Le Monde d’hier ★☆☆☆

Elisabeth de Raincy (Léa Drucker), présidente de centre-gauche, a décidé de ne pas se représenter. Son ancien Premier ministre, Luc Gaucher (Jacques Weber), est en lice face au chef de l’extrême-droite (Thierry Godart que j’avais tant aimé dans Un village français). Mais, trois jours avant le premier tour, le secrétaire général de l’Elysée (Denis Podalydès) vient annoncer à la présidente que les services russes sont sur le point de diffuser une video compromettante de Luc Gaucher qui le disqualifierait dans la course à l’élection. Que faire ?

Dans les mois et les semaines précédant l’élection présidentielle, les films et les documentaires politiques consacrés à ce moment clé de notre vie démocratique se sont multipliés : Les Promesses, Municipale, La Disparition, La Campagne de France, En même temps… Dans cette (trop ?) longue panoplie, la bande-annonce du Monde d’hier laissait augurer le meilleur : un polar crépusculaire dont le ton et les couleurs n’étaient pas sans rappeler ceux de L’Exercice de l’Etat – qu’on présente souvent comme l’une des meilleures fictions jamais réalisées sur le pouvoir, même si j’ai personnellement sur ce sujet une opinion légèrement dissidente.

La première moitié du Monde d’hier tient ses promesses. La galerie des personnages qui y est présentée est immédiatement attachante, qu’il s’agisse de la présidente, de son secrétaire général, de son Premier ministre (Benjamin Biolay), de son garde du corps aussi mutique que loyal (Alban Lenoir que Diastème avait révélé dans l’excellent Un Français) et même de la fidèle secrétaire interprétée par Emma de Caunes que je n’avais pas reconnue avant que son nom apparaisse au générique de fin.

Cette mise en place ressemble au premier épisode d’une longue série. Et c’est bien là le défaut du Monde d’hier (dont on n’aura pas compris malgré la citation finale pourquoi son titre est emprunté au livre crépusculaire de Stephan Zweig). Les personnages qu’il campe, l’intrigue qu’il dessine pourraient nourrir plusieurs épisodes, dignes de House of cards ou de Baron noir. Or, Le Monde d’hier dure quatre-vingt-neuf minutes à peine. On a l’impression que son réalisateur, pris par le temps, n’a pas tiré tous les fils de l’intrigue qu’il avait nouée. On la quitte en plein milieu, interloqué, sans avoir compris comment elle se dénouait. Dommage…

La bande-annonce

Retour à Reims (fragments) ★★☆☆

Le documentariste Jean-Gabriel Périot (Une jeunesse allemande, Nos défaites) adapte l’essai autobiographique de Didier Eribon, publié en 2009, encensé par la critique et par la presse.

Retour à Reims comportait trois livres en un.
Le premier avait l’auteur pour héros et racontait, à l’occasion, de son retour dans sa ville natale, son parcours de transfuge de classe, comme Annie Ernaux l’avait fait avant lui et selon un modèle que Edouard Louis reproduirait quelques années plus tard jusqu’à l’épuiser.
Le deuxième était une chronique familiale, un essai de microhistoire écrit à partir de la biographie de ses parents, une femme de ménage sevrée de l’éducation qu’elle n’a pas reçue et un ouvrier communiste.
Le troisième, plus ample, était la tentative, à travers le parcours de vie des parents de Didier Eribon et de leurs choix politiques, du Parti communiste au Front national, de raconter l’histoire de la classe ouvrière française de la seconde moitié du vingtième siècle.

C’est cette troisième dimension et elle seule que retient Jean-Gabriel Périot, qui a la prudence d’avoir ajouté au titre le mot « fragments » pour s’autoriser cette infidélité à l’original.
Du parcours de Didier Eribon, transfuge de classe, provincial monté à Paris, faisant son coming out, journaliste à Libération puis au Nouvel Observateur, biographe de Michel Foucault, on ne verra rien. Et c’est bien dommage.
Du parcours de vie de ses parents, on ne verra rien non plus faute de documents visuels pour l’illustrer.
En revanche, grâce à un remarquable travail d’archives, la voix d’Adèle Haenel nous raconte ce que les vies misérables de ce manoeuvre et de cette femme de ménage ont à nous dire de l’histoire ouvrière et sociale du vingtième siècle.

