
Ancienne directrice de la photographie chez Varda, Féret ou Allio, la franco-israélienne Nurith Aviv consacre sa retraite studieuse à la réalisation de documentaires autour de sa passion : les langues, leur traduction, leur transmission. Après Traduire (2011), Signer (2018), Yiddish (2019) et Des mots qui restent (2022), la sortie de Prénoms en mars 2026 est l’occasion d’évoquer son documentaire précédent, le si joliment titré Lettre errante consacré à la lettre R, que je n’avais pas chroniqué à sa sortie.
Le sujet de La Lettre errante est aussi étonnant que passionnant. On imagine ce qu’un Perec en aurait fait. Quelle est la place du R dans l’alphabet français (ne me répondez pas la dix-huitième, histoire de jouer au plus malin !) ? A-t-elle son pendant dans d’autres alphabets ? Si non, comment est-elle traduite ?
Lettre errante a un défaut – que les précédents documentaires de Nurith Aviv avaient déjà. Il traite un sujet passionnant sous une forme excessivement monotone et académique, ici en faisant se succéder six interviews, d’une durée égale. Certes ce qu’ont à dire le célèbre écrivain norvégien Karl Ove Knausgård, une professeure japonaise de littérature française, une traductrice franco-russe, une psychologue algérienne immigrée en France, une traductrice du perse en hébreu (qui a quitté l’Iran en 1979), un écrivain haïtien qui s’est attelé à la traduction en créole de La Recherche, etc. est souvent passionnant. Mais outre que leurs témoignages ont tendance à psychologiser le sujet, évoquant les blessures du deuil, de l’exil, de la perte, alors qu’on escomptait un traitement plus universitaire, leur sempiternelle répétition produit vite un sentiment de lassitude dont nous sauve la durée très brève, cinquante et une minute à peine, de ce moyen métrage dont la sortie en salles ne se justifiait pas.
Prénoms appelle exactement la même critique. Il est constitué de douze interviews mises bout à bout, organisées exactement sur le même protocole. La réalisatrice arrive chez l’interviewé.e avec un bouquet de fleurs. Elle lui demande de raconter, assis face caméra, son rapport à son prénom. Un seul chapitre suit un protocole différent, celui consacré à la défunte Agnès Varda placé au début du film ; car les interviews se succèdent dans l’ordre alphabétique des prénoms des interviewés : Agnès, Edouard, Judith/Judon, Rym, Yue, Zynep…
Prénoms dure une heure vingt-deux. C’est une succession de témoignages toujours subtils et souvent touchants. Mais cette mosaïque impressionniste fait l’impasse sur une réflexion plus structurelle sur son objet : qu’est-ce qu’un prénom ?
Nome est une jeune garçon bissao-guinéen élevé par sa mère après le décès de son père. Amoureux de sa cousine, il lui fait un enfant, mais s’enfuit de son village par peur de la réprobation dont il risque de faire l’objet. Il rejoint la guérilla indépendantiste qui combat le colonisateur portugais.
Amina, Djeneba et Zineb sont trois collégiennes inséparables malgré leurs différences. Amina est issue d’un milieu aisé qui accepte avec réticence ses fréquentations. Djeneba se rêve influenceuse. Zineb est harcelée par Zakaria, un ami de son frère. Les trois filles réussissent à piéger le garçon trop entreprenant. Mais la mise en ligne de leur vidéo met leur amitié en péril.
Jérémie Fontanieu, professeur d’économie en terminale au lycée Delacroix de Drancy, acoquiné avec son collègue en mathématiques, se targue d’avoir inventé une méthode garantissant 100 % de réussite au baccalauréat. Il la met en oeuvre avec succès depuis 2015. Il a décidé de filmer avec leur accord les élèves de la promotion 2019-2020 – sans bizarrement que soit jamais évoqué le Covid et ses conséquences sur la scolarité.
Nathanaël Coste vit et travaille dans le Sud de la Drôme. Il y a constaté de visu les effets du réchauffement climatique. Il va à la rencontre de ses voisins, des agriculteurs qui recherchent des solutions concrètes pour s’adapter à la nouvelle situation.
Une petite cabane isolée au cœur de la forêt, au bord d’un lac minuscule. C’est un sauna à fumée au fin fond de l’Estonie. Les femmes s’y retrouvent, hiver comme été, à l’abri du regard des hommes. Elles s’y lavent, s’y soignent, s’y détendent. Elles y parlent aussi.
Apolonia Sokol est née en 1988 à Paris d’un père français et d’une mère qui a successivement vécu en Pologne et au Danemark. Elle a grandi dans l’ambiance bohême du Lavoir moderne parisien, au cœur du XVIIIème arrondissement parisien. C’est là que la jeune cinéaste danoise Lea Glob l’a rencontrée en 2009. Les deux femmes se sont liées. Pendant treize ans, de Paris à New York, des premières toiles aux premières expositions, Lea Glob a filmé Apolonia et sa renommée grandissante.
Dans l’Espagne du début des années 70, Maria aide les femmes de son village de Galice. Elle les aide à accoucher, elle les aide aussi à avorter alors que le régime franquiste l’interdit. Lorsqu’un drame l’oblige à fuir son village et à se réfugier au Portugal voisin, Maria trouve son salut dans la solidarité que lui manifestent d’autres femmes.
Sasha (Sara Montpetit révélée par
Moran (Daniel Elias) est le trésorier d’une petite banque portègne. Las de son morne quotidien, il refuse la perspective d’une vie de travail et décide de voler dans les coffres de la banque une somme suffisante pour rester oisif le reste de ses jours. Son délit entraînant nécessairement son arrestation et son emprisonnement pendant quelques années au moins, il a besoin d’un complice qui conserverait son butin le temps de son incarcération. Moran sollicite Roman (Esteban Bilgliardi), l’un de ses collègues. Une fois le casse effectué, le destin des deux complices empruntera des chemins surprenants.