Many Saints of Newark – Une histoire des Soprano ★★☆☆

Many Saints of Newark a pour héros, à la fin des 60ies, à Newark dans le New Jersey, le mafioso Dickie Montisanti. Son frère, qui purge une longue peine, est le père de Tony Soprano – qui deviendra quelques années plus tard le capo de la famille DiMeo – un adolescent particulièrement éveillé qui considère Dickie comme son père de substitution. Le père de Dickie s’est remarié avec une jeune napolitaine, Giuseppina, dont Dickie tombe amoureux. Pendant ce temps, les tensions raciales s’accentuent dans la ville et les règlements de compte entre clans rythment la vie quotidienne des Montisanti et des Soprano.

Tous les fans de la série l’attendaient depuis longtemps : le prequel des Soprano est enfin arrivé sur les écrans, après bien des retards causés par le Covid. Le scénario a été écrit par David Chase, le créateur de la série télévisée, et la réalisation assurée par Alan Taylor qui en avait déjà dirigé plusieurs épisodes. Le rôle du jeune Tony Soprano a été confié à Michael Gandofini dont la ressemblance avec son père, James, décédé en 2013, est frappante.

Les fans en auront pour leur argent. Ils retrouveront avec délice l’atmosphère de la série, la vie en apparence très banale de cette communauté italo-américaine toujours suspendue à des épisodes aussi inattendus que perturbants d’extrême violence.
Quant aux autres, à ceux qui n’auraient pas vu la série ou à ceux qui comme moi – et j’ai conscience en en faisant l’aveu d’être ultra-minoritaire – l’ont vue sans la porter au pinacle, ils risquent d’être déçus. Ils ne saisiront pas toutes les subtiles allusions du film (c’est en lisant le dossier de presse que j’ai compris que sa dernière scène se déroule dans le même restaurant que l’ultime scène de la saison 6 de la série). Et, pour les mêmes raisons que la série les aura déçus – son faux rythme, l’accumation des mêmes situations répétitives, sa galerie de portraits caricaturaux de porte-flingue sadiques et d’épouses dépressives – ils trouveront que ce film ne présente guère d’originalité.

La bande-annonce

Storia di Vacanze ★★☆☆

Dans une banlieue pavillonnaire de Rome, l’été s’annonce torride. Les parents dînent ensemble en terrasse. Leurs enfants, Dennis, Alessia, Viola, Geremia, Ada, ont le même âge et fréquentent le même collège. Tout est calme en apparence.

Les frères d’Innocenzo avaient fait une entrée remarquée dans le cinéma italien contemporain avec leur premier film, en 2018, Frères de sang, un polar familial, sec et violent, dans la veine de Gomorra, Suburra ou Dogman. C’est à une autre veine qu’ils empruntent ici, dans un film très lisse, presqu’aseptisé, dont l’objet est de maintenir une tension permanente en filmant des scènes en apparence anodines.

Storia di Vacanze (qui a failli être diffusé en France sous le titre « Sages comme une image ») met face à face des parents et des enfants. Les parents sont d’une stupidité crasse, d’une violence psychologique et parfois physique, révoltante. On ne peut que compatir pour ces enfants plongés dans un milieu aussi toxique dont on redoute la violence inéluctable de la réaction.

On pense au cinéma de Todd Solondz ; on pense à la violence qui couve sous la cendre des films de Michael Haneke, et en particulier à l’intolérable Funny Games ; on pense aussi à L’Heure de la sortie, ce petit film français où Laurent Laffitte jouait le rôle d’un professeur dans un collège dont les élèves surdoués fomentaient un projet apocalyptique.

Storia di Vacanze repose sur une logique scénaristique qui n’est pas facile à tenir : il faut filmer pendant une heure trente des scènes badines tout en créant une ambiance malaisante qui laisse augurer le déchaînement de violence finale, dont on laisse au spectateur le soin de deviner sa nature en lui proposant autant de fausses pistes. Le procédé est exposé à un double risque : celui d’être très ennuyeux pendant la quasi-totalité du film, celui, au moment du dénouement (un peu comme dans les polars au moment où l’identité du meurtrier et ses mobiles sont découverts) de nous décevoir. Les frères d’Innocenzo semblent d’ailleurs ne pas savoir comment se dépêtrer au point de nous proposer deux fins alternatives, aussi glaçantes l’une que l’autre.