On est loin des Trente Glorieuses, de la croissance débridée, de Mai 68 et de la construction européenne. Vu de Reims, la vie était bien grise, comme ces images qui semblent définitivement figées dans un noir et blanc intemporel. On touche du doigt en les regardant la détresse sociale du lumpenprolétariat de ces temps-là. Si on était plus positif -ce que Retour à Reims n’est guère – on se féliciterait des progrès enregistrés depuis cinquante ans, dans l’accès à l’éducation par exemple qui à l’époque était l’apanage de la bourgeoisie et des classes supérieures, les fils et filles d’ouvriers et d’agriculteurs étant jetés sur le marché du travail dès leurs quatorze ans.

Retour à Reims ne verse pas dans une nostalgie mielleuse. Didier Eribon n’est pas tendre avec ses parents et notamment avec son père dont il pointe le sexisme. C’est d’ailleurs la misogynie beauf de cette époque qui est la plus criante dans les bouts d’archives que l’on voit. Là encore, on peut légitimement s’en émouvoir et s’en scandaliser ; on peut aussi se féliciter que de tels propos, de telles attitudes ne soient plus imaginables de nos jours.

Didier Eribon dénonce le racisme de ses parents lorsqu’arrivent les premiers immigrés et leur ralliement honteux (et tu), dans les 80ies après la déception du mitterrandisme, au vote d’extrême-droite. il en fait une analyse très juste : leur haine des immigrés, leur racisme était dit-il une façon pour eux, en rabaissant plus petit et plus pauvre que soi, de se hisser dans l’échelle sociale et d’y trouver une position de domination qui ne leur avait jamais été reconnue jusque là.

Tourné en 2019, le documentaire s’autorise dans son épilogue une mention hasardeuse aux luttes contemporaines : les Marches pour le climat, les Gilets jaunes… Il lance à la gauche anticapitaliste un appel à l’union. Un appel d’une particulière actualité à la date de sa sortie (30 mars 2022) et encore aujourd’hui à la veille des législatives qui verront – ou pas – cette gauche unie – ou pas – tenir la dragée haute à l’extrême droite et à LREM.

La bande-annonce

Soy Libre ★★☆☆

Durant seize ans, la documentariste Laure Portier, passée par l’ENSAV à Toulouse et l’INSAP à Bruxelles, a filmé son demi-frère Arnaud Gomez, un adolescent élevé par un père absent et par une mère instable, ballotté de foyer en foyer avant de sombrer dans la délinquance.

Soy Libre est un documentaire doublement touchant.
Touchant par son héros, Arnaud, un Antoine Doinel du vingt-et-unième siècle, sevré d’amour, qui cherche désespérément le bonheur, dans une fuite solitaire, en Espagne d’abord, puis au Pérou.
Touchant par le regard aimant que porte sur lui sa demi-sœur, la réalisatrice Laure Portier, qui entrelace les images qu’elle a elle-même tournées et celles qu’Arnaud a filmées avec son téléphone portable comme autant de bouteilles à la mer lancées depuis l’autre bout du monde pour donner des nouvelles à sa sœur et l’appeler au secours.

Si l’on manquait d’empathie – et j’en possède très peu – on pourrait avoir une réaction épidermique à ce  documentaire, l’accuser de complaisance, considérer son héros comme un parasite social dont les délits répétés ne méritent aucune indulgence et que sa sœur, au risque de s’en rendre elle-même complice, filme avec une complaisance coupable. Je mentirais en disant que cette réaction là ne m’a pas effleuré.

Mais – car Dieu merci l’humanité qui sommeille en nous se réveille parfois – on ne réussit pas à trouver ce chien fou tout à fait antipathique, à ne pas être affligé par sa longue errance solitaire au bord des autoroutes espagnoles ou des rues pluvieuses de Cuzco, à ne pas être ému de son chagrin au chevet de sa grand-mère agonisante et à ne pas être rasséréné par l’équilibre qu’il semble avoir enfin trouvé au fin fond de la jungle amazonienne auprès de sa femme et de son bébé (ne me reprochez pas de spoiler un film que, de toutes façons, vous n’irez pas voir faute qu’il soit diffusé dans plus d’une salle bobo du Quartier latin !)

