
Marouane vient de passer son bac et s’apprête à rentrer en fac. Il passe l’été avec ses parents, son frère et sa sœur dans un camping des Landes. S’il est proche de Noé, un ami que ses kilos en trop ne complexent guère, Marouane se sent en marge d’un groupe auquel il n’arrive pas à s’intégrer. La veille du départ, Marouane se dispute avec Oscar et cause involontairement sa mort. Il enterre son corps. la culpabilité le ronge.
« C’est Crime et Châtiment au camping ! Ou Dostoïevski en tongs ». C’est Stéphane Demoustier qui résume le mieux son cinquième film, après les succès de La Fille au bracelet, Borgo, L’Inconnu de la Grande Arche. Trois films trois étoiles. J’en mettrais une de moins à celui-ci.
Certes, Stéphane Demoustier, qui adapte le premier roman de Victor Jestin, prix Femina des lycéens 2019, réussit fort bien à restituer l’ambiance d’une fin de vacances au camping. On sentirait presque la crème solaire, le sable qui crisse sous les pieds et l’odeur des merguez. Il réussit encore mieux à faire le portrait d’un adolescent qui s’apprête, non sans appréhension, à entrer dans l’âge adulte, qui se sent en marge d’un groupe dont il ne parvient pas à embrasser les codes, qui étouffe sous l’injonction de plaire et de pécho.
Mais La Chaleur souffre d’un défaut rédhibitoire dont le cinéma français pourtant réussit la plupart du temps à se prémunir. Ses acteurs, amateurs, sont mauvais. Très mauvais. Certes, Tristan Richard qui interprète Noé a de la gouaille et des kilos à revendre. Mais Hadrien Hussein dans le rôle de Marouane n’a aucune profondeur et ne sait rien faire d’autre que de promener ses trois poils de moustache taiseux d’un bout à l’autre du camping, écrasé par la chaleur. La seule à sortir son épingle du jeu est Martina La Manna dans le rôle de la solaire Giulia, qui apprend à Marouane que l’amour n’est pas une chose si compliquée ni si sérieuse.








