Mata ★☆☆☆

Mata (Eye Haïdara tendue comme un arc) est un agent de la DGSE qui, en mission au Niger, a failli être tuée dans une prise d’otages et a laissé derrière elle son binôme (Raphaël Personnaz). De retour à Paris, elle est mise à l’écart des négociations censées permettre sa libération. Mata est affectée à la DGSE à la formation d’une jeune et prometteuse recrue (Delphine Japy).

Comme sa bande-annonce nous l’avait laissé miroiter, Mata est un film d’espionnage intense façon Le Bureau des légendes avec son lot de filatures, de courses poursuites et de twists paranos. On y croise des militaires en civil qui, dans des bureaux gris, donnent avec des voix sinistres des ordres comminatoires, des espions du Service Action l’arme au pied et des agents doubles.

Le tout est bien ficelé et jamais ennuyeux. Mais l’histoire s’avère si emberlificotée, si incompréhensible qu’on renonce bientôt à en décrypter les rebondissements trop nombreux. On sort de la salle vaguement déçu avec l’impression pénible d’y avoir perdu son temps.

La bande-annonce

Tout va super ★★☆☆

Elie (Hakim Jelili) a sacrifié sa vie personnelle à sa mère Sylvaine (Noémie Lvovsky). Il croyait être sorti d’affaire quand son oncologue (Camille Chamoux, tête d’affiche avec Jonathan Cohen du précédent film de Patrick Cassir Premières Vacances) lui avait annoncé une rémission et est terrassé d’apprendre une rechute fatale. C’est le moment où, dans une boîte de nuit, il fait la connaissance d’Anaïs (Marie Colomb).

Tout va super contient deux des scènes les plus drôles qu’on ait vues cette année. Seul problème : sa bande-annonce a choisi de les dévoiler. Si bien que les deux principaux atouts du film s’en trouvent éventés et que, par l’odeur alléché, j’ai couru voir ce film en en attendant plus que ce qu’il pouvait donner.

Tout va super souffre du handicap de sortir en salles le même jour que L’Objet du délit, mon coup de cœur de la semaine. Il est sur le même créneau de la comédie française qui traite d’un sujet grave – ici, la mort imminente d’une mère en phase terminale d’un cancer incurable. Quiconque n’ira voir qu’un seul film cette semaine préférera à bon droit celui-ci à celui-là.
Autre rapprochement étonnant : Agnès Jaoui a justement joué il y a deux ans dans Le Dernier des Juifs un personnage quasiment identique à celui interprété par Noémie Lvovsky.

Tout va super contient donc deux scènes hilarantes. La seconde doit beaucoup au génie comique de Rudi Milstein decouvert en régisseur pataud dans Avignon. Je ne sais pas quel conseil donner à ceux que cela intéresse : les voir dans la bande-annonce ou au cinéma pour les découvrir in situ. Le reste de Tout va super se regarde sans déplaisir. Cette réussite doit beaucoup au trio d’acteurs qui porte le film : Hakim Jelili, gros nounours trop gentil, dans un rôle similaire à celui qu’il tenait l’an dernier dans L’amour, c’est surcoté, Noémie Lvovsky et le sourire plein d’ironie tendre qui constitue sa marque de fabrique depuis près de trente ans et la révélation de Marie Colomb, poids plume aux grands yeux clairs et aux dents si blanches qui réussit à sortir des sentiers battus le rôle pourtant essoré de la charmante petite amie.

Mais hélas, le film qui démarre si bien, souffre dans sa seconde partie d’un fatal coup de mou. Il s’octroie un détour long, inutile et prévisible, à Beyrouth (filmé en Grèce) qui casse le rythme d’une comédie qui s’annonçait sans faute.

La bande-annonce