L’Écologie des sentiments ★★★☆

Félix (Andranic Manet) est un jeune homme lunaire qui travaille dans l’hôtel tenu par son père (Alexandre Steiger). C’est dans ce petit hôtel parisien que descend Lola (Salomé Rose Stein), une jeune activiste engagée pour la cause animale, venue au Salon de l’agriculture pour y mener avec Abraham (Abraham Wapler) une action coup de poing.

L’Écologie des sentiments fait partie de ces petits films sortis en catimini au cœur de l’été dans un circuit de salles confidentiel. C’est le premier film d’un membre de la géniale troupe des Chiens de Navarre, Alexandre Steiger, aujourd’hui quinquagénaire, qu’on a vu régulièrement dans un tas de petits films français sans lui avoir prêté l’attention qu’il méritait : L’Ordre et la Morale, Eiffel, Oranges sanguines, Queen of Montreuil….

Le récit qu’il raconte pourrait sembler à la fois suranné, loufoque et futile. Suranné : l’hôtel sans âge dirigé par le père de Félix, avec ses papiers peints impersonnels. Loufoque : l’opération commando menée par un trio d’activistes animalistes au Salon de l’agriculture. Futile : les émois de Félix devant la jolie Lola qui l’attire et l’impressionne en même temps.

Une de mes meilleures amies a trouvé que ce film était férocement dépourvu d’intérêt. Elle me l’avait fermement déconseillé. Elle apprendra peut-être, à la lecture de ce billet, que je ne l’ai pas écoutée. J’en suis désolé…. et ravi ! Car, sans pouvoir en expliquer objectivement les raisons, j’ai été follement séduit par ce petit film de rien du tout. Par le charme de ses deux acteurs principaux : par Andranic Manet qu’on avait déjà vu dans Mes provinciales ou La Récréation de juillet, une sorte de Jacques Tati jeune, qui réussit la gageure d’être simultanément agoraphobe et claustrophobe, et par la révélation Salomé Rose Stein, pétillante, que je n’avais jamais vue nulle part.

Le cinéma a ceci de merveilleux et d’inattendu que, même si on a vu des milliers de films, même si on finit par connaître ses goûts et ses dégoûts, on réussit encore parfois, on réussit même assez souvent, à être étonné, à succomber au charme d’un film qu’on n’attendait pas – ou à être cruellement déçu d’un film qu’on attendait. Le cinéma nous réserve encore mille surprises. Merci à lui !

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Les Madeleines ★★☆☆

Le pitch qu’on trouve de ce documentaire sur Allociné est délicieux : « Chaque dimanche, à l’heure de la messe, un homme en nœud papillon prépare vingt-quatre madeleines. Jadis, ces pâtisseries le rebutaient : qui a envie de croquer dans un gâteau portant le nom de sa mère ? Mais depuis que Madeleine est morte, grâce à ce rituel, Stéphane-Jacques a l’impression de passer « un petit moment avec elle ». N’est-il pas plaisant, à l’heure du thé, de se rappeler ses premières amours et son meilleur souvenir de double pénétration ? » Sa chute m’a fait exploser de rire… et j’espère qu’elle ne vous aura pas trop choqué.

Après avoir publié sa très explicite Histoire de ma sexualité, un récit autobiographique sans fard qui documentait sans en rien omettre la vie (homo)sexuelle de son auteur, Arthur Dreyfus a été contacté par Stéphane-Jacques. De leur correspondance est née l’idée d’un film.

Stéphane-Jacques est étonnant. Il est né en 1966. On dirait un vieillard. On comprendra plus tard pourquoi. C’est un aristocrate, un esthète en nœud papillon et en boutons de manchette qui habite un appartement parisien rempli d’œuvres d’art. On ne saura quasiment rien de sa vie professionnelle sinon qu’il fut pendant une dizaine d’années restaurateur d’art. On suppose que sa richesse lui vient de sa famille, dont les aïeuls fréquentèrent Proust et la haute bourgeoisie de la Belle Epoque.

