
Les bâtiments d’un corps de ferme perdu au fond de la Haute-Vienne ont été divisés en plusieurs lots. L’un est occupé par une artiste solitaire (Monica Bellucci). Les autres restent la priorité d’un agriculteur (Bastien Bouillon) qui l’occupe avec sa femme Nora (Hafsia Herzi) et avec sa fille Ida. Le soir de l’anniversaire de Nora y débarquent trois frères qui cherchent à assouvir une obscure vengeance.
Auréolé de son prix Goncourt pour La Maison vide, Laurent Mauvignier avait écrit cinq ans plus tôt un gros polar poisseux de plus de six cents pages au pluriel déroutant, Histoires de la nuit. Léa Mysius (Ava, Les Cinq Diables) en signe une adaptation fidèle.
Elle convoque une palanquée d’acteurs remarquables. J’ai beau ne rien aimer dans Hafsia Herzi, ni son jeu ni sa diction, force m’est de reconnaître qu’elle est l’actrice idoine pour Nora/Leïla. Benoît Magimel ne force pas son talent dans un rôle qu’il a déjà endossé mille fois, d’ex-taulard transpirant dans un costume trop clinquant. Bastien Bouillon est parfait dans le rôle du petit paysan naïf pris au piège de ses bons sentiments. Seul bémol peut-être : Monica Bellucci, trop belle pour un personnage que j’aurais imaginé plus volontiers interprété par Josiane Balasko en mode Le Hérisson.
Léa Mysius fait du bon travail en s’effaçant derrière le livre qui contenait déjà tous les ingrédients d’un bon film. En le lisant d’ailleurs, on imaginait déjà avec gourmandise ce que serait son adaptation cinématographique et on n’est pas déçu. Tout se passe en temps quasi réel, l’espace d’une longue nuit claustrophobe, pris au piège de cette ferme éloignée de tout. Et tout se dénoue au petit matin comme prévu, l’écoulement du temps ayant eu l’effet bénéfique de me faire oublier le dénouement du livre.
Histoires de la nuit a été sélectionné à Cannes. C’était sans doute faire trop d’honneur à ce film honnête mais nullement inoubliable. Il est d’ailleurs reparti bredouille de Cannes ce qui n’est que justice eu extrême à la remarquable qualité des autres films en compétition cette année (Fjord, Garance, Notre salut, L’Être aimé, Minotaure…).








