
Élise (Marie Rémond), la trentaine déjà bien avancée, peine à trouver sa place dans la vie. Elle entretient depuis plusieurs années une relation toxique avec un metteur en scène, Leopold (José Garcia), égocentrique et volage. Elle ne se sent pas à la hauteur de l’opportunité inespérée qui lui est offerte : remplacer le vieux metteur en scène, brutalement décédé, qu’elle assistait jusqu’alors pendant les répétitions d’une pièce de Thomas Bernhard. Des crises de panique de plus en plus handicapantes la saisissent à l’improviste. Elle peut certes s’appuyer sur l’amitié fidèle d’Emma (Olivier Côte).
Élise sous emprise part d’une bonne idée : raconter, par le biais de la fiction, le trouble panique, une maladie à laquelle on n’ose pas toujours donner un nom. L’an dernier, un autre film français similaire par son économie et son objet, Différente, réussissait, avec beaucoup de finesse, le même travail au sujet de l’autisme.
Mais hélas, ici, la sauce ne prend pas. Ce n’est pas la faute de Marie Rémond, second rôle récurrent du cinéma français (Jeune Femme, Maryline, Les Fantômes…), qui signe ici son premier film dont elle a écrit le scénario et dont elle joue le premier rôle. On mesure le poids de son investissement et on se sent bien mesquin, en dix minutes, sur un coin de table, de démolir le travail de plusieurs années.
Ce n’est pas la faute non plus de José Garcia, qu’on ne voyait plus guère ces derniers temps, détestable à souhait dans le rôle d’un conjoint infidèle. Le choix de cet acteur pour ce rôle-là s’avère particulièrement pertinent : il est suffisamment séduisant pour qu’on comprenne l’attraction qu’il exerce sur Elise et, en même temps, totalement horripilant.
Mais ces qualités sont éclipsées par les défauts trop nombreux du film. Le principal est sans doute son scénario. Il tend deux fils : le premier est celui de la relation toxique entre Élise et Leopold, le second est la mise en scène de la pièce de Thomas Bernhard dont Élise hérite de la responsabilité. Devine-t-on par avance comment ces deux histoires vont se terminer ? Élise finira-t-elle par se libérer de l’emprise de Léopold et réussira-t-elle avec succès à balayer tous les obstacles qui la mèneront à une première ovationnée ? Si tel avait été le cas, j’aurais reproché au scénario d’être trop prévisible. Or il nous réserve une surprise par rapport à cette double attente. Pour autant, jamais content, je trouve que cette « surprise » est encore moins convaincante que la fin du film que j’avais imaginée.