Stéphane-Jacques est homosexuel et ne s’en cache pas. Il évoque, sans filtre, son goût de la bite et du sperme. Le film est interdit aux moins de seize ans. Pour autant, il ne faut pas être bégueule pour entendre les confessions amusées de Stéphane-Jacques, racontées sur un ton pince-sans-rire à l’imparfait du subjonctif (un temps auquel le verbe savoir se conjugue, on le sait, avec bonheur), images crues à l’appui. On se demande comment il a traversé les années Sida qui auraient dû le percuter de plein fouet… et on a bientôt la réponse à cette lourde hypothèque.

Stéphane-Jacques évoque longuement ses deux parents qui se rencontrèrent en hôpital psychiatrique où ils étaient traités par électrochocs. Ils étaient tous les deux embryologistes. Son père ne l’a pas aimé et Stéphane-Jacques lui rend bien sa haine. Sa mère au contraire l’a couvé, feignant d’ignorer ses frasques. Son fils lui voue un culte révérenciel et cuisine chaque dimanche la pâtisserie qui porte son prénom, que Proust a immortalisée et qui a donné son titre à ce documentaire.

Ce documentaire peut inspirer des sentiments contrastés. On peut trouver inutilement provocatrices les saillies (!) de Stéphane-Jacques, se lasser de son exhibitionnisme et se désespérer de son cynisme. On peut aussi le trouver franchement drôle. On peut enfin le trouver attendrissant, oisillon tombé du nid, si frêle, si fragile, éternellement en deuil de sa maman défunte.

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Cap Farewell ☆☆☆☆

Pour avoir mouillé dans les trafics de Max son compagnon, Toni (Noée Abita) a été arrêtée et condamnée. À sa sortie de prison, en liberté conditionnelle, elle retrouve sa fille dont sa mère (Pascale Bussières) avait entretemps assuré la garde et son oncle (Olivier Gourmet) qui lui offre un emploi dans son restaurant. Mais le passé et ses mauvaises habitudes ont tôt fait de resurgir.

Nous vient de Belgique ce petit film noir tourné début 2024 qui a mis plus de deux ans à se frayer un chemin jusqu’aux salles belges où il est sorti en avril dernier et aux salles françaises où sa sortie fin juillet, dans une trentaine de salles à peine, le condamnait à l’invisibilité : il a enregistré à peine 2171 entrées au box office.

On peut certes déplorer l’échec de ce « film du milieu », comme les désignait le rapport Bonnell, ces films écartelés entre l’ambition de toucher le grand public et l’exigence artistique. Mais on peut en voir sa cause dans sa médiocrité.

Il n’y a rien de bien original dans ce scénario qui voudrait jouer à la fois sur les codes du film noir et sur ceux de la tragédie familiale intime. Sa réalisatrice invoque The Yards de James Gray ; mais il n’y a rien de commun entre Cap Farewell et les luttes d’influences au sein des mafias russes de New-York sinon peut-être les paysages balayés par les vents des plages de Coney Island et de Breskens en Zélande. Elle invoque également les films d’Andrea Arnold, Fish Tank, American Honey ; mais là encore, la référence est écrasante, le film de Vanja d’Alcantara n’ayant ni l’âme ni la flamme de ceux de la réalisatrice britannique multi-primée.

Le plus triste est qu’Olivier Gourmet, toujours excellent, fait ici pâle figure dans le rôle caricatural d’un chef maffieux. Seule consolation : l’interprétation habitée (!) de Pascale Bussières, une actrice québécoise qui fut si prometteuse dans les 90ies et qu’on n’avait guère vue depuis.

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Gavagai, et autres malentendus ★☆☆☆

Maja, une actrice allemande (Maren Eggert), et Nourou, un acteur français d’origine sénégalaise (Jean-Christophe Folly), tournent à Dakar une adaptation contemporaine de Médée sous la direction d’une réalisatrice française hystérique (Nathalie Richard, double à peine déguisée de Claire Denis). Quelques mois plus tard, le trio se reforme à Berlin où le film est présenté en avant-première.

