
Nous sommes au milieu des années 80 dans une cité HLM de banlieue. Julien a treize ans. Il doit partager la chambre de son frère aîné. Ses parents sont des Juifs d’Afrique du Nord, rapatriés en 1962 : Yves (!) vient d’être licencié par Moulinex et s’accroche désespérément au statut de cadre qu’il vient de perdre, Sandrine travaille comme secrétaire dans un grand groupe mais espère, grâce aux compétences qu’elle a récemment acquises en informatique, une promotion.
Le duo gagnant du cinéma français, Toledano & Nakache (Intouchables, Le Sens de la fête, Hors normes…) est de retour. Leur nouveau film a été lancé au Grand Rex lors d’une avant-première qui rassemblait le ban et l’arrière ban : on y croisait Michel Drucker, Claude Lelouch, Sandrine Kiberlain, Gad Elmaleh… Leur film devrait faire un tabac au box office. Il n’atteindra évidemment pas les dix-neuf millions d’entrées de l’intouchable Intouchables ; mais il vise les trois de Samba et du Sens de la Fête ou les deux de Hors normes.
Il rassemble tous les ingrédients pour ce faire.
D’abord une plongée régressive dans les années 80, qui réjouira tous les quinquagénaires dont je suis et qui rappelle le tout récent Police Flash 80 : la musique de Téléphone ou d’Imagination, « Touche pas à mon pote », les jingles de TF1 et d’Antenne 2, les films pornos de Marc Dorcel (avec un caméo hilarant des deux réalisateurs)….
Ensuite une brochette d’acteurs au sommet de leur talent : Louis Garrel et son hideuse moustache, Camille Cottin en mère de famille empêchée, Pierre Lottin en gardien d’immeuble bourru, les jeunes Alexis Rosenstiehl (déjà vu dans Ceux qui comptent) et Simon Boublil , qui évitent le piège du cabotinage.
Enfin une chronique nostalgique et bienveillante de l’adolescence, de l’année de la bar mitzvah de Vincent, de la chaleureuse amitié de ses copains de collège, de ses premières amours avec la jolie Anne-Catherine, lestée d’un père facho, de la complicité chahuteuse qui l’unit à son grand frère…
Le paquet est parfaitement ficelé. Toledano & Nakache appuient sur tous les boutons avec succès. Paradoxalement, c’est cette quasi-perfection qui constitue le principal défaut du film. J’en avais déjà fait le reproche à leur précédent film, Une année difficile, succès mitigé qui n’avait pas atteint le million de spectateurs. On rit, on est ému, on passe un excellent moment…. mais deux semaines plus tard, on a déjà oublié ce film oubliable qui ne laisse aucune trace, ne creuse aucun sillon.