La bande-annonce

Mica ★☆☆☆

Mica est un gamin de onze ans abandonné à lui-même par des parents qui n’ont pas les moyens de l’envoyer à l’école. Ils le confient à un proche qui l’emmène à Casablanca travailler dans un club de tennis pour bourgeois huppés. Le garçonnet y découvre un monde qui lui est étranger. S’il est vite en butte à l’hostilité des garçons bien nés de son âge qui y prennent des cours de tennis, il s’attire la bienveillance de Sophia, une ancienne championne qui y donne des leçons. Il révèle vite des dons exceptionnels. Mais son statut l’autorise-t-il à participer à un tournoi ?

On se souvient de Ali Zaoua, prince de la rue, le tout premier long métrage de Nabil Ayouch, sorti en 2001, qui documentait la vie de quelques enfants des rues de Casablanca. Mica voudrait s’inscrire dans le même registre, déjà souvent visité depuis Oliver Twist et Sans Famille de l’enfance exploitée.

Le problème est qu’il entend croiser ce sujet là avec un autre : la naissance d’un champion. Le genre n’est pas mauvais en soi, même s’il est lui aussi bien balisé. On en connaît par avance chacune des étapes : d’abord la révélation d’un don, puis les difficultés à le laisser éclater, enfin la victoire finale.

Le problème (décidément, Mica en a beaucoup) est que le film ne va pas au bout de cette logique. Il s’agit moins de la naissance d’un champion que de l’émancipation d’un enfant des rues qui, malgré les obstacles placés sur sa route, pourra se faire une place dans la vie, pourra accéder à une forme de dignité et de reconnaissance.

On aurait scrupule à trouver à redire à ce programme. Pour autant, il est traité avec beaucoup de naïveté. Et la maladresse de Sabrina Ouazani, qui manifestement n’avait jamais tenu une raquette de sa vie, à interpréter une championne se voit et se paie.

La bande-annonce

White Building ★☆☆☆

Samnang a vingt ans. Il forme avec ses deux amis Ah Kah et Tol un trio inséparable. Les trois jeunes gens sillonnent Phnom Penh sur le scooter de Samnang et participent à des concours de danse hip hop en rêvant de devenir célèbres.
L’immeuble où habite Samnang et sa famille est menacé de destruction. Le père de Tol préside l’association des copropriétaires qui est confrontée à un dilemme : accepter l’indemnisation ridicule que leur proposent les promoteurs immobiliers ? ou la refuser au risque de tout perdre ?

White Building a débarqué à la dernière Mostra de Venise – où le prix du meilleur acteur a été décerné à Piseth Chhun, l’interprète de Samnang – avec deux impressionnants parrains : le Chinois Jia Zhangke qui coproduit le film et le Cambodgien Davy Chou avec qui Kavich Neang a cofondé sa société de production. Il partage d’ailleurs nombre de traits caractéristiques avec les films de ces deux réalisateurs : des paysages urbains filmés avec une poésie paradoxale, des scénarios qui interrogent la famille et les défis qu’elle doit relever, un regard nostalgique vers un passé fuyant, une vision désabusée d’une modernité deshumanisée…

Avant de tourner White Building, Kavich Nenang a filmé la destruction du « White » un immeuble emblématique du centre de Phnom Penh construit dans les années soixante, vidé durant le régime des Khmers rouges, finalement rasé en 2017. Il en fit un documentaire intitulé Last Night I Saw You Smiling et sorti en 2019. Deux ans plus tard, il en tire un film – dont il dut reconstituer les décors dans un immeuble voisin, presqu’aussi décrépit.

