Les Destinées d’Asher ★★☆☆

Asher a dix-sept ans et vit dans une ville moyenne au nord de Tel Aviv. Son père vieillissant et malade dirige une petite entreprise de BTP et le presse de prendre sa succession. Asher est encore lycéen. Dans une classe difficile, il ne brille guère. Mais un professeur particulièrement sensible lui offre la possibilité de développer ses talents.

Les Destinées d’Asher est un premier film, largement autobiographique, d’un jeune réalisateur israélien qui fut un temps enseignant en lycée professionnel. L’histoire qu’il raconte est universelle. Le réalisateur Matan Yair a d’ailleurs choisi pour l’interpréter un de ses anciens élèves et l’a fait tourner son propre rôle.

Asher, montagne de testostérone, faisant facilement plusieurs années que son âge, toujours sur le point d’exploser, incapable d’exprimer ses sentiments autrement que par la violence rappelle bien des figures du cinéma et de la littérature : le jeune Antoine Doinel des 400 coups, les héros du Petit criminel de Doillon, de La Tête Haute de Emmanuel Bercot ou de La Prière de Cédric Kahn.

Le scénario est simple au risque d’être simpliste. Les Destinées d’Asher raconte le lent éveil à la conscience d’un jeune homme dont la destinée semblait tracée à l’avance : condamné par ses résultats scolaires, il était voué à prendre la succession de son père. Mais, grâce à un enseignant hors norme, Asher va réaliser qu’un choix est possible, que le champ des possibles lui est ouvert.

Le sujet, déjà mille fois filmé, serait sans intérêt si le scénario du film ne faisait le pari d’un événement surprenant au mitan du film. L’histoire qui jusqu’alors semblait nous conduire sur des rails sans surprise change de sens et de rythme. Sans manichéisme, sans opposer un père biologique sourd aux aspirations d’un fils mal compris au père d’élection que celui-ci se choisirait pour conquérir la liberté de faire ses propres choix, Les Destinées d’Asher trouve le ton juste pour nous étonner et nous émouvoir.

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Champions ★☆☆☆

Rien ne va plus dans la vie de Marco. Sa femme vient de le quitter. Le club de basket qui l’emploie le licencie suite à la violente altercation qui l’oppose à l’entraîneur dont il était l’adjoint. Arrêté au volant en état d’ébriété, il est condamné à quatre vingt dix jours de travaux d’utilité publique pour une association d’aide à des personnes déficientes. Sa tâche :  entraîner leur équipe de basket.

On dit à tort que sport et cinéma ne font pas bon ménage. Mais on se trompe de perspective. À la différence de la télévision, le cinéma peine certes à filmer l’exploit sportif proprement dit. Aucun film n’aura la puissance et l’impact d’une séance de tirs au but retransmise en direct ou d’une balle de match à Roland-Garros En revanche, le cinéma excelle là où il est le meilleur : raconter des histoires. Dès lors, il s’est fait une spécialité, au point de créer un sous-genre, de raconter celle de la création d’une équipe : c’est la clé du succès du Grand bain – qui reprend le schéma de The Full Monty. Mais c’est aussi celle de Invictus (sur l’équipe de rugby d’Afrique du Sud victorieuse de la Coupe du monde de 1995), de Rasta Rockett (sur la première équipe de bobsleigh jamaïcaine participant aux JO de 1988) ou de Comme des garçons (sur la création de la première équipe féminine de football de France).

C’est cette voie bien balisée qu’emprunte Champions. Il le fait en jouant sur la collision de deux mondes : d’un côté Marco, entraîneur d’un club professionnel, de l’autre une bande de doux dingues que rien ne prédispose à devenir des rois du panier.

Champions est un feel good movie un peu trop cousu de fil blanc. Comme de bien entendu, chacun des dix membres de l’équipe a sa minute de gloire, occasion de révéler un aspect attachant de son caractère. Comme de bien entendu, l’entraîneur ronchon s’humanisera au contact de ces joueurs. Comme de bien entendu, l’équipe franchira victorieusement une série d’épreuves sportives et humaines. Jusqu’à la finale qui se conclura, comme de bien entendu, par …

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Breaking In ☆☆☆☆

Après le décès de son père, Shaun Russell revient avec sa fille et son fils dans l’immense résidence où elle a passé son enfance.
Mais quatre criminels, venus cambrioler le coffre-fort du défunt, y ont déjà pénétré qui prennent en otage les deux enfants et menacent leur mère, restée à l’extérieur, de les exécuter si elle prévient la police.
Ils disposent de quatre-vingt-dix minutes environ avant l’intervention de la compagnie de gardiennage alertée par la désactivation des systèmes de sécurité.

