
Riko, la quarantaine, a perdu tout contact avec son frère aîné dont elle apprend brutalement le décès. Etant sa seule famille, elle doit organiser ses obsèques, vider son appartement et prendre en charge Ryochi, le fils du défunt. Pour mener ces tâches à bien, Riko traverse le Japon jusqu’à Tagajō, une ville du Tōhoku qui porte les stigmates du tsunami de 2011. Elle est rejointe par Kanako, qui avait partagé la vie de son frère avant d’en divorcer et par Marina, la fille de celle-ci.
Fort du succès de La Famille Asada, le film suivant de Ryota Nakano bénéficie d’une diffusion en France qu’il n’aurait pas eue sans lui. Ils se déroulent tous les deux dans la même région. Mais ici, le tsunami de 2011 ne constitue qu’un arrière-plan à peine dessiné.
Ce film traite la même question, quoique sous un angle bien différent, que C’est quoi l’amour ? sorti le même jour que lui : qu’est-ce qu’une famille ? La réponse arrive dans le premier plan du film – qui en sera aussi le dernier : « C’est un refuge, pas un fardeau ».
Riko a toujours entretenu avec son grand frère des relations compliquées La benjamine a longtemps cru, à tort ou à raison, que ses parents le préféraient à elle. Puis les chemins du frère et de la sœur se sont séparés, Riko menant une vie bien rangée (elle s’est mariée et a eu deux enfants) alors que son frère, après la mort de sa mère à laquelle l’unissait un lien ombilical, sombrait dans l’alcoolisme et la marginalité, accumulait les dettes, divorçait deux fois.
Mon grand frère et moi est un film très japonais dans le sens où les sentiments et les réactions des personnages sont aux antipodes de ceux qu’auraient des personnages occidentaux. Prenons par exemple, dans l’actualité cinématographique décidément très remplie de la semaine la réaction du personnage interprétée par Vimala Pons au décès de sa mère dans Sauvons les meubles. Riko, l’héroïne, est écartelée entre le poids du devoir familial, qui lui impose de prendre en charge les conséquences du décès de son frère, et la rancœur qu’elle nourrissait pour lui, née de ses mensonges à répétition.
Le scénario déroule hélas un programme un peu trop prévisible. Lentement, grâce à des révélations successives, la vraie personnalité du grand frère se dévoile à sa sœur. Ce qu’elle croyait être des mensonges, inventés pour justifier des emprunts répétitifs, n’en étaient pas : sa chaudière avait réellement explosé, il voulait vraiment donner des leçons de piano à son fils. La morale du film, s’il y en a une, apparaît vraiment trop gnangnan : il faut aimer nos proches qui, tout bien considéré, valent mieux que ce que nous en pensons parfois.
La bande-annonce