Son film a valeur de témoignage géographique. Il se veut porteur de la mémoire d’un lieu emblématique. Plus largement, il illustre le combat de petits propriétaires de centres-villes, dans beaucoup de métropoles, contre la promotion immobilière qui les menace d’expulsion et de déclassement, la modicité des indemnités compensatoires et la flambée des prix à l’achat leur interdisant de se reloger au même endroit.

Le problème de White Building est son manque d’originalité. Le cinéma asiatique, et même le cinéma cambodgien, n’est plus aussi exotique qu’à l’époque où il nous parvenait au compte-gouttes. On a déjà eu notre lot de plans-séquences de scooters circulant dans les rues embouteillées d’une métropole asiatique. On a déjà vu, comme dans White Building, des Mères ou des Pères Courage impuissants à enrayer la disparition de leur univers. Certes le khmer a une musique d’une douceur unique au monde. Mais cet atout là ne suffit pas à lui seul à faire un bon film.

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La Croisade ★☆☆☆

Abel (Louis Garrel) et Marianne (Laëtitia Casta) vivent dans un appartement cossu du très bourgeois septième arrondissement parisien. Il découvre un beau jour que Joseph, leur fils unique, âgé de treize ans à peine, a vendu plusieurs de leurs biens : la petite robe Dior de Marianne, les montres de collection d’Abel, les plus vieilles bouteilles de leur cave. Pressé de questions, Joseph leur dévoile le pot-aux-roses : ces ventes permettent de financer le projet qu’il met en œuvre avec des centaines de camarades de son âge, en France et à l’étranger : créer au cœur de l’Afrique une immense mer intérieure pour y freiner la désertification.

Louis Garrel, assisté de Jean-Claude Carrère qui mourra avant d’en voir l’aboutissement, a co-signé ce scénario furieusement dans l’air (pollué) du temps et en a assuré seul la réalisation. L’idée en est simple sinon simpliste et résonne avec l’actualité de la génération Thunberg : face à des adultes irresponsables qui n’ont pas pris la mesure du danger que fait peser sur nous le réchauffement climatique, les enfants doivent se mobiliser en utilisant l’expertise scientifique disponible et les moyens démultipliés que les réseaux sociaux leur offrent.

Le résultat est un peu simpliste lui aussi. La faute en est peut-être au format ultra-bref choisi : le film dure soixante-six minutes seulement, un format qui le rapproche du moyen sinon du court métrage. Certes, sa première scène est savoureuse – à condition que le plaisir qu’on prend à la découvrir n’ait pas été éventé par sa bande-annonce – mais le reste du film est un peu mièvre. Et les premiers émois adolescents du jeune Joseph n’apportent rien de neuf ni d’intéressant au sujet. Seul lot de consolation : Laëtitia Casta dont on cherche en vain dans le visage ou dans le port altier la moindre imperfection et dont la sollicitude maternelle qu’elle déploie à l’égard de son fils laisse penser que, non contente d’être la plus belle femme au monde, elle est peut-être aussi la mère la plus aimante.

La bande-annonce

Goodbye Mister Wong ★☆☆☆

Plusieurs personnages se croisent au bord du lac Nam Ngum, une réserve d’eau artificielle créée par la construction d’un barrage dans les années soixante, près de Vientiane, la capitale du Laos. France (la sublime Nini Phonesavanh Vilivong), métisse franco-laotienne, est revenue épauler sa mère qui dirige une petite entreprise touristique. Sa survie est menacée par les ambitieux projets d’un homme d’affaires chinois, Tony Wong. Wong tombe amoureux de France ; mais la mystérieuse jeune femme lui préfère Xana, un beau pêcheur solitaire. Hugo (Marc Barbé) est un touriste français venu au Laos chercher son épouse, Nadine (Nathalie Richard), qui l’a quitté depuis un an pour s’installer au Laos.

Comme Luzzu, cet exotique film maltais sorti le 5 janvier, j’étais curieux de découvrir ce film laotien, sorti dans un circuit confidentiel de deux ou trois salles parisiennes deux semaines plus tôt. Sa belle affiche, la promesse d’un dépaysement rare, la patine rétro d’une bande annonce au charme langoureux avaient constitué autant d’incitations supplémentaires.

