
Paula et Maestra ont seize ans. Inséparables, les deux jeunes filles sont toutes les deux membres d’une équipe de natation et espèrent être sélectionnées à une compétition qui se tiendra à l’automne au Brésil. Les deux amies se confient leurs rêves et leurs craintes. Paula encore vierge aimerait avoir une première expérience. Maestra la pousse dans les bras de Daniel, aussi inexpérimenté qu’elle. Mais leur première relation se passe mal.
Chicas Tristes nous vient du Mexique. C’est le premier film d’une jeune réalisatrice. Il a été sélectionné dans une section parallèle du dernier festival de Berlin.
C’est un film lent, sans coup de théâtre. Parce qu’il se déroule dans un centre nautique et que de nombreux plans sont filmés sous l’eau, il m’a rappelé le récent The Plague qui se déroule au début des années 2000 dans un complexe sportif californien.
Mais c’est surtout un film sur le viol.
Car ce qu’a subi Paula, et qu’elle tarde à nommer, est à proprement parler un viol puisque Daniel l’a pénétrée sans son consentement. Il faut du temps à Paula pour mettre un mot sur ce qui lui est arrivé, grâce à Maestra qui lui arrache ses confidences.
La question suivante est celle des conséquences de ce viol. Faut-il que Paula en parle à son père ? qu’elle aille dénoncer Daniel à son coach ? Maestra presse son amie de le faire ; mais Paula s’y refuse, soit qu’elle minimise les faits, soit qu’elle craigne d’être réduite au statut de victime. La seconde partie du film est suspendue aux réponses qu’appellent ces questions.
Chicas Tristes ne révolutionne pas le cinéma. C’est un film qui explore des sujets déjà souvent défrichés. Mais il le fait avec une délicatesse particulièrement attachante.