Il faut faire quelques recherches pour comprendre le sens du titre. Il est emprunté au philosophe du langage Orman Quine et désigne l’impossibilité de comprendre avec certitude une langue étrangère [Dans cette expérience de pensée, un linguiste observe un autochtone qui crie « gavagai » en voyant un lapin fuir. Le mot semble signifier « lapin », mais il pourrait tout aussi bien signifier « c’est un repas », « animal rapide » ou « partie blanche »].

Cette recherche faite, on comprend que Gavagai est un film sur le fossé interculturel et l’incommunicabilité. Sujet passionnant s’il en est. L’Allemand Ulrich Köhler, qui avait réalisé en 2018 le post-apocalyptique In My Room, raconte l’histoire d’un couple mixte en train de se former qui est confronté à deux situations bien particulières. La première est le tournage au Sénégal d’un film inspiré de la fameuse figure mythologique de Médée, interprétée par une femme blanche au milieu d’acteurs noirs, professionnels ou amateurs. La seconde est l’incident trivial qui marque l’arrivée de Nourou dans l’hôtel berlinois où la production le loge le temps de l’avant-première et qui l’oppose à un vigile polonais.

Ainsi présenté, le sujet semble stimulant. Mais, la juxtaposition des deux histoires est dissonante : les enjeux que pose l’adaptation contemporaine de Médée sont d’une autre ampleur que ceux d’une vulgaire altercation. Et le scénario n’arrive pas à se dépêtrer de ses contradictions. Certes, on ne voit pas le temps passer face à cette histoire bien écrite et bien jouée ; mais on ne peut s’empêcher d’être vaguement déçu par un film qui, à force de refuser de s’engager, finit par s’effondrer sur lui-même.

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Home Stories ★★☆☆

Laura a seize ans. Aînée d’une fratrie de trois enfants, elle a grandi dans une petite ville de Thuringe, en ex-Allemagne de l’Est. Ses parents sont divorcés. Sa mère attend un enfant de son nouveau compagnon. Ses grands-parents tiennent un hôtel-restaurant et un centre équestre. Sa tante entend restaurer la vieille usine désaffectée de la ville pour en faire un musée municipal. La qualification de Laura pour une émission télévisée nationale type The Voice oblige cette famille à s’interroger sur elle-même : en quoi est-elle « spéciale » ?

« Etwas Ganz Besonderes », quelque chose de tout particulier. Le titre original allemand fait particulièrement sens. Le titre retenu par les distributeurs français, qui plus est en anglais, est bien plus insipide.

Eva Trobisch avait signé en 2018 un premier film que j’avais beaucoup aimé sur le déni du viol et la résilience, Comme si de rien n’était. Elle retrouve ici la même sensibilité dans cette fresque familiale polycentrique. La qualification de Laura pour la finale d’un concours de chant – qui sera l’occasion pour son grand père de se rendre en Allemagne « de l’Ouest » pour la première fois de sa vie – en constitue moins le sujet central que le révélateur. C’est l’occasion pour chacun des membres de la famille de Laura d’avoir son mot à dire : son père qui n’accepte pas que sa femme l’ait quitté, sa mère enceinte d’un nouveau compagnon bien falot, ses grands-parents incapables de réaliser que l’œuvre de leur vie, ce chalet merveilleux niché au fond des bois, est en train de faire faillite, Laura elle-même qui devra bientôt entrer dans l’âge adulte….

Le film est au passage un témoignage subtil sur cette Allemagne qu’on disait de l’Est qui, trente ans après la chute du Mur, continue à garder un « mur dans la tête » (Mauer im Kopf). Ses populations font face à un double problème. La relation avec leur passé évoquée à travers la réaffectation de l’ancienne usine d’Etat qui employait la quasi-totalité des travailleurs de la ville. La relation complexée avec les Allemands « de l’Ouest », plus riches, plus branchés.

