
Binationale franco-rwandaise, Lia Tessier (Sonia Rolland) est une basketteuse professionnelle qui vit en Belgique et que le sélectionneur de l’équipe nationale vient débaucher pour qu’elle participe, sous le maillot rwandais, à la Coupe d’Afrique. C’est pour Lia l’occasion de retourner dans le pays où elle a grandi et d’y retrouver son père (Jean-Hugues Anglade) avec lequel elle avait perdu tout contact.
De père rwandais, de mère belge, le réalisateur Jonas d’Adesky a voulu renouer avec ses racines et tourner au Rwanda son deuxième long-métrage. Le parcours de Sonia Rolland, qui a quitté le Rwanda en 1989 âgée de huit ans à peine et a grandi en Bourgogne, résonnait avec le sien. L’ex-reine de beauté – elle fut élue Miss France en 2000 – s’est reconvertie à la télévision et au cinéma. Elle joue ; elle réalise aussi des documentaires. Elle a gardé le lien avec le Rwanda où elle a fondé une association qui vient en aide aux orphelins du génocide.
Le titre du film et son sous-titre annoncent la couleur. Le retour de Lia dans son pays sera l’occasion de faire ressurgir le passé. Celui d’abord de sa mère assassinée en 1994 à Kibeho, dans la province du sud, à l’orée de la forêt de Nyungwe. Celui ensuite de son frère aîné, Daniel, dont Léa ne retrouve pas le nom sur le mémorial de Kibeho et dont elle va chercher à retrouver la trace. Cette catabase devient le fil rouge du film, qui lui permet d’entretenir une tension narrative dont il aurait été, sans elle, dépourvu. La quête de Daniel donne aussi à Léa l’occasion de renouer avec son père.
Kwibuka a le défaut d’être noyé dans les bons sentiments. Mais il a le mérite indéniable de nous donner une image juste du génocide, des traces indélébiles qu’il a laissées dans la mémoire des survivants, victimes comme bourreaux, et de la difficulté à construire ensemble une communauté nationale.