La bande-annonce

Medusa ★☆☆☆

Mariana appartient à une groupe de jeunes filles, les Précieuses, rattaché à une Église évangélique et binômé avec un groupe de jeunes garçons, les Veilleurs de Sion. Ces huit femmes, bientôt rejointes par une neuvième, une cousine de Mariana dont elle parraine l’entrée dans le groupe, mènent à la nuit tombée des opérations punitives dans les rues de São Paulo pour poursuivre, attaquer et terroriser les femmes qu’elles croisent et auxquelles elles reprochent leurs mœurs légères.

Anita Rocha da Silveira signe un film intrigant, au frontière de plusieurs genres : film d’horreur (Mariana trouve un emploi dans une clinique lugubre dont les patients sont plongés dans un coma profond), polar (les Précieuses partent à la recherche d’une starlette mystérieusement disparue), drame sentimental (Mariana s’éveille à l’amour au contact d’un séduisant infirmier), brûlot politique (Medusa dénonce les dérives du bolsonarisme, confit en religion, violent, haineux et misogyne, et le poids du patriarcat).

Le résultat s’avère à la longue pourtant décevant. Le film tourne en rond autour des thèmes, pourtant passionnants, qu’il entend traiter. Son audace formelle (prises de vue nocturnes, couleurs fluo, échappées poétiques…) surprend, interroge, mais lasse vite. La scène finale, paroxystique, cumule les défauts de ce film trop long. Dans le même registre, on lui préfèrera largement le dérangeant Les Bonnes manières.

La bande-annonce

The Housewife ★☆☆☆

Toko a arrêté de travailler après son mariage pour élever son enfant. Coincée entre sa belle-mère, son mari et sa petite fille , elle s’étiole à vue d’oeil. Lorsqu’elle croise un ancien amant, avec qui elle avait effectué un stage une dizaine d’années plus tôt dans un cabinet d’architecture, et renoue avec lui une liaison adultère, elle se décide à reprendre le travail. Son nouveau poste lui offre de nouvelles perspectives mais l’oblige à remettre en cause son mariage et son statut.

The Housewife est le curieux titre choisi par les distributeurs français de ce film de la réalisatrice Yukiko Mishima, sorti au Japon, mais aussi aux Etats-Unis et au Royaume-Uni sous le titre Red. Red est en effet le titre du roman publié en 2014 par la jeune écrivaine Rio Shimamoto. La couleur rouge fait allusion, semble-t-il, au sang, aux liens familiaux, que la culture japonaise place au-dessus de tout et dont l’héroïne de The Housewife doit se libérer.

Film de femme, adapté d’un roman écrit par une femme, The Housewife a le mérite de battre en brèche quelques uns des préceptes masculinistes sur lesquels le Japon est construit : la femme doit souvent y renoncer à son travail après son mariage ; elle doit se consacrer à l’éducation de ses enfants ; silencieuse et aimante, elle doit décharger son mari des tâches domestiques.

L’actrice Kaho (qu’on avait déjà vue chez Kurosawa et chez Kore-Eda) a ce mélange de force et de faiblesse qui convient parfaitement à ce rôle. Hélas le scénario la dessert, qui essaie assez artificiellement d’enchasser dans la narration chronologique de son histoire des flash-forwards nébuleux dont le sens ne s’éclairera que très progressivement. The Housewife présente des scènes de sexe très explicites – ce qui n’est pas monnaie courante dans le cinéma japonais depuis Oshima. Mais c’est bien là la seule originalité d’un film qui accumule les poncifs mélodramatiques.

La bande-annonce

Des mots qui restent ★★☆☆

Ancienne directrice de la photographie chez Varda, Féret ou Allio, la franco-israélienne consacre sa retraite studieuse à la réalisation de documentaires autour de sa passion : les langues, leur traduction, leur transmission. Après Traduire (2011), Signer (2018) et Yiddish (2019), voici Des mots qui restent consacré aux dialectes arabes mâtinés d’hébreu parlés tout autour du bassin méditerranéen et retranscrits en caractères hébraïques : le ladino (ou haketia) judéo-espagnol du nord du Maroc, le judéo-libyen parlé par Aldo Naouri dans son enfance, le judéo-persan….