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D’où vient le vent ★☆☆☆

Alyssa (Eya Bellagha) et Mehdi (Slim Baccar) étouffent à Tunis. Alyssa doit, depuis la mort de son père, porter à bout de bras sa mère démissionnaire et veiller sur sa petite sœur. Mehdi se voit sommé de trouver un travail alors que ce surdoué du dessin rêverait de vivre de son art. Quand Alyssa apprend qu’un concours, financé par l’ambassade d’Allemagne, avec à la clé un séjour à Berlin, est organisé à Djerba, à cinq cents kilomètres dans le sud du pays, elle y inscrit d’office Mehdi et l’embarque dans une folle odyssée.

Tout, ma foi, m’incitait à aller voir ce petit film tunisien : son titre poétique, sa bande annonce euphorisante, le charme juvénile de ses deux jeunes acteurs et l’avis concordant de deux amies au goût très sûr.

Mais hélas, j’ai vite été très déçu par ce récit qui manque cruellement d’ambition et d’inspiration et qui déroule paresseusement tous les clichés du coming-of-age. Dans le même registre, sans quitter la Tunisie, j’avais trouvé autrement plus convaincant À peine j’ouvre les yeux de Leyla Bouzid.

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Comète ★★☆☆

Une mystérieuse comète traverse le ciel de Paris. Albert (Vincent Macaigne) va chercher son frère (Samuel Achache) à la sortie du service psychiatrique de l’hôpital Saint-Louis. Anna (Lou Lampros) voit débarquer chez elle son père qu’elle n’avait plus vu depuis sept ans. Christina (Pauline Lorillard) attend anxieusement les résultats d’une mammographie. Myriam (Kenza Lagnaoui), micro au poing, fait un radio-crochet à Belleville. Milan (Sandor Funtek) retape un appartement et séduit sa psy (Alexia Chardard). Lila (Luiza Benaïssa) deale pour le compte de son frère Nader. Tout ce petit monde se retrouve autour de Gabrielle (Anne Lise Heimburger) qui dirige les répétitions des Trois Sœurs de Tchekov.

Elie Wajeman nous livre son quatrième film. Il se déroule dans les mêmes quartiers du nord-est parisien que les trois précédents, l’excellent Médecin de nuit, Les Anarchistes, Alyah. Il retrouve Vincent Macaigne et Lou Lampros qui jouaient déjà dans Médecin de nuit et Sarah Le Picard (la mère de l’ado disparu dans La Chaleur) à l’affiche de tous ses films. On retrouve son goût et son talent pour décrire des situations ordinaires, intimes, attachantes.

Comète est un film choral. Des destins croisés s’y mêlent, reliés entre eux par un fil plus ou moins ténu. Le genre a ses avantages et ses inconvénients. Avantages : il nous fait découvrir une mosaïque de personnages et d’histoires. Inconvénients : on passe trop vite de l’un à l’autre et on s’attache plus à certains qu’à d’autres.

Le point nodal de cette construction est la salle où se tiennent les répétitions des Trois Sœurs. Le choix de cette pièce, qui met en scène trois sœurs de la petite noblesse russe, encroûtées dans leur campagne, rêvant d’aller vivre à Moscou, interroge : quel rapport a-t-il avec les personnages du film et leurs histoires ? souligne-t-il leur chance de vivre dans une grande métropole ?

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Seule la vie ★★☆☆

Tout s’effondre pour Barbara lorsque la mort fauche son mari, Heli, et ses deux enfants, Thimo (six ans) et Fini (un an).

Il est difficile d’imaginer pitch plus dramatique que celui de ce film autrichien au titre parfait, Vier minus drei (quatre moins trois), gauchement traduit en français. Le risque était grand que le film inspiré de l’autobiographie de Barbara Pachl-Eberhardt (inédite en français) se noie dans les larmes.

