Sauvons les meubles ★★☆☆

Lucile (Vimala Pons) est une photographe reconnue. Elle a quitté depuis longtemps pour Paris son village natal, dans le sud de la France, où elle doit retourner d’urgence. Sa mère (Guilaine Londez) est dans un état critique ; son père (Jean-Luc Piraux), gentiment à l’ouest,, est incapable de gérer la situation ; son frère cadet (Yoann Zimmer) l’appelle à l’aide et lui reproche de s’être détournée du sort de ses parents. En arrivant au chevet de sa mère, dont une infirmière compatissante (Ophélie Beau) lui apprend la récidive et la généralisation de son cancer, Lucile apprend avec son frère une autre catastrophe : sa mère s’était lourdement endettée, allant jusqu’à usurper l’identité de sa fille et les huissiers sont à ses trousses.

Sauvons les meubles est un film au titre malin. Il évoque la nécessité pour Lucile, alors que la mort de sa mère approche, de recoller des liens familiaux distendus. Il évoque aussi, très concrètement, la situation financière catastrophique de sa mère et l’urgence de mettre son patrimoine hors d’atteinte des saisies judiciaires qui le menacent. La situation pourrait porter à rire. La bande-annonce met d’ailleurs l’accent sur cet aspect du film. Mais si Sauvons les meubles est une comédie, ce n’est pas une comédie bien gaie. C’est avant tout un film sur le deuil.

C’est un film qui touchera tous ceux – et ils sont nombreux – qui viennent de perdre leur mère et qui, à l’occasion de ce deuil, des années antérieures souvent marquées par le lent dépérissement de l’être cher, des démarches longues et pénibles qui l’ont précédé et qui l’ont suivi, ont dû, bon an mal an, se livrer à un douloureux travail d’anamnèse, de retour sur soi, sur son passé, sur son enfance, sur les liens qui les attachaient à leur famille et aux lieux qui les ont vu naître et grandir.

La bande-annonce

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