Malgré tous mes préjugés positifs, je dois hélas avouer ma déception. J’aurais pourtant aimé aimer ce petit film fragile. Mais sa langueur typiquement durassienne (je peine encore à me remettre de Suzanna Andler), ses longueurs, ses dialogues un brin trop sentencieux, ses lents et répétitifs travelings sur l’onde ont eu raison de ma patience.

La bande-annonce

My Kid ★★☆☆

Aaron a sacrifié sa vie à Uri, son fils autiste. il lui a sacrifié sa carrière de dessinateur. Il lui a sacrifié son couple qui a éclaté. Il a organisé son quotidien autour de routines mille fois répétées et rassurantes. Mais Uri a vingt ans à présent et sa mère exige qu’il soit placé dans une institution spécialisée. Uri, que toute nouveauté effraie, n’y est pas prêt et Aaron, après avoir vainement tenté de le convaincre, n’a d’autre solution que de prendre la tangente avec lui.

Je suis allé à reculons voir My Kid, sorti depuis la fin décembre et presque disparu des écrans après quelques semaines d’exploitation. Je craignais d’y voir une démonstration dégoulinante d’amour paternel pour un enfant autiste, enchaînant les crises, testant les limites de l’incommensurable patience de son père, sous les yeux de tiers consternés, effrayés ou attendris.

Je me trompais à moitié. My Kid ne nous trompe pas sur la marchandise et vante les trésors d’amour infini qu’il faut posséder pour élever un enfant autiste. Mais il ne verse pas pour autant dans le sentimentalisme qu’on avait redouté. Certaines situations malaisantes sont ébauchées (Uri se roule par terre sur le quai d’une gare, Uri se perd dans une fête foraine, Uri a une érection à la piscine devant une bande de jolies filles) ; mais la pudeur du réalisateur le retient de les exploiter jusqu’à la corde.

Je n’ai pas d’enfants autistes autour de moi. Je n’ai pas eu la lourde responsabilité d’avoir à en élever. Je ne sais d’ailleurs pas si j’en aurais été capable. Je n’ose pas recommander aux amis qui en ont de voir ce film – de peur qu’ils voient à tort ou à raison dans cette recommendation une assignation identitaire. Mais je serais curieux de connaître leurs réactions.

La bande-annonce

A Perfect Enemy ★★☆☆

De passage à Paris pour une conférence, le célèbre architecte polonais Jeremiasz Angust (Tomasz Kot) accepte, sur le chemin de Roissy, de prendre dans son taxi une jeune touriste néerlandaise qui répond au nom étrange de Texel Textor (Athena Strates). Le duo rate son avion et doit patienter deux heures au salon VIP. Le dialogue s’engage, de plus en plus troublant, entre les deux voyageurs.

Amélie Nothomb est probablement l’une des romancières les plus célèbres et les plus vendues en France. À chaque rentrée littéraire depuis bientôt trente ans, son dernier livre prend place parmi les meilleures ventes. Pourtant, elle a été très peu adaptée au cinéma : Hygiène de l’assassin est sorti en 1999 avant qu’elle ait acquis la célébrité qu’elle a aujourd’hui, Stupeurs et Tremblements en 2003 a eu plus de succès, Tokyo Fiancée, adaptée de Ni d’Ève ni d’Adam, est passé inaperçu.

Il est à craindre que cette adaptation de Cosmétique de l’ennemi subisse le même sort. Ses droits, après bien des péripéties, ont été rachetés par plusieurs sociétés de production espagnole, allemande et française. Un réalisateur espagnol fut choisi. Le casting est très international : Tomasz Kot (Cold War) est polonais, Aretha Strates sud-africaine, Marta Nieto (l’héroïne de Madre) espagnole. On reconnaît le Français Dominique Pinon dans un second rôle. Le film a évité de justesse la sortie directe en DVD mais n’a fait l’objet que d’une distribution minimaliste : une seule salle parisienne l’a programmée pendant deux semaines à peine fin 2021.