Mais le réalisateur autrichien Adrian Goiginger évite cet écueil. Il y est aidé par la prestation exceptionnelle de Valerie Pachner. On avait découvert cette actrice dans Une vie cachée de Terrence Malick en 2019 – un film auquel j’avais mis zéro ET quatre étoiles – où elle jouait le rôle de l’épouse de l’objecteur de conscience interprété par August Diehl. On l’a revue récemment dans le film égyptien Notre histoire. Elle est ici parfaite, dans un rôle pourtant casse-gueule. Elle est bien sûr dévastée de chagrin mais ne sombre pas dans le pathos.

Héli, le mari de Barbara, était clown. Et tout le film baigne dans l’univers doucement loufoque du cirque. L’enterrement est sa scène la plus réussie. Seul défaut : les flash-backs appuyés qui certes permettent de reconstituer l’histoire du couple et de sa formation, mais qui insistent un peu trop sur le bonheur irénique d’une famille à jamais détruite.

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La Dernière Séance ★☆☆☆

Samay est un gamin débrouillard, élevé à la dure par un père déclassé, simple vendeur de thé dans la gare d’un petit village du Gujarat. Samay est fasciné par la lumière. Le premier film qu’il voit au Galaxy, le cinéma de la ville voisine, est pour lui une révélation. Avec la complicité de son projectionniste, qu’il a amadoué en partageant avec lui les repas délicieux préparés par sa mère, Samay parvient à se glisser dans la cabine de projection et à s’y initier à la magie du cinéma.

La Dernière Séance est un film sorti en Inde en 2022, qui a représenté l’Inde aux Oscars en 2023. Bizarrement, il a fallu attendre près de quatre ans pour qu’il se fraie un chemin jusqu’aux salles françaises alors même qu’il est déjà disponible sur Netflix. Pourquoi un tel délai ?

Peut-être parce que les distributeurs français n’avaient pas confiance dans le potentiel de ce film, trop indien pour attirer le public français et trop occidental pour séduire les fans de Bollywood. Surtout, c’est sa ressemblance avec Cinema paradiso qui le démonétise : même gamin facétieux, même relation complice nouée avec un vieux projectionniste, même évocation nostalgique des vieilles salles de cinémas bruyantes et de la pellicule argentique.

Samay et ses petits camarades ont beau être attendrissants, il n’y a rien de suffisamment original dans cette Dernière Séance – un titre sacrément éculé depuis le regretté Eddy Mitchell et qui, au surplus, n’a aucun écho dans le film – qui justifie qu’on s’y arrête.

PS : Vérification faite, Eddy Mitchell est toujours de ce monde

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Sous le ciel de Kyoto ★☆☆☆

Toru est un étudiant timide, en deuxième année à l’université. Solitaire, il n’a qu’un seul ami Yamane. Pour financer ses études, Toru travaille de nuit dans un bain public en compagnie de Sacchan qui est secrètement amoureuse de lui. Mais Toru lui préfère Hana, une camarade de classe à qui il fait assidûment la cour.

J’ai scrupule à parler de ce film qui, dès ses premières images, m’a plongé dans un sommeil cotonneux et dont je n’ai pas pas compris grand-chose, soit que son intrigue était particulièrement alambiquée, soit que ma somnolence m’ait fait raté ses rebondissements les plus signifiants.

Je l’ai trouvé bien long – il dure plus de deux heures – et bien confus. Dans sa première moitié, on pense être face à un trio amoureux classique. Puis après un interminable monologue de Sacchan, il prend une direction imprévue, se leste d’une gravité qu’on n’escomptait pas.

Ce virage-là, pour inattendu qu’il soit, réinstille-t-il un peu d’intérêt dans cette mièvre RomCom ? Pas sûr… Car on est reparti pour une seconde heure interminable dans un tout autre registre, plus sombre, qui se termine par un coup de théâtre passablement crédible. Suffisant pour me réveiller, mais pas assez pour m’enthousiasmer. Maupassant aurait traité la même histoire en quinze pages avec autrement plus de talent.

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