
Fred (Vincent Macaigne) et Marguerite (Laure Calamy) se sont rencontrés au lycée, se sont aimés, se sont mariés, ont eu ensemble une fille, Léa (Céleste Brunnquell) et se sont séparés. Marguerite a refait sa vie avec Sofiane (Lyes Salem) et a eu avec lui une seconde fille, Raphaëlle (Saül Benchetrit). Fred a mis plus de temps à refaire la sienne avant de rencontrer Chloé (Mélanie Thierry), catholique pratiquante qui, avec l’aide d’un cousin curé (Grégoire Leprince-Ringuet), tente de convaincre Fred de faire annuler son premier mariage afin de se marier à l’Eglise. Mais pour ce faire, il faut l’accord de Marguerite.
La bande-annonce diffusée ad nauseam pendant tout le mois d’avril, le battage publicitaire qui met en avant les prix glanés à L’Alpe d’Huez, pas toujours synonymes de subtilité, le sous-texte sociologisant (« Cette famille, c’est la vôtre »), le titre pataud de C’est quoi l’amour ? m’avaient fait craindre une poisseuse comédie française façon Cocorico. C’était mal connaître la subtilité du travail de Fabien Gorgeart, scénariste et réalisateur – et habitant du 13ème – dont j’avais beaucoup aimé les deux premiers films : La Vraie Famille (2020) et Diane a les épaules (2017).. Comme le troisième, ils interrogeaient ce que faire famille signifie.
Loin d’être, comme je l’avais à tort imaginé, une poisseuse comédie française, C’est quoi l’amour ? est une comédie fine et sensible, remarquablement écrite. On y sourit, on y rit, et pas seulement aux gags éventés par la bande-annonce. Solidement documenté, le film raconte la procédure suivie devant un tribunal ecclésiastique en vue de l’annulation d’un mariage religieux. Il commence à Rouen, s’offre un week-end à Rome où les personnages ont failli perdre leur sang-froid (sic), et un happy end qui fera couler une larme aux plus insensibles – avec [spoiler] un discours génial de la géniale Céleste Brunnquell.
Comme dans les films de Nakache & Toledano, un grand soin est apporté à chacun des personnages qui, tous sans exception, respirent la bienveillance. C’est d’ailleurs le (seul) défaut de cette histoire, peut-être un peu trop angélique et feel good, qui aimerait nous convaincre qu’en dépit des vicissitudes de la vie, il faut toujours garder de l’amour pour les êtres qu’on a un jour aimés.
Dans les rôles principaux Vincent Macaigne et Laure Calamy font la démonstration éclatante de leur éclatant talent. Ils rappellent le duo formé par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Si le scénario leur offre deux rôles en or, il donne aux seconds rôles une vraie épaisseur. Il faut dire un mot de Lyes Salem, dont-tout-le-monde-connaît-la -tête-mais-personne-ne-se-souvient-du-nom, dans un personnage d’époux compréhensif et de beau-père aimant, tout en finesse, et de Mélanie Thierry à contre-emploi dont les deux premiers plans m’avaient fait craindre qu’elle sombre dans une caricature de grenouille de bénitier mais qui fait éclater son talent comique dans un karaoké romain. Un mot enfin des seconds seconds rôles : Grégoire Leprince-Ringuet au phrasé hilarant, Jean-Marc Barr en prêtre inquisiteur, Aurélie Petit en avocate speedée et Bakary Sangaré dans un rôle pour le moins inattendu.
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