Toni en famille ★★☆☆

Antonia, dite Toni, élève seule cinq adolescents aussi bruyants qu’attachants. Alors que les deux aînés passent leur bac et sont sur le point de quitter le nid, Toni s’interroge sur son avenir.

Voilà le genre de pitch qui a priori me fait fuir. Rien ne m’attire dans un tel cinéma : ni l’utilisation racoleuse d’une héroïne emblématique avec laquelle une partie de l’auditoire s’identifiera (la Mère courage et célibataire), ni l’héroïne bankable (Camille Cottin sans laquelle le budget n’aurait pas été bouclé), ni la coproduction Canal-France Télévisions qui laisse augurer des dimanches soirs sous la couette et des rediffusions ad nauseam, ni ces cinq gamins la gueule enfarinée, tellement mimis et qui ne partagent pas la moindre ressemblance alors qu’ils sont censés être frères et sœurs.

Pourquoi aller le voir me direz-vous ? La réponse hélas est toujours la même : par la faute d’un mélange incongru de masochisme et d’encyclopédisme. Par le souci aussi de sortir de ma zone de confort : où serait le plaisir d’aller voir uniquement des films dont on sait par avance qu’ils nous plairont ? Par l’espérance aussi d’être agréablement surpris.

Et, en l’espèce, malgré toutes mes préventions, force m’est de reconnaître que ce Toni en famille se laisse agréablement regarder. Le mérite en revient en grande partie à Camille Cottin qui est décidément, quoi que j’en pense, une solide actrice avec laquelle l’identification (pour les femmes) et l’empathie (pour les hommes) sont immédiates.
Toni en famille cache une autre surprise. Je m’attendais à ce que Toni habite Roubaix, ait le cheveu gras et des fins de mois difficiles. Mais le scénario nous entraîne sous d’autres latitudes, sur les hauteurs ensoleillées de Grasse où Toni, loin d’être une chômeuse en fin de droits, se révèle une ancienne chanteuse auréolée du succès précoce d’un tube chanté à la Star’Ac qui lui rapporte encore, vingt ans plus tard, quelques dividendes. Le film baigne dans une lumière euphorisante qui l’éloigne de l’indigeste grisaille naturaliste dans laquelle je craignais d’être plongé.

Ce rafraîchissant contrepied n’est pas la seule surprise d’un film qui nous en réserve au moins deux autres : une mère étouffante interprétée en un seul plan par Catherine Mouchet et un ex dont je ne dirai rien de plus pour préserver la surprise de son apparition. Pour le reste, hélas Toni en famille déroule ses étapes attendues. On y verra alternativement chacun des cinq ados faire sa petite crise et leur mère, épuisée mais pas capitularde, tenter de rebondir pour donner un sens à sa vie à l’approche de la cinquantaine. Inutile de vous spoiler la fin : vous la connaissez déjà avant de l’avoir vue.
C’est un peu décevant de la part de Nathan Ambrosioni qui, à vingt-quatre ans à peine, signe son deuxième film déjà après Les Drapeaux de papier et dont on aurait pu espérer plus d’originalité.

La bande-annonce

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