
Originaire d’Amiens, Michaël a un rêve : devenir influenceur et atteindre le million de followers.
The Giaccomo est un mockumentaire, un vrai/faux documentaire qui se présente comme le biopic d’un personnage plus vrai que nature. Il rappelle Borat ou Fatal. Il a comme eux pour héros un personnage outrancier dont la sincérité met autant mal à l’aise que ses transgressions. Un personnage qui interroge les clés de la célébrité et du succès dans nos sociétés hypermédiatisées.
Giaccomo est interprété par Xavier Lacaille, un jeune homme sage qu’on avait découvert en collaborateur dévoué dans Parlement. On l’avait revu à l’affiche de Bis repetita aux côtés de Louise Bourgoin, et dans Police Flash 80, un des meilleurs films de ce début d’année injustement ignoré. Il ose tout : une intonation ultra-beauf, des coupes de cheveux toutes plus délirantes les unes que les autres, des fringues pas possibles et surtout un culot monstre. Son personnage est à la fois ridicule, exaspérant et touchant.
The Giaccomo a la bonne idée de réunir de vrais influenceurs dont le faux Giaccomo va croiser la route : Bastos, qui a contribué à l’écriture du scénario, Tibo Inshape, Ragnar le Breton ou Magali Berdah, l’agente des influenceurs. Ces rencontres créent des mises en abyme parfois troublantes. La plus étonnante met en scène Benjamin Castaldi, croisé dans un café du 8ème arrondissement, qui, après s’être moqué de Giaccomo, essaie de lui faire toucher du doigt, avec beaucoup d’auto-dérision, la réalité banale de la vie d’un ex-influenceur.
Pour culotté qu’il soit The Giaccomo n’en a pas moins deux défauts. Le premier est, tout bien considéré la banalité de son scénario qui raconte le parcours très linéaire et très prévisible de son héros, depuis ses origines modestes jusqu’à son pic de célébrité qui précèdera fatalement une chute inéluctable. Le second est, à la différence de Jim Queen sorti le même jour de ne pas compter de gags aussi percutants : si on sourit beaucoup, on n’éclate jamais vraiment de rire devant The Giaccomo.