Je suis allé le voir dans le même cinéma bobo du Quartier Latin où j’avais vu ses trois précédents documentaires, probablement entouré des mêmes spectateurs fidèles, âgés et fins lettrés.

Nurith Aviv interviewe chez eux, à Paris, à New York, en Israël, six spécialistes de ces idiomes. Elle les filme systématiquement en six séquences d’une dizaine de minutes chacune selon le même schéma. D’abord, dos à leur fenêtre, ils prononcent quelques mots usuels dans leur langue. Puis, face caméra, ils donnent une longue interview. La séquence se termine par la lecture d’un court texte, tiré d’un classique de la littérature judéo-arabe ou d’un écrit d’un des interviewés.

Les cinquante-deux minutes formatées et la structure métronomique de ce documentaire n’en font pas un objet de cinéma. Il doit sa sortie très limitée à l’audience que les documentaires de Nurith Aviv y ont acquise auprès d’un public CSP++ vieillissant et passionné de sémiologie. Pour autant, son sujet si savant n’en est pas moins fascinant. Et, l’intelligence lumineuse des différents intervenants est volontiers communicative. Si écouter des orateurs intelligents rendait intelligent, on serait moins bête à la sortie de la salle.

La bande-annonce

Women Do Cry ★★☆☆

Ana, Veronica et Yoana sont trois sœurs. Leur mère, qui avait consacré sa vie à les élever est morte. Leur père, un homme violent et autoritaire, est diminué par un AVC qui l’a à moitié paralysé. Ana est la mère de deux jumelles : Lora est ingénieure en BTP et Sonja (Maria Bakolova qui interprétait la fille de Sacha Baron Cohen dans le second Borat) vient d’apprendre que son amant, un homme marié, lui avait transmis le VIH. Veronica fait une dépression post-natale avec son bébé qu’un mari absent lui laisse élever seule. Yoana vit en couple avec une femme dans une société qui accepte mal les couples LGBT.

Il n’ya rien de la délicatesse de Tchekov dans cette chronique militante filmée par un couple de réalisatrices bulgares et lesbiennes. Il tire à boulets rouges sur la société bulgare, sa misogynie, son patriarcalisme. Constamment, l’histoire de ces cinq femmes résonne avec les débats qui agitent la Bulgarie autour de la ratification de la Convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes qui a été caricaturée comme une tentative de l’Occident de diffuser la théorie du « genre » – un mot dont on apprend qu’il n’a pas de traduction en bulgare – et de corrompre les familles.

La charge est rude. Elle n’en est pas moins efficace. À lui seul, le personnage de Sonja, le vertige qui le saisit quand elle apprend sa contamination, auraient pu faire l’objet d’un seul film. À vouloir à tout prix y rajouter les histoires de sa mère – qui s’estime coupable d’avoir tu pendant toute son enfance les violences domestiques dont sa propre mère était victime – et de ses deux tantes, Women Do Cry charge un peu trop la barque au risque de la faire couler.

La bande-annonce

Cinq nouvelles du cerveau ★☆☆☆

Le réalisateur suisse Jean-Stéphane Bron s’est fait un nom dans le monde du documentaire en filmant les conséquences de la crise des subprimes aux Etats-Unis (Cleveland contre Wall Street, 2010), en disséquant les failles du régime démocratique suisse menacé par la montée de l’extrême-droite (L’Expérience Blocher, 2013) et en pénétrant dans les coulisses de l’Opéra de Paris (L’Opéra, 2017).

Il change du tout au tout de focale en nous invitant dans le monde fascinant des neurosciences. Des neurologues, des mathématiciens, des informaticiens, des roboticiens essaient d’y répondre à des questions vertigineuses : comment fonctionne notre cerveau ? ses fonctionnalités peuvent-elles être reproduites par une machine ? une intelligence artificielle pourra-t-elle apprendre et se perfectionner ? risquera-t-elle un jour de dominer son créateur ?

Ces questions sont passionnantes. Mais hélas, les éléments de réponse que nous offre le documentaire de Jean-Stéphane Bron sont décevants.
Il interviewe l’un après l’autre cinq chercheurs (quatre hommes et une femme seulement, ce qui ne va pas sans poser un problème d’équilibre des genres que des esprits vétilleux soulèveront sans doute) là où une approche thématique aurait peut-être été plus efficace. Chacun présente pendant une petite vingtaine de minutes ses travaux, comme s’il courait seul dans son couloir, alors qu’un chercheur progresse en discutant et en confrontant ses hypothèses avec ses collègues.

