Hayat ★☆☆☆

Hicran a disparu. Refusant le mariage arrangé conclu pour elle par sa famille, elle est partie à Istanbul. Son fiancé, Riza, qui la connaît à peine, part à sa recherche.

Hayat est un film turc d’un réalisateur aguerri, auteur déjà de plusieurs films tous inédits en France. C’est un long film de deux heures quarante dont le scénario recèle plusieurs rebondissements. Pour ne pas trop en dire, je n’en ai évoqué que le commencement dans la courte présentation que je viens d’en faire.

Hayat est rempli d’ellipses qui en brouillent la compréhension. Rien ne permet de savoir sur quelle période s’étend l’histoire : plusieurs années ou quelques mois à peine ? Plusieurs fois, pendant le film, je me suis demandé : s’agit-il d’un rêve ? est-ce un flashback ? Selon sa subjectivité, on appréciera ou pas cette valse-hésitation continuelle qui nous fait douter à la fois de la réalité de l’histoire et de son sens. Ainsi de la fin à tiroirs qui nous donne presque l’impression, comme dans des livres dont on est le héros de nous laisser le choix : a/ une fin malheureuse qui se termine sur le visage de l’héroïne en larmes ou b/ une fin heureuse d’un couple épanoui et d’un ventre rebondi annonciateur d’une naissance proche ?

Le problème de Hayat est de traiter, sous une forme très alambiquée, d’un sujet très simple : la chape de plomb que fait peser sur les femmes un patriarcat obtus qui les prive du choix de leur vie et leur impose un mariage dont elles ne veulent pas. Bien sûr, un tel sujet est grave et important. Il a toute sa place au cinéma. Mais Mustang l’avait traité avec plus de force et plus de grâce.

La bande-annonce