
Né d’un père égyptien et d’une mère autrichienne, Abu Bakr Shawky raconte l’histoire de ses parents et de leur rencontre dans les années 70.
Notre histoire est une coproduction internationale tournée en Égypte et en Autriche. Elle a le parfum intemporel des fresques familiales. Elle a aussi celui d’une pièce de théâtre puisqu’elle ne sort quasiment jamais du petit appartement où s’entassent les membres de la famille Shawky : le père et la mère d’Ahmed, ses deux frères, son oncle…
On pense à L’Immeuble Yacoubian, aux romans d’Alaa al-Aswany pour la bruyante exubérance de tout ce petit monde. On pense aussi aux documentaires autobiographiques de Namir Abdel Messeeh (La Vierge, les Coptes et moi, La Vie après Siham) et à leur sens de l’auto-dérision. On pense enfin aux comédies italiennes des années 70 de Dino Risi ou d’Ettore Scola.
En arrière-plan, Notre histoire avec une minuscule raconte la grande histoire avec une majuscule. Celle de l’Égypte de Nasser, battue en 1967 pendant la guerre des Six-Jours. Celle de Sadate, battue en 1973 lors de la guerre du Kippour, qui laissera paradoxalement en Égypte un souvenir glorieux. Une Égypte dont les citoyens ont le sentiment honteux d’être les éternels vaincus de l’histoire, à la guerre comme au football.
On crie beaucoup chez les Shawky. On y crie autant qu’on y s’aime. L’arrivée d’un corps étranger en la personne de Liz, la correspondante autrichienne devenue, après un séjour d’Ahmed en Autriche, sa fiancée, pourrait remettre en cause l’harmonie familiale. Mais, il n’y a aucun mauvais sentiment dans ce feel-good-movie. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. En tout cas, ils en eurent un…. qui rend hommage à ses aïeux cinquante ans plus tard dans ce beau film autobiographique placé sous le signe de la nostalgie.