Le résultat reste fidèle au court roman et met en scène une logomachie entre les deux principaux protagonistes, une joute verbale qu’une mise en scène rythmée réussit à ne pas rendre monotone. Elle est ponctuée de flashbacks qui éclairent progressivement l’enjeu du film et permettent de comprendre sa première image énigmatique. À équidistance du navet et du chef d’œuvre, on se laisse gentiment porter par une histoire dont on est curieux de connaître le dénouement.

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The Cloud in Her Room ☆☆☆☆

Une jeune femme de vingt-deux ans, Muzi, revient passer les fêtes du Nouvel an lunaire à Hangzhou sa ville natale. Elle s’installe dans l’ancien appartement désaffecté de ses parents qui se sont séparés. Son père, batteur dans un orchestre de jazz, a pris une nouvelle femme. Sa mère, de plus en plus alcoolique, enchaîne les amants. Muzi retrouve à Hangzhou un ami d’enfance et vit avec lui une aventure. Elle sympathise aussi avec le propriétaire d’un établissement de nuit.

La réalisatrice de The Cloud in Her Room est photographe de formation. C’est la raison qui explique le soin porté à l’image, sous toutes ses déclinaisons. C’est là, de mon point de vue, l’unique intérêt de ce film qui donne, par ailleurs, la désagréable impression de se moquer de ses spectateurs.

On a un peu l’impression que la réalisatrice a filmé, au fil de l’eau (car il pleut beaucoup dans ce film hivernal et froid), quelques scènes et nous les jette façon puzzle à la vue, à charge pour nous d’en restaurer la chronologie et la logique.

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La Méthode Williams ☆☆☆☆

Richard Williams (Will Smith) a méticuleusement planifié la carrière de ses filles, Vénus et Serena, pour en faire deux des  joueuses les plus titrées de l’histoire du tennis.

J’avais raté à sa sortie, le 1er décembre 2021, ce film, d’ailleurs éclipsé par le dernier Almodovar et une énième resucée de SOS Fantômes. L’Oscar du meilleur acteur attribué à Will Smith et le tollé provoqué par sa gifle colérique sur la scène du Dolby Theater de Los Angeles m’ont incité à rattraper mon retard. Que de temps perdu ! La Méthode Williams (dont le titre original, King Richard, est autrement savoureux, mais nettement moins explicite) est un mauvais film parasité par le cabotinage de son héros-producteur.

Venus Williams et Serena, sa cadette de quinze mois, sont des sportives hors du commun dont la carrière méritait sans l’ombre d’un doute un biopic. La façon dont leur père les a coachées, dont il a décidé, contre toute raison, de ne pas leur faire suivre la voie traditionnelle empruntée par toutes leurs prédécesseurs pour les inscrire directement dans le circuit pro sans les faire concourir aux Juniors, est originale. Pour autant, l’hagiographie à laquelle se prête Will Smith – et que co-produisent les deux tenniswomen – est bien trop univoque pour satisfaire la curiosité que ce sujet avait fait naître.

Richard Williams y est présenté comme un homme sans défaut, sinon celui de nourrir une ambition démesurée pour ses filles et de mettre en oeuvre un plan sans jamais y déroger. Rien n’est dit de son passé – avant de rencontrer la mère de Venus et Serena, il eut une première épouse et, avec elle, quatre enfants – ni de son divorce en 2003, ni de son remariage en 2010 avec une jeune femme de trente-sept ans sa cadette. Rien n’est dit non plus de sa « méthode » dont on ne saura pas après deux heures et vingt-cinq minutes de film, comment elle réussit à faire de deux filles apparemment ordinaires des joueuses d’exception.

La Méthode Williams tangente un sujet qui aurait mérité de plus amples développements : la complicité et la rivalité entre les deux sœurs, leur père ayant d’abord fait le choix de n’encourager que l’aînée avant que la cadette, grandie dans son ombre, ne l’égale puis ne la dépasse.

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