Unité de temps, unité de lieu, unité d’action. Sur le papier Breaking In peut laisser espérer un film d’action nerveux et efficace, un loisir récréatif qui ne sollicitera pas trop les neurones du spectateur.

Hélas le cahier des charges est loin d’être rempli. Le scénario s’avère d’une platitude accablante, la mère courage réussissant, comme de bien entendu, à défendre sa précieuse progéniture contre les méchants très méchants qui osent lever la main sur elle. Rien dans la succession prévisible des événements qui ponctuent cette prise d’otages ne vient sortir le spectateur de la sidération dans laquelle il glisse lentement. Et, si on veut à tout prix chercher un sous-texte politique à cette histoire, le premier rôle donné à Gabrielle Union, femme et Noire, pèse des tonnes.

Breaking In devait sortir en salles en 2018 . Finalement Universal Pictures a sagement préféré le diffuser directement en DVD/VOD.

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Mon ket ★★☆☆

L’humanité se divise en deux catégories. D’un côté ceux qui connaissent les caméras cachées de François Damiens alias François l’embrouille, d’abord diffusées sur RTL, puis sur Canal plus et Internet ; de l’autre ceux qui ne les connaissent pas.

L’humanité se divise en deux autres catégories. D’une part ceux que ces séquences d’humour vache font hurler de rire tant est bluffant le culot de l’humoriste et hilarant les réactions des inconnus qu’il piège. D’autre part ceux que ces saynètes mettent mal à l’aise soit qu’ils n’auraient jamais eu le culot d’un François Damiens soit qu’ils redoutent d’en être un jour la victime innocente.

Après que ses émissions lui ont acquis une certaine notoriété, François Damiens est devenu un acteur de cinéma reconnu. Il a fait ses premières armes dans la comédie, en y interprétant d’abord des seconds rôles (un espion belge abruti dans OSS 117 : le Caire nid d’espions, Monsieur Blédur dans Le Petit Nicolas…) puis en montant en tête d’affiche dans Une pure affaire qui lui vaut le Prix d’Interprétation masculine au Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez. Sa légitimité s’est accrue lorsque François Damiens a endossé des rôles plus graves : il est nominé deux années de suite aux Césars du meilleur acteur pour La Famille Bélier en 2015 et pour Les Cowboys en 2016.

Pour la première fois, François Damiens passe derrière la caméra en 2018 pour signer la réalisation de Mon ket. Il renoue avec ses premiers amours : la caméra cachée. Avec une poignée d’acteurs, pour assurer la continuité du scénario, il en reproduit le dispositif : l’infirmière à laquelle il fait croire qu’il a un téléphone portable coincé dans l’anus, la cliente scandalisée devant laquelle il apprend à son fils de onze ans à crapoter, les beaux-parents scandalisés auxquels il annonce son mariage avec leur fille, sont des anonymes surpris par des caméras invisibles dont on imagine sans peine la sophistication qu’il a fallu pour les dissimuler et le nombre de prises infructueuses avant d’aboutir à l’effet attendu.

Le résultat est inégal. Les parties sont meilleures que le tout. On peine à s’intéresser à l’histoire convenue de cet évadé de prison qui cherche à reconquérir l’affection de son fils. Certaines séquences sont poussives ; d’autres en revanche sont franchement hilarantes. Tout bien considéré, on rit plus franchement en revisionnant les sketches de François l’embrouille qui n’ont pas pris une ride.

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Détective Dee : La Légende des rois célestes ★☆☆☆

À la cour de l’empereur, le détective Dee voit désormais ses talents reconnus. En témoignage de sa bravoure, l’épée Dragon docile lui est officiellement remise. Mais l’impératrice s’en inquiète qui corrompt le chef de la garde et lui ordonne de dérober Dragon docile à Dee.
Les manœuvres de l’impératrice risquent d’affaiblir Dee alors que la dynastie est menacée par le complot ourdi par les Sorciers masqués, une mystérieuse confrérie en mal de vengeance qui utilise des pouvoirs magiques importés d’Inde.

