
Bear est transi d’amour pour Nikki, qui travaille avec lui dans un magasin d’instruments de musique. Mais Bear est trop timide pour lui déclarer sa flamme malgré les encouragements de Ian, son meilleur ami. Il forme le vœu que Nikki l’aime plus que tout au monde. Son vœu miraculeusement se réalise. Au-delà de toutes espérances…
Voici le petit film, tourné avec trois bouts de ficelle par un réalisateur de vingt-six ans pour 750.000 dollars et qui en a rapporté à ce jour 400 millions. Il est sorti en France début mai et y a attiré déjà plus d’un million de spectateurs. Je ne serais pas allé le voir s’il n’était pas devenu un tel phénomène et si mes fils ne m’y avaient pas incité.
Je ne suis pas un grand spécialiste du cinéma d’horreur. Je n’en vois pas beaucoup, alors que c’est un genre qui draine un public énorme. Ma réticence tient à deux raisons. La première est que je tiens, à tort peut-être, ce genre pour très pauvre et très répétitif – dont les parodies sont devenues presqu’aussi populaires. Si sans doute Massacre à la tronçonneuse, L’Exorciste ou The Thing sont des chefs d’œuvre, je ne vois pas l’intérêt d’un douzième Vendredi 13 ou d’un septième Scream. La seconde est plus personnelle : ces films me fichent une frousse bleue !
Récemment, le genre a pris une inflexion notable. Dans la veine notamment des films d’Ari Aster (Hérédité, Midsommar) ou de Jordan Peele (Get Out, Us, Nope), les films d’épouvante ont pris un tour moins sanglant et plus psychologisant. Obsession s’inscrit dans ce courant-là.
Obsession n’est pas un film particulièrement horrifique, même s’il réserve son lot de jump scare (la traduction française, effet de sursaut, est bien pataude) et d’hémoglobine. Il se déroule dans l’environnement parfaitement ordinaire d’une petite ville américaine anonyme. Le climat qu’il crée n’est pas particulièrement angoissant. D’ailleurs son interdiction aux moins de seize ans se discute. La commission aurait pu, sans erreur manifeste d’appréciation, opter pour un moins de douze.
C’est moins un film d’horreur qu’un film sur le couple. Un film d’abord sur les difficultés à se déclarer, à sortir de la friendzone, à devenir un peu plus qu’un simple « ami ». Un film ensuite sur la toxicité du couple, sur les dangers à s’aimer par-dessus tout et à ne vivre que l’un pour l’autre, un film sur le nécessaire équilibre à trouver. C’est pour ces raisons un film qui ne se contente pas de faire peur comme un vulgaire film d’épouvante, mais une œuvre qui interroge notre société et sa façon d’appréhender le couple.
Pour autant, Obsession mérite-t-il tout le bien qu’on en dit ? Je n’ai pas été absolument convaincu. Certes, j’ai apprécié la performance démente d’Inde Navarrette, qui réussit en un clin d’œil à passer d’une attitude à une autre, radicalement autre. Mais pour autant, j’ai trouvé le scénario de ce film bien plat et sa clé d’explication décevante.