Certains des interviewés sont plus attachants que d’autres et laisseront une marque plus profonde, tels Niels Bierbaumer dont les travaux sur les interfaces cerveau-machine permettent à certains malades victimes de locked-in syndrom (tel le héros du Scaphandre et du Papillon) de communiquer avec leurs proches. D’autres donnent froid dans le dos, tel David Rudrauf qui imagine sans sourciller vaincre la mort en « téléchargeant » nos consciences dans des machines.
Mais au total, on n’apprend pas grand chose qu’on ne savait et, plus grave, on ne trouve pas les réponses aux questions qu’on se posait.

La bande-annonce

Ma nuit ☆☆☆☆

Marion (Lou Lampros) a dix-huit ans. Sa mère (Emmanuelle Bercot) ne parvient pas à faire le deuil de sa fille aînée, morte cinq ans plus tôt dans des circonstances qui resteront inconnues, dont elle célèbre  ce jour-là l’anniversaire avec quelques amis. Marion fuit l’appartement familial pour déambuler dans Paris. Elle retrouve son amie Justine et va avec elle à une fête. En en sortant, elle rencontre Alex (Tom Mercier) qui lui propose de la raccompagner en scooter.

Antoinette Boulat filme sur le tard son premier film après avoir depuis plus de vingt ans dirigé des castings. Cette première réalisation frappe par son manque d’originalité. On y voit, comme on l’a déjà vu mille fois, une jeune femme, pas tout à fait encore sortie de l’enfance ni entrée dans l’âge adulte, errer l’espace d’une nuit dans les rues de la capitale. Comme de bien entendu, cette errance sera l’occasion de plusieurs rencontres qui la feront évoluer et, qui sait ?, rencontrer l’amour.

Bien loin de l’élégance antonionienne de La Notte, Ma nuit (pourquoi cet adjectif possessif ?) multiplie les poncifs : les longs plans séquence dans un Paris noctambule et désert, le passage en boîte de nuit avec lumière stroboscopique, le plongeon dans la Seine…
La jeune révélation Lou Lampros (déjà aperçue dans De son vivant – où elle jouait la jeune étudiante de théâtre amoureuse de Benoît Magimel – et dans Médecin de nuit) est condamnée à répéter les mêmes moues dépressives. L’indéfinissable accent de Tom Mercier, le héros israélien déraciné à Paris de Synonymes, introduit une touche d’exotisme dont le scénario ne sait pas que faire.

La bande-annonce

Un fils du sud ★☆☆☆

Bob Zellner (Lucas Hill)un jeune Blanc d’Alabama, dont le grand-père est membre du KuKluxKlan, réussit à vaincre les préjugés de son milieu et à s’engager pour la défense des droits civiques dans le Sud raciste des années soixante.
Un fils du sud raconte son histoire.

La ségrégation raciale dans le Sud, le racisme dont les Afro-Américains ont été victimes et la lutte pour les droits civiques constituent des sujets éminemment cinématographiques qui ont donné lieu à plusieurs films remarquables : Mississipi Burning, Miss Daisy et son chauffeur, La Couleur des sentiments, Selma, Green Book, Loving, Marshall Un fils du sud se rajoute à cette longue liste en prenant pour héros non pas un Noir victime de discrimination, mais un Blanc qui s’engage courageusement dans cette cause.

C’était déjà le prisme de Du silence et des ombres (l’adaptation du roman à succès de Harper Lee Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur) qui avait été tourné en 1962 alors que le sujet était d’une brûlante actualité.  Il avait pour héros Gregory Peck qui interprétait le rôle d’un avocat veuf et père de famille qui assurait la  défense d’un Noir accusé de viol.
C’est faire beaucoup trop d’honneur de mettre sur le même plan le chef d’oeuvre multi-oscarisé de 1962 et ce biopic oubliable, d’un manichéisme réducteur, que rien ne sauve sinon peut-être la grâce de Lex Scott Davis qui, la malheureuse, n’a même pas sa place à l’affiche.

La bande-annonce