Après Le Mystère de la flamme fantôme sorti en 2011 et La Légende du dragon des mers sorti en 2014, le troisième volet des aventures du détective Dee est sorti en salles en 2018. On y retrouve ce mandarin de la dynastie Tang, réputé pour son intelligence et sa capacité de déduction, véritable Sherlock Holmes chinois, qui inspira au sinologue Robert van Gulik le personnage du juge Ti.

Venu du wu xia pan, le film de sabre, genre très populaire en Chine, le réalisateur hong-kongais Tsui Hark utilise les moyens délirants que les studios de Chine continentale mettent à sa disposition. Le scénario passablement touffu, qui emprunte aux feuilletons d’aventures, importe moins que les scènes de bataille dopées aux effets spéciaux. Dans un délire d’images et de sons, on y voit des décors et des costumes d’un luxe extravagant, des combats d’arts martiaux défiant les lois de la gravité, des créatures fantastiques dessinées à la palette graphique qui empruntent à la fois à la mythologie chinoise et aux mangas japonais.

Face à une telle avalanche, le spectateur n’a guère d’autres alternatives que de débrancher son cerveau et se laisser impressionner. La recette, dit-on, fait merveille en Chine où les aventures du détective Dee concurrencent les blockbusters hollywoodiens. Leur importation en Occident ne va pas pour autant de soi ; car les spectateurs ne sont pas encore habitués à cette forme de cinéma. C’est le signe que la Chine peine encore à faire rayonner à travers le monde son soft power. Pour combien de temps ?

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Roulez jeunesse ☆☆☆☆

Alex (Eric Judor) a quarante-trois ans ; mais il ne s’est toujours pas émancipé de sa mère (Brigitte Roüan) auprès de laquelle il travaille dans la petite entreprise de dépannage automobile qu’elle dirige. Irresponsable mais pas mauvais bougre, il est incapable de tenir ses engagements mais toujours prêt à rendre service.
Un beau jour, il dépanne Prune et passe la nuit avec elle. Au matin, la belle a disparu et Alex est réveillé par ses trois enfants qui exigent son attention : un bébé pleureur, un Gavroche turbulent et une ado rebelle. Pour l’aider, il appelle au secours une assistante sociale (Laure Calamy).

Le pitch et la bande-annonce de cette comédie française sortie en 2018, formatée, au suspens éventé, ne m’attiraient guère. Mais je l’ai regardée sur la foi de plusieurs critiques qui saluaient – à raison – la qualité du jeu d’Eric Judor (qui, après une longue carrière en duo avec Ramzy, creuse désormais sa voie en solo) et – à tort – la profondeur de cette comédie.

Hélas le compte n’y est pas. Tout ce qu’on prévoyait arrive. Sans surprise. Sans nous amuser ni nous émouvoir. D’abord bien sûr la comédie gentillette façon Trois hommes et un couffin avec ses gags attendus : le marmot à langer, les bêtises du Gavroche, les doigts d’honneur de l’ado punk… Ensuite, inévitablement, le tournant vers le drame sentimental : Alex, comme de bien entendu, découvrira le sens des responsabilités en se coltinant cette sympathique fratrie.

La comédie n’est pas drôle, le drame social est convenu et le mélo tourne à la mélasse. À fuir.

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L’espion qui m’a larguée ★☆☆☆

Audrey (Mila Kunis) a le moral dans les chaussettes : son copain Drew (Justin Theroux) vient de la quitter et ignore ses messages. Son amie Morgan (Kate McKinnon) qui n’en est pas à une facétie près, tente de la distraire.
Mais la vie des deux trentenaires bascule lorsque Drew réapparaît et se fait abattre par une meute de mercenaires à ses trousses après leur avoir remis une précieuse statuette.

