
Ryland Grace (Ryan Gosling), un professeur de sciences en collège aux méthodes non conformistes, est recruté par Eva Stratt (Sandra Hüller), qui dirige un consortium international aux moyens illimités chargé de combattre le fléau qui menace l’avenir de la Terre : de mystérieuses molécules astrophages sont en train de lentement dévorer le soleil. Seul remède : envoyer une navette spatiale vers le soleil d’une lointaine galaxie qui semble avoir réussi à se protéger de cette attaque, l’étudier, prélever des échantillons et revenir vers la Terre avec la solution magique qui la sauvera.
Il y a une dizaine d’années, plusieurs films remarquables étaient simultanément sortis, redonnant ses lettres de noblesse à un genre qu’on croyait essoré depuis La Guerre des étoiles et ses innombrables sequels, reboots et autres spin-off. Gravity (2013), Interstellar (2014) Seul sur Mars (2015) et Ad Astra (2019) ont marqué leur époque. Immenses succès, critiques et publics, tournés par de grands réalisateurs (Alfonso Cuarón, Christopher Nolan, Ridley Scott, James Gray), avec les stars les plus bankables du moment (Sandra Bullock, George Clooney, Matthew McConaughey, Matt Damon, Brad Pitt…), ils empruntaient des thématiques proches : un ou une astronaute perdu.e dans l’espace mobilisait toutes ses ressources pour sauver sa peau et/ou sauver la planète.
C’est le même ressort qu’utilise ce Project Hail Mary adapté d’un roman dont l’auteur, Andy Weir, avait écrit celui qui avait inspiré Seul sur Mars. On prend donc (presque) les mêmes et on recommence.
Ryan Gosling a remplacé Matt Damon dans le rôle du Terrien débrouillard catapulté à plusieurs dizaines d’années-lumière de la Terre-Mère. Le blondinet Canadien est depuis La La Land toujours aussi sexy, toujours aussi cool. C’est avec l’œil qui plisse et le sourire qui pointe qu’il se joue des dangers qui en auraient désarçonné plus d’un. Il reçoit l’aide inattendue d’une créature extraterrestre venue au même endroit avec la même mission que lui : sauver son système solaire des astrophages. Croisement improbable entre l’ET de Spielberg, les créatures de Premier Contact (à mon sens le plus grand film de SF jamais réalisé égalité avec 2001) et Patrick l’étoile de mer, Rocky va rapidement apprendre les rudiments de la coolitude goslingienne et s’avérer d’une aide précieuse.
Projet dernière chance s’étire sur deux heures trente sept. Certes son générique dure dix bonnes minutes qui suffisent à peine à passer en revue les innombrables collaborateurs de cette superproduction hollywoodienne à plus de deux cents millions de dollars (à comparer aux trente, qui semblent déjà follement ambitieux à l’échelle de la France, des Rayons et des Ombres). Il n’en reste pas moins bien trop long, avec sa fin à tiroirs qui n’en finit plus.




Ancienne directrice de la photographie chez Varda, Féret ou Allio, la franco-israélienne Nurith Aviv consacre sa retraite studieuse à la réalisation de documentaires autour de sa passion : les langues, leur traduction, leur transmission. Après Traduire (2011), 



