
La Suissesse Floriane Devigne nous fait partager sa drôle d’obsession : retrouver les dernières cabines téléphoniques de France. Elle nous embarque dans un road movie à la rencontre de ces derniers vestiges et de leurs derniers usagers.
Le sujet de ce documentaire, tourné en 2023 et sorti trois ans plus tard dans une unique salle parisienne à des horaires improbables, m’avait fait de l’œil. Je le trouvais original et sympathique.
J’attendais peut-être une errance poétique à travers la France périphérique et ses zones blanches, non couvertes par les réseaux mobiles, dans laquelle peut-être quelques Obélix marginaux menaient un combat d’arrière-garde contre les téléphones mobiles. Un documentaire à la Depardon, dans l’inspiration des livres de Jean Rolin
Je n’ai été qu’à moitié récompensé de ma curiosité. certes Allo la France va dénicher dans des coins improbables de la France profonde des cabines désaffectées, oubliées par les PTT, France Telecom puis Orange. Ce voyage dans l’espace est l’occasion opportune de faire un voyage dans le temps et de rappeler l’histoire des cabines, le retard de la France en matière de téléphonie, son rattrapage à partir des années 70. On aurait aimé en savoir plus sur ce mobilier urbain, sa conception, son design, son coût, la carte de ses implantations, le détournement de son usage, le passage des cabines à pièces aux cabines à cartes, etc….
Hélas, Allo la France se sent obligé de prendre une tonalité plus politique et d’entonner, à travers le procès de la disparition de ces cabines, l’éloge mortifère du c’était-mieux-avant. Ce procès-là me semble particulièrement malvenu. Il fait l’impasse sur la laideur de ces cabines, sur l’inconfort des communications téléphoniques fixes, sur leur coût aussi, très pénalisant pour les moins favorisés. Il nie me semble-t-il le progrès qu’a représenté le passage au portable, sa démocratisation, son faible coût, sa maniabilité.