Les films d’espionnage ont très vite engendré leur propre parodie. Ainsi de Casino royale tourné en 1967 avec David Niven dans le rôle de James Bond. Pour le meilleur et souvent pour le pire, le sous-genre a prospéré dans les années quatre-vingt-dix : True Lies avec Arnold Schwarzenegger, Austin Powers avec Mike Myers, Johnny English avec Rowan Atkinson… Le sous-genre a même produit des sous-sous-genres : le film d’espionnage parodique de science-fiction (Men in Black), le film d’espionnage parodique pour enfants (Spy kids avec Antonio Banderas), le film d’espionnage parodique pour vieux (Red avec Bruce Willis et Morgan Freeman).

Voici donc le film d’espionnage parodique pour femmes, croisement improbable entre James Bond et Mes meilleures amies. Au titre du film d’espionnage : l’intrigue faussement complexe, le scénario rebondissant d’une capitale européenne à l’autre, les coups de feu et les courses poursuite. Au titre de la déconnade féminine : le duo d’héroïnes dirigé par Kate McKinnon, révélée par ses imitations de Hillary Clinton au Saturday Night Live.

Le cocktail ne prend pas, sauf à faire preuve d’une coupable indulgence. Le film d’espionnage n’a aucune intérêt, pas même celui de nous faire visiter l’Europe (l’équipe de tournage n’a guère quitté Budapest et voudrait nous faire prendre une avenue de la capitale hongroise pour un boulevard haussmannien). L’humour trash de Kate McKinnon ne fait pas souvent mouche – sauf à trouver drôle une clé USB glissée dans le vagin de Mila Kunis. Lourde déception…

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Tharlo, le berger tibétain ★☆☆☆

Tharlo alias « Petite-natte » doit aller à la ville pour s’y faire tirer le portrait afin d’obtenir une carte d’identité. Il y rencontre une coiffeuse qui passe avec lui une soirée bien arrosée et lui propose au petit matin de changer de vie. La suggestion fait son chemin dans l’esprit du berger tibétain…

Tharlo, le berger tibétain est une curiosité : un film droit venu des hauts plateaux tibétains, tourné par un cinéaste dont on apprend qu’il s’agit de la quatrième réalisation mais dont aucune n’avait jamais jusqu’alors été distribuée en France. Les occasions sont suffisamment rares d’entendre cette langue et de voyager sous ses latitudes pour laisser passer cette curiosité.

Un film tibétain ? en noir et blanc ? quasi-muet ? en longs plans fixes ? dont le principal héros est un berger solitaire et alcoolique ? J’entends d’ici vos sarcasmes railleurs.

Je l’aurai bien cherché. Et hélas, force m’est de reconnaître que vos sarcasmes ne sont pas sans fondement. Si j’étais un poète, si j’étais un esthète, j’aurais été enthousiasmé par le destin minuscule de Tharlo et les paysages majuscules de l’immensité tibétaine filmés en long plan fixe. J’aurais été touché par cet homme hypermnésique dont le communisme n’a pas su faire fructifier les talents et l’a condamné à vivre seul au milieu de ses bêtes. J’aurais été révolté par un système sans âme qui dénie à « Petite-natte » son nom, sa chevelure et finalement sa place dans la société.

Mais je suis un spectateur de chair et d’os que le spectacle, pendant plus de deux heures, d’interminables plans-fixes, étirés au-delà du soutenable, a torturé. Un spectateur qui a passé la quasi-totalité du film à surfer sur son portable (le MK2 Beaubourg, où il était diffusé quand j’ai vu ce film à sa sortie début 2018, bénéficiait de la Wifi de Leroy-Merlin) sans rien manquer d’une histoire qui se traînait en longueur. Un spectateur qui espérait voir le Tibet et n’en a aperçu que les salons de coiffure étriqués et les karaokés enfumés. Un spectateur frustré d’avoir perdu son temps et honteux de n’être ni poète ni esthète.

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Le Poulain ★★★☆

Rien ne prédisposait le jeune Antonin Jaurès (Finnegan Oldfield qui réussit à jouer sur le fil le candide ni trop benêt ni trop roué), sinon son illustre patronyme, à faire de la politique. Repéré par un sous-couteau (Philippe Katerine, décidément excellent dans les seconds rôles), il est recruté par Agnès Karadzic (Alexandra Lamy, une main de fer dans un gant de velours), la directrice de cabinet de Catherine Beressi (Valérie Karsenti), une candidate à la primaire « démocrate ». Mais, lorsque Pascal Perenois (Gilles Cohen), le favori de la primaire, l’emporte, sonne l’heure des choix.

