
La documentariste Lana Daher a réalisé un travail titanesque. Elle a plongé dans des (dizaines de ?) milliers d’archives filmées pour réaliser un portrait kaléidoscopique du Liban : des documentaires, des films, des photos, plus ou moins anciens. On pourra essayer d’en reconnaître certains : Caramel de Nadine Labaki, Je veux voir avec Catherine Deneuve, Memory Box de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, etc.
Le résultat aurait pu être obèse et durer des heures. Do You Love Me (sans point d’interrogation) a l’élégance de durer une heure quinze à peine.
Son défaut est de vouloir trop embrasser : la guerre, la résilience, les couchers de soleil, la trivialité du quotidien, l’impossible vivre-ensemble d’une myriade de communautés religieuses souvent arc-boutées sur leur identité…. Le résultat a des airs de long vidéo-clip. D’ailleurs la musique, d’une grande variété (sic), joue un rôle déterminant dans ce documentaire : son titre est celui d’un vieux tub des années 70 de Bendaly Family.
Mais le refus obstiné de toute contextualisation brouille vite la lecture : où sommes-nous ? en quelle année sommes-nous ? certes l’affiche et un carton au début du film nous auront prévenus : « la désorientation fait partie du voyage ». Mais, l’excuse est fragile : « vous n’allez rien comprendre, mais je vous aurai prévenu ! »
Peut-être ces images parleront-elles aux Libanais et à tous ceux qui connaissent intimement ce pays et son histoire. À tous les autres hélas, elles resteront incompréhensibles et, pire, répétitives.








