e9, un poil trop long et un chou\u00efa pr\u00e9visible. Mais ne boudons pas notre plaisir : on est dans la tr\u00e8s bonne com\u00e9die sociale, dr\u00f4le, grin\u00e7ante et bien huil\u00e9e.<br \/>\nPuis, sans qu&rsquo;on s&rsquo;y attende, la farce tourne au drame. Le temps s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re. Si la premi\u00e8re partie du film s&rsquo;\u00e9tire sur plusieurs semaines (mois ?) la seconde se condensera en vingt-quatre heures. On n&rsquo;est plus chez Ettore Scola mais chez Park Chan-wook, le r\u00e9alisateur volontiers gore de <em>Old Boy <\/em>et <em>Lady Vengeance<\/em>. <em>Parasite<\/em> est d&rsquo;ailleurs interdit aux moins de quinze ans en Cor\u00e9e du Sud. Cache-cache vaudevillesque, inondation diluvienne, barbecue sanguinaire, cette seconde partie est riche en retournements de situation.<\/p>\n<p>Tout est parfait dis\u00e9-je. Oui.<br \/>\nLa stratification sociale vue de Cor\u00e9e est autrement plus mordante que vue de France. S&rsquo;il n&rsquo;y \u00e9tait question de cave ou de grenier, on n&rsquo;oserait rapprocher <em>Les Femmes du sixi\u00e8me \u00e9tage <\/em>et <em>Parasite<\/em> tant la comparaison ridiculiserait le cin\u00e9ma fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Mais <em>Parasite<\/em> souffre d&rsquo;un d\u00e9faut r\u00e9dhibitoire. Cette m\u00e9canique trop bien huil\u00e9e ne m&rsquo;a pas touch\u00e9, ne m&rsquo;a pas \u00e9mu. Certes, je me suis identifi\u00e9 \u00e0 la famille Kim. Je me suis attach\u00e9 \u00e0 elle &#8211; avec une rougissante pr\u00e9f\u00e9rence pour la fille, aussi jolie que d\u00e9termin\u00e9e. Je me suis r\u00e9jouis de voir la roublardise des Kim se jouer de l&rsquo;arrogance des Park avant de m&rsquo;affliger de leur sort. Mais pour autant, \u00e0 aucun moment je n&rsquo;ai vibr\u00e9.<\/p>\n<p><span data-offset-key=\"31h50-0-0\"><em>Parasite<\/em> a-t-il m\u00e9rit\u00e9 sa palme d&rsquo;Or ? Assur\u00e9ment.<br \/>\n<\/span><span data-offset-key=\"653tk-0-0\">Est-ce pour autant le meilleur film de l&rsquo;ann\u00e9e ? Non<\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19583481&amp;cfilm=255238.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Appelons cela le jeu des deux familles. Il se joue \u00e0 huit cartes. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, les Kim. Ils sont quatre : le p\u00e8re, la m\u00e8re, le fils et la fille. Ils sont pauvres, vivent dans un sous-sol insalubre et mal a\u00e9r\u00e9. Affreux, sales, mais pas m\u00e9chants pour paraphraser Ettore Scola. De l&rsquo;autre, les Park. 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