J’avais raté, à sa sortie en septembre dernier, cette comédie française, dissuadé par une bande-annonce qui me faisait craindre sa médiocrité. Je me trompais.

Bien que signé par Mathieu Sapin, fin observateur de la vie politique française (embedded dans l’équipe de campagne de François Hollande puis à l’Elysée, il en avait tiré deux romans graphiques : Campagne présidentielle et Le Château), Le Poulain n’est pas toujours crédible. La vie de cabinet est, hélas, autrement plus terne que celle que le cinéma fantasme et qu’il est bien obligé d’inventer pour retenir l’attention d’un auditoire qui, si la morne réalité des jours lui était racontée, aurait tôt fait de déserter les salles. C’est le travers de toutes les fictions qui s’y sont colletées, aussi réussies soient-elles, depuis Quai d’Orsay à Baron noir en passant par L’État de Grâce (la mini-série de 2006 avec Anne Consigny qui prophétisait la victoire de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007), L’Exercice de l’État (le film avec Olivier Gourmet et Michel Blanc), Les Hommes de l’ombre (la série avec Nathalie Baye).

La politique y est décrite par le petit bout de la lorgnette avec un cynisme qui ne la grandit pas. Le fond importe peu – d’ailleurs on n’identifie pas l’orientation des candidats du parti « démocrate » qui se disputent la primaire. Rien n’est dit de la France, des Français et de leurs maux – le film sortirait alors que la jacquerie des Gilets jaunes était sur le point d’exploser. Le jeu politique est réduit à une farce jouée par des pantins libidineux, ivres de pouvoir.

Mais une fois acceptée cette reductio ad pathologicum, il n’en reste pas moins que Le Poulain fonctionne parfaitement. On s’attache à son personnage principal, ce jeune stagiaire qui découvre, à son corps défendant (c’est le cas de le dire !), les dessous de la politique. On s’attache même à sa patronne, qui devient presqu’humaine dans le dernier tiers du film. Après avoir vu Le Poulain, on ne dira plus jamais avec la même légèreté : « je te rappelle sans faute ».

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Cinquante nuances plus claires ☆☆☆☆

Après bien des aventures, revoici Anastasia et Christian Grey pour le troisième tome de leurs aventures. Pour qui l’ignorerait, ils se sont mariés à la fin du deuxième et nagent désormais en pleine félicité.
Double gageure pour E.L. James, l’auteure des romans dont la saga est inspirée : quels jeux érotiques inventer pour de jeunes mariés ? quels rebondissements dans la vie sans histoire d’un couple heureux ?

La réponse est simple : aucun. Ce qui frappe le plus dans ce film est sa paresse. Le troisième volet se contente de reproduire, en plus fade, les recettes des deux premiers : trois ou quatre scènes de BDSM suffisamment pimentées pour faire rougir quelques  adolescentes et leurs boyfriends un soir de Saint-Valentin mais suffisamment chastes pour ne pas encourir une classification NC-17 aux États-Unis (on voit les seins d’Anastasia et les pectoraux de Christian mais leurs zones génitales sont pudiquement couvertes), un scénario qui ne démarre jamais tout à fait et qui, faute d’avoir une seule idée originale, reconvoque Jack Hyde, l’ancien patron d’Anastasia.

« C’est Cendrillon qui chouine dans sa guêpière » (copyright Mélanie Benoist). Du coup, Cinquante nuances plus claires se réduit à un long vidéo clip : des images léchées (si on ose dire) sur une musique à la mode. On y voit longuement le voyage de noces du couple glamour et milliardaire en France (so romantic !), leur retour à Seattle où ils ont des occupations de milliardaire : rouler dans des bolides, acheter des demeures fastueuses. Et puis … c’est tout.

On ne sait ce qu’il faut le plus regretter : que ce mom porn (film porno pour mères de famille) ait tant de succès, qu’il donne à penser aux plus jeunes que le BDSM est le mode normal d’une relation amoureuse (oui ! je sais ! je suis un vieux ringard rétrograde) … ou qu’un quatrième volet soit en cours de réalisation.

La bande-annonce