Les Silences de Riyad ★★☆☆

Le corps d’une jeune femme assassinée est retrouvé dans le désert. Personne ne réclame sa dépouille. L’employée dans un commissariat de police, traumatisée par son récent divorce et le décès de son enfant, devient obsédée par cette affaire et se met en tête de l’élucider seule.

Rares sont les films qui nous viennent d’Arabie saoudite. Wadjda (2012) et son héroïne entêtée avaient marqué les esprits. C’est sa réalisatrice, Haifaa Al Mansour, qui mène une carrière à cheval entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, qui est aux manettes des Silences de Riyad.

Il montre une Arabie saoudite rarement filmée, celle des classes moyennes, celle des jeunes qui, pour chasser l’ennui, s’adonnent au rodéo urbain, celle des femmes, en butte à un régime strictement patriarcal mais qui profitent des marges de liberté qui leur sont laissées pour s’émanciper peu à peu : elles ont désormais le droit de conduire et de sortir en cheveux [l’Iran et l’Afghanistan, à l’exception des pays de la péninsule arabique, sont les seuls pays au monde où le port du voile pour les femmes est obligatoire dans l’espace public].

Mais il le fait d’une façon typiquement américaine, dans un polar qui respecte scrupuleusement les règles du genre au risque de sembler bien planplan, avec son lot de révélations, de courses-poursuites et de capitaine de police débonnaire façon Columbo. [attention spoiler] On bâillerait presque d’ennui si dans les ultimes minutes le scénario ne prenait un tour inattendu et stupéfiant façon Usual Suspects.

La bande-annonce