
Elliot (Cooper Hoffman, fis de feu Philip Seymour Hoffman) est embauché dans la galerie d’Erika Tracy (Olivia Wilde) une célèbre artiste contemporaine en pleine préparation de sa prochaine exposition. Il en devient vite le jouet sexuel.
Gregg Araki est de retour. Ce réalisateur californien d’origine nippo-américaine avait marqué les années 90 avec sa « trilogie de l’adolescence apocalyptique », punk, nihiliste et provocatrice : Totally F***ed Up, The Doom Generation et Nowhere qui repasse régulièrement en salles – et qui a bien mal vieilli. Il n’avait plus tourné pour le cinéma depuis White Bird, sorti en 2014 et adapté d’un roman (excellent) de Laura Kasischske.
Gregg Araki a vieilli. Il a soixante-six ans. Il s’est embourgeoisé : les galeries d’art trendy ont remplacé les salles de shoot cradingues de ses premiers films. Mais l’Almodovar californien, ouvertement gay et léchant comme le maestro madrilène ses décors pops, est toujours aussi obsédé et déjanté.
I Want Your Sex ne ment pas sur la marchandise. Son titre, son affiche, son interdiction aux moins de douze ans annoncent la couleur. Il y est question de relation SM avec, comme dans l’excellent Babygirl, une executive woman milf domina, et comme dans le non moins excellent Pillion, un banal jeune homme dont la seule qualité semble être son don pour la soumission.
Dans le rôle d’Erika Tracy, Olivia Wilde, la quarantaine fièrement assumée, en fait trop et a bien raison. Ses robes de soirée improbables, ses tenues fétichistes cuir et queer sont hallucinantes.
I Want Your Sex n’est pas seulement une succession d’images provocatrices. C’est aussi une critique des paradoxes de notre société, qui revendique sa désinhibition mais qui, tout bien considéré, reste pudibonde et sentimentale. On aurait pu redouter que l’histoire se termine par un happy end moralisateur – qui aurait vu Elliot se détourner des plaisirs toxiques que lui offre Erika et déclarer enfin sa flamme à Apple, sa coloc et meilleure amie pour la vie. Fort heureusement, le scénario évite ce piège pour une conclusion plus ambiguë.








