The Christophers ★☆☆☆

Julian Sklar (Ian McKellen) fut un peintre iconique pop avant de sombrer dans la vieillesse et  la misanthropie. Il habite seul un immense immeuble d’un quartier londonien cossu. Ses deux enfants, avec lesquels il est en froid, désespèrent de mettre la main sur son héritage. Ils engagent Lori, une amie faussaire (Michaela Coel), pour achever une série de huit tableaux célèbres, les Christophers, dans l’espoir qu’on les retrouve au décès imminent de leur père et qu’ils se vendent une fortune sur le marché de l’art.

Steven Soderbergh est décidément là où on ne l’attend pas. Victime d’une gloire précoce – il fut l’un des plus jeunes récipiendaires de la Palme d’or à vingt-six ans à peine avec Sexe, Mensonges et vidéo – il alterne depuis trente ans des blockbusters (Erin Brockovich, Traffic, Ocean’s Eleven et ses suites dispensables, Solaris…) et des petits films expérimentaux. Ce film-ci se situe au milieu du gué : ce n’est ni un petit film à la forme surprenante ni une grosse machine hollywoodienne. C’est un « film du milieu », pour reprendre l’expression utilisée jadis par Pascale Ferran.

Filmé à la hâte, avec des caméras GoPro collées au plafond qui donnent des espaces intérieurs une image en fish eye, The Christophers nous fait miroiter la promesse d’un film d’arnaque. Mais c’est une promesse qu’il ne tient pas. Très vite, Lori avoue au vieux peintre les raisons de sa présence chez lui. Se noue alors entre le vieil homme bourru et la jeune artiste une relation de maître à élève pleine de respect et de complicité. L’enjeu du film se déplace : il ne s’agit plus de savoir si Lori parviendra à achever les toiles de Julian Sklar mais si elle réussira à le convaincre de le faire lui-même et de retrouver ainsi le goût de la peinture et l’amour de la vie qui l’avaient quitté.

On perd un peu le nord avec des rebondissements qui n’en sont pas. Et on n’est pas sûr, à la fin du film, d’en avoir tout compris. La raison en étant peut-être qu’il n’y avait tout compte fait pas grand-chose à comprendre…

La bande-annonce

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