
Mike est un « urchin », un voyou, un garnement. Il fait des allers-retours entre des foyers, la rue et la prison. Il s’y retrouve une fois encore après un vol avec agression. Il en ressort quelques mois plus tard. Sera-t-il enfin sur la voie de la rédemption ?
Urchin est l’œuvre de Harris Dickinson, un jeune acteur en voie de starification, qui partageait la tête d’affiche de Babygirl avec Nicole Kidman et celle de Iron Claw avec Zac Effron avant d’interpréter prochainement John Lennon sous la direction de Sam Mendes. La jeune star a réalisé son premier film. Il laisse le premier rôle à Frank Dillane récompensé par le prix du meilleur acteur de la section Un certain regard à Cannes l’an dernier. Récompense méritée tant son interprétation est incandescente.
Urchin raconte, sans effet de manche, sans figure de style, une page de la vie d’un SDF. On voit Mike tenter de renouer avec une vie normale, travailler dans les cuisines d’un restaurant, s’essayer à la vie de couple avec une collègue de travail. Urchin n’est pas un film social, un film à thèse, façon Ken Loach dans lequel la grandeur des gens de peu est glorifiée et l’inhumanité d’une société sans cœur stigmatisée.
Son personnage est extraordinairement ambigu ce qui en fait la richesse et l’intérêt. Mike est-il un gamin détruit par une enfance sans amour dont la rédemption est possible ? ou un sauvageon perverti que rien n’empêchera de glisser inexorablement sur la pente de ses addictions ? Si j’osais, je dirais qu’on aura l’une ou l’autre opinion de lui selon qu’on est de droite ou de gauche. Etant au centre, j’ai eu les deux et j’ai adoré cette indécision.








Phillip Vanderploeg