{"id":9722,"date":"2019-07-19T04:35:07","date_gmt":"2019-07-19T03:35:07","guid":{"rendered":"http:\/\/un-film-un-jour.com\/?p=9722"},"modified":"2019-07-19T04:50:24","modified_gmt":"2019-07-19T03:50:24","slug":"loeuvre-sans-auteur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2019\/07\/19\/loeuvre-sans-auteur\/","title":{"rendered":"L\u2019\u0152uvre sans auteur \u2605\u2605\u2605\u2606"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/fr.web.img6.acsta.net\/r_1920_1080\/pictures\/19\/06\/14\/09\/40\/5848711.jpg\" alt=\"\" width=\"317\" height=\"430\" \/><em>La Vie des autres<\/em> avait connu un immense succ\u00e8s, critique et public : Oscar, C\u00e9sar, Bafta du meilleur film \u00e9tranger en 2007. Depuis douze ans, on attendait le prochain succ\u00e8s de son r\u00e9alisateur, Florian Henckel Von Donnersmarck. Apr\u00e8s un d\u00e9tour calamiteux par Hollywood, o\u00f9 il a dirig\u00e9 Angelina Jolie et Johnny Depp dans <em>The Tourist<\/em>, un remake \u00e9vitable d&rsquo;un film fran\u00e7ais, le r\u00e9alisateur allemand est de retour dans son pays.<\/p>\n<p><em>L&rsquo;\u0152uvre sans auteur<\/em> se pr\u00e9sente comme l&rsquo;histoire d&rsquo;une vie : celle de Kurt Barnert, un jeune peintre en devenir, qui na\u00eet et grandit sous le nazisme, doit se conformer aux r\u00e8gles du r\u00e9alisme socialiste qui pr\u00e9vaut en RDA dans l&rsquo;imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre et finit par se r\u00e9fugier en RFA dans les ann\u00e9es soixante. Comme Fassbinder avec <em>Le Mariage de Maria Braun<\/em>, Henckel von Donnersmarck retrace l&rsquo;histoire de l&rsquo;Allemagne contemporaine en racontant l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme. C&rsquo;est la partie la plus convenue du film, celle qui \u00e0 la fois suscite le plus grand respect et cr\u00e9e le moins de surprises, tant le cin\u00e9ma allemand &#8211; ou du moins celui qui s&rsquo;exporte hors des fronti\u00e8res &#8211; semble s&rsquo;\u00eatre fait une sp\u00e9cialit\u00e9 du film historique contemporain \u00e0 force de raconter l&rsquo;histoire des petites gens sous le national-socialisme (<a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2016\/11\/26\/seul-dans-berlin\/\"><em>Seul dans Berlin<\/em><\/a>, <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2016\/07\/29\/elser-un-heros-ordinaire\/\"><em>Elser, un h\u00e9ros ordinaire<\/em><\/a>) ou sous le communisme (<a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2019\/04\/10\/le-vent-de-la-liberte\/\"><em>Le Vent de la libert\u00e9<\/em><\/a>, <a href=\"https:\/\/un-film-un-jour.com\/index.php\/2018\/05\/14\/la-revolution-silencieuse\/\"><em>La R\u00e9volution silencieuse<\/em><\/a>, <em>Good Bye Lenin<\/em> !).<\/p>\n<p>Mais tel n&rsquo;est pas le sujet central du film. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t de montrer la naissance d&rsquo;un g\u00e9nie artistique. Le personnage de Kurt Barnert est inspir\u00e9 du peintre Gehrard Richter, n\u00e9 \u00e0 Dresde en 1932, install\u00e9 \u00e0 Cologne et devenu mondialement c\u00e9l\u00e8bre pour ses \u00ab\u00a0photos-peintures\u00a0\u00bb qui interrogent le rapport de l&rsquo;auteur \u00e0 son art. C&rsquo;est autour de ce th\u00e8me que le film se concentre dans sa seconde moiti\u00e9. On y voit le jeune peintre, qui vient de se lib\u00e9rer du carcan de l&rsquo;art officiel communiste en s&rsquo;exilant \u00e0 l&rsquo;ouest, chercher sa voie. Le film prend le temps de l&rsquo;accompagner dans ses h\u00e9sitations. Et, comme de bien entendu, on assiste en direct \u00e0 l&rsquo;\u00e9piphanie cr\u00e9atrice au son de l&rsquo;ent\u00eatant <em>November<\/em> de Max Richter.<\/p>\n<p>Ce sujet \u00e0 lui seul, ne suffirait pas \u00e0 nourrir une fresque de plus de trois heures &#8211; qui est sortie d&rsquo;un seul tenant en Allemagne mais qui, bizarrement, en France, est diffus\u00e9e en deux volets, obligeant les spectateurs \u00e0 passer deux fois \u00e0 la caisse. Pour nourrir la tension, le film leste notre jeune h\u00e9ros d&rsquo;un lourd trauma familial : sa tante, la jeune Elisabeth, a \u00e9t\u00e9 st\u00e9rilis\u00e9e pendant la guerre par un gyn\u00e9cologue SS sadique qui se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre le p\u00e8re de Ellie, la jeune femme dont Kurt tombe amoureux en 1949. Le \u00ab\u00a0m\u00e9chant\u00a0\u00bb, monstrueux \u00e0 souhait, interpr\u00e9t\u00e9 par Sebastian Koch, qui jouait le r\u00f4le du dramaturge plac\u00e9 sur \u00e9coute dans <em>La Vie des autres<\/em>, est excellent. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs, on le sait, l&rsquo;indice de la qualit\u00e9 d&rsquo;un film.<\/p>\n<p>On pourrait, c&rsquo;est vrai, reprocher \u00e0 <em>L&rsquo;\u0152uvre sans auteur<\/em> son acad\u00e9misme. Mais ne m\u00e9gotons pas notre plaisir : depuis quand n&rsquo;avait-on pas pass\u00e9 trois heures au cin\u00e9ma sans regarder sa montre ?<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=19583487&amp;cfilm=243642.html\">La bande-annonce<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Vie des autres avait connu un immense succ\u00e8s, critique et public : Oscar, C\u00e9sar, Bafta du meilleur film \u00e9tranger en 